L’Europe centrale continue de réserver des surprises. Après le séisme hongrois, c’est la Slovénie qui offre un résultat inattendu : Zoran Stevanović, 44 ans, fondateur du petit parti souverainiste Resni.ca, vient d’être élu président du Parlement slovène lors de la séance inaugurale de la nouvelle législature, le 10 avril. Un outsider à la tête d’une institution que personne ne lui prédestinait.
Slovénie. Suite à l’élection de Zoran Stevanović, leader du parti https://t.co/rxGMsWNuyJ, en tant que président du Parlement, par une coalition de centre droit, la voie vers la formation d’un quatrième gouvernement dirigé par le national-conservateur Janez Janša (SDS) est… pic.twitter.com/Z5sheeuWXi
— Lionel Baland (@LionelBaland) April 12, 2026
Un homme sorti de nulle part — ou presque
Le parcours de Stevanović est tout sauf conventionnel. Ancien policier pendant onze ans, ancien co-propriétaire d’une agence de sécurité, gestionnaire de parcs d’adrénaline, président de la Fédération slovène de water-polo, titulaire d’un master en management — il a tenté trois fois de devenir maire de Kranj sans succès. Il a fondé Resni.ca en décembre 2020, en pleine pandémie, sur les cendres d’un mouvement citoyen de contestation des restrictions sanitaires. En septembre 2021, il organisait les premières manifestations contre les mesures Covid devant la République de Ljubljana — des rassemblements qui avaient attiré des milliers de personnes et s’étaient parfois terminés avec canons à eau et gaz lacrymogène.
C’est lors de ces élections législatives que Resni.ca a franchi pour la première fois le seuil parlementaire. Et dès la première séance, son fondateur s’est retrouvé propulsé à la présidence de l’Assemblée nationale avec 48 voix sur 79 exprimées, soutenu par le SDS de Janez Janša, NSi et plusieurs autres formations de centre-droit.
Un vote politique lourd de sens
L’élection de Stevanović n’est pas qu’une anecdote. En Slovénie, comme dans beaucoup de parlements européens, la présidence de la chambre est un poste stratégique — elle équivaut selon certains observateurs locaux à deux portefeuilles ministériels en termes d’influence sur l’agenda législatif. Que ce poste revienne au chef de la plus petite formation ayant franchi le seuil électoral constitue un précédent.
La gauche slovène ne s’y est pas trompée : les partis Levica et Vesna ont boycotté le vote, leurs élus quittant l’hémicycle en signe de protestation. Luka Mesec, cofondateur de Levica, a jugé Stevanović indigne de la fonction, évoquant notamment deux condamnations passées — dont une pour tentative de fraude à l’assurance, effacée depuis de son casier judiciaire. L’intéressé a répondu avec un certain flegme : « Je suis une coccinelle. J’ai quelques points noirs, mais j’apporte la chance. »
Un programme qui dérange les bien-pensants
Ce qui distingue Resni.ca du paysage politique slovène ordinaire, c’est son positionnement souverainiste assumé. Le parti milite pour un référendum sur le retrait de la Slovénie de l’OTAN et de l’Union européenne — une position rarissime dans un pays membre depuis 2004. Il défend également la suppression de la redevance audiovisuelle obligatoire finançant la RTV nationale — une promesse sur laquelle Stevanović s’est engagé à tenir dès les premiers jours de la législature, fort des 20 000 signatures citoyennes déjà récoltées à l’appui d’une proposition de loi en ce sens. Il a prévenu qu’il « nommerait publiquement » tout parlementaire qui voterait contre.
Sur le plan économique, son parti a déposé une loi de gestion de crise visant à améliorer les conditions de vie des entrepreneurs, retraités, étudiants et personnes précaires — un texte vertement critiqué par le ministre des Finances sortant, qui l’a qualifié de liste de vœux budgétaires sans financement sérieux.
L’arbitre inattendu d’une Slovénie polarisée
La formation du gouvernement reste entière. Stevanović a clairement affirmé que son élection à la présidence du Parlement ne préjuge en rien de la future coalition — et qu’il ne se voit dans aucun des deux camps, ni derrière Robert Golob à gauche ni derrière Janez Janša à droite. Il entend servir de « pont » entre deux blocs que tout oppose, tout en conditionnant tout soutien à l’alignement préalable des programmes sur les positions de Resni.ca.
Cette position d’arbitre auto-proclamé est regardée avec scepticisme par les analystes slovènes, qui doutent qu’il soit possible de s’ouvrir simultanément dans toutes les directions sans finir par ne conclure dans aucune. Mais Stevanović, lui, y voit la démonstration que son parti incarne quelque chose que les Slovènes attendaient : une force politique qui refuse la logique des blocs et place le contenu avant les alliances.
La Slovénie entre dans une période d’incertitude institutionnelle. Ce qu’elle vient de placer à la tête de son Parlement, c’est un homme que le système n’a pas formé — et qui entend bien lui renvoyer l’ascenseur.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Slovénie : Zoran Stevanović, un outsider anti-système à la tête du Parlement”
bravo, c’est le début du renouveau