Entre le samedi 18 et le lundi 20 avril 2026, une trentaine de tombes du cimetière de Saint-Jacques-de-la-Lande, au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine), ont été dégradées. Pierres tombales saccagées, plaques funéraires brisées, stèle arrachée, statue de la Vierge Marie détachée de son support : le bilan matériel est lourd. Il s’ajoute à une longue série de faits similaires constatés ces dernières semaines dans le Grand Ouest, en Bretagne, en Mayenne et jusqu’à Nantes. Aucune interpellation n’a eu lieu à ce jour.
La liste s’allonge. Après les cimetières de La Guerche-de-Bretagne, Marcillé-Robert et Bais, c’est au tour de Saint-Jacques-de-la-Lande, commune située au sud de la métropole rennaise, de voir son cimetière historique profané. Le constat, dressé au retour du week-end pascal, est préoccupant : une trentaine de sépultures ont été endommagées en à peine quarante-huit heures.
Un cimetière sans protection particulière
Les dégradations, découvertes lundi matin, portent sur des éléments variés du mobilier funéraire. Plusieurs pierres tombales ont été saccagées, des plaques en marbre brisées, y compris des croix chrétiennes. Une stèle a été arrachée de son socle. Une statue de la Vierge Marie, installée sur l’une des concessions, a été détachée de son support. L’enquête devra déterminer si, au-delà des dégâts matériels, des vols se sont ajoutés au tableau.
Le cimetière visé est celui du bourg historique, situé à proximité immédiate de l’église. Il n’est fermé que par un simple portillon et un muret de pierre bas, et ne bénéficie d’aucun dispositif de vidéosurveillance. Des caractéristiques qui, dans le contexte d’urbanisation rapide qu’a connu Saint-Jacques-de-la-Lande au cours des deux dernières décennies, laissent l’édifice religieux et son espace funéraire comme l’un des derniers lieux restés en l’état — avec la vulnérabilité que cela implique.
Un arrêté municipal a été pris dès le lundi 20 avril pour interdire temporairement l’accès au site et faciliter les opérations d’enquête menées par la police nationale.
La municipalité prépare une plainte au nom de la commune et s’apprête à adresser un courrier aux familles concessionnaires, qu’elle invite à déposer plainte individuellement pour chaque sépulture concernée. Cette démarche double — institutionnelle d’un côté, individuelle de l’autre — est devenue la procédure habituelle dans ce type de dossier, d’autant que les assurances couvrant les monuments funéraires exigent systématiquement un dépôt de plainte formel pour toute indemnisation.
Une série de faits qui s’accumulent dans l’Ouest
L’affaire de Saint-Jacques-de-la-Lande s’inscrit dans une série de dégradations et de vols constatés depuis le début du mois d’avril dans plusieurs communes de trois départements : l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne et le Morbihan. D’après les éléments communiqués par le parquet, le pays de Vitré constitue l’un des foyers les plus touchés : quatorze faits y ont été recensés, pour un total de trente-trois statuettes en bronze dérobées sur les sépultures. Nantes et sa région ont également été concernées.
Si le mode opératoire et la nature des cibles — particulièrement les éléments en bronze, revendus au poids — laissent penser à un ou plusieurs réseaux organisés agissant en vue d’un trafic de métaux, les enquêteurs restent prudents à ce stade : le cas de Saint-Jacques-de-la-Lande, où ce sont avant tout des pierres tombales et des éléments religieux qui ont été brisés, diffère sensiblement des affaires plus classiques de vol de bronze funéraire. Aucune interpellation n’est venue, à ce jour, éclairer la situation.
Un phénomène ancien qui reprend de l’ampleur
Les profanations et vols dans les cimetières ne sont pas un phénomène nouveau. Ils connaissent toutefois un regain périodique, généralement lié soit au cours élevé des métaux non ferreux — cuivre, bronze — sur les marchés de revente, soit à des épisodes plus marginaux de vandalisme gratuit ou idéologique. Les cimetières ruraux, peu ou pas clos, rarement équipés en surveillance, éloignés des patrouilles de gendarmerie, offrent des cibles d’accès facile et à faible risque pour leurs auteurs.
Pour les familles des défunts, le préjudice moral dépasse largement le préjudice matériel : voir saccagée la dernière demeure d’un proche constitue une blessure difficile à apaiser. Les communes concernées, de leur côté, se retrouvent souvent démunies, les budgets municipaux ne permettant pas toujours d’installer des dispositifs de surveillance à la hauteur du territoire à protéger. Une équation qui, dans le Grand Ouest, semble aujourd’hui appeler une réponse coordonnée entre les communes, les services de police et de gendarmerie, et les procureurs concernés.
Les enquêtes se poursuivent.
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4 réponses à “Saint-Jacques-de-la-Lande (35) : une trentaine de tombes profanées, la série noire des cimetières bretons continue”
S’attaquer à des cimetières… même nos morts doivent goûter à cette décadence insupportable. On est tombé bien bas…
On vit vraiment dans un monde de dégénérés qui ne respectent plus rien
Je ne suis pas bretonne et m’étonne qu’aucun breton ne réagisse ici !…
« LES CONS CA OSE TOUT, C’EST MÊME A CA QU’ON LES RECONNAIT »