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Vingt ans après la parution de son premier numéro en avril 2006, Keltia, l’unique magazine pancelte d’Europe, publie son soixante-quinzième numéro. Une longévité remarquable pour une revue née sans capital, sans moyens et sans professionnels, comme le rappelle dans son éditorial Fabien Régnier, directeur de la publication. L’aventure, initiée seize ans plus tôt par un modeste bulletin photocopié en noir et blanc baptisé La Tribune celtique, s’est progressivement structurée autour d’un noyau de bénévoles « animés par la même flamme » et bien décidés à faire vivre, contre vents et marées, la renaissance d’une culture celtique trop longtemps « complètement étouffée ». Vingt ans plus tard, le bilan est doux-amer : la cause a avancé, mais beaucoup reste à faire, et le fait que Keltia demeure le seul magazine pancelte du continent en dit long sur les difficultés rencontrées par cette culture pour se faire pleinement reconnaître. Ce numéro anniversaire, riche d’une vingtaine de contributions, témoigne en tout cas que la flamme brûle toujours.
Un sommaire qui balaie l’ensemble du monde celtique
Fidèle à sa ligne éditoriale, le numéro 75 ouvre ses pages sur les sphères du sacré et du mythe. Bernard Sergent, l’un des piliers de la mythologie comparée francophone, livre une étude consacrée à Bélisama, déesse celtique majeure parfois identifiée à Minerve dans l’interprétation gallo-romaine. Claude Maumené propose pour sa part une lecture astronomique du sanctuaire britannique de Nettleton, en croisant les figures de Cunomaglos — le « prince des chiens », divinité chasseresse — et de Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel nocturne. Le pôle céleste est encore exploré par Silvia Cernuti, qui signe « Le ciel des Celtes : de nouvelles considérations », ainsi que par Philippe Jouët, auteur reconnu de plusieurs ouvrages de référence sur la cosmologie celtique, qui revient sur les liens entre astronomie et mythologie chez les anciens peuples celtes.
L’archéologie n’est évidemment pas en reste. Fabien Régnier consacre un article aux fameux Cônes d’or, ces pièces d’orfèvrerie cérémonielle de l’âge du bronze dont la fonction reste un objet de débat scientifique. Bruno et Jean-René Mestre signent à la fois leur traditionnelle « Chronique d’archéologie celtique » et un article au titre intrigant — « Le mystère sanglant du Mormont » — consacré à ce sanctuaire helvète où les fouilles ont révélé des dépôts rituels d’une rare intensité. Carantia complète l’ensemble avec sa rubrique d’actualités, recensant expositions, conférences et chantiers de fouilles en cours.
La Bretagne et ses voisins en bonne place
Comme le veut la tradition de la revue, les nations celtes contemporaines occupent une place de choix. Frédéric Kurzawa explore le bestiaire fantastique de l’île de Man avec le fynodderee, créature poilue du folklore mannois apparentée aux brownies et aux hobgoblins britanniques. François Pinsard se penche sur « Les Celtes d’Angleterre » — sujet rarement traité avec sérieux dans la presse hexagonale, tant l’imaginaire dominant tend à confondre celticité insulaire et identité anglo-saxonne. Jacques Lacroix, toponymiste reconnu, livre une étude sur le celtique bona et son rôle dans la dénomination des ports des anciens pays celtes — un de ces articles d’érudition discrète dont Keltia a le secret.
La Bretagne, naturellement, n’est pas oubliée. Françoise Le Goaziou, secrétaire de rédaction, signe deux contributions consacrées à la naissance de la Bretagne : un portrait de Nominoë, le « père de la Patrie » qui sut unifier les pagi armoricains au IXᵉ siècle, et un complément intitulé « Face aux Normands » sur les invasions vikings et la résistance bretonne. Gildas Parchell propose une réflexion entre histoire dynastique et tradition populaire avec « Les Rois de France, les Sept Saints de Bretagne et le septième fils ». Maëlig Tredan livre quant à elle un « Cœur de Breizh » qui prolonge le rapport intime entre la revue et le pays.
Beltaine, festivals, musique : la vie celtique au présent
Comme à chaque numéro de printemps, Keltia honore la grande fête saisonnière du calendrier celte : Françoise Le Goaziou propose « De Beltaine et des sorcières », article qui devrait trouver un écho particulier dans le contexte du 1er mai gaélique. La rubrique festivals, tenue par Patrice Dalmagne, recense les rendez-vous celtiques de la saison à venir, indispensable pour qui veut planifier ses sorties estivales. Le même Patrice Dalmagne, en tandem avec Didier Le Goff, propose la traditionnelle chronique « Musique au cœur », tandis que Dominique Godet livre, en clin d’œil, un portrait de Dalmagne sous l’angle de son travail photographique avec « L’image musicienne ». Carantia complète le panorama avec ses « Infos celtiques ».
Le numéro se referme sur les chroniques littéraires de Robert Martin et Fabien Régnier, une page Détente, et le désormais incontournable Duron Celtanom — le Marché des Celtes — qui permet aux lecteurs de découvrir artisans, éditeurs et créateurs travaillant à faire vivre la culture celtique au quotidien.
Un magazine à soutenir
À l’heure où la presse spécialisée subit de plein fouet la concurrence du numérique et la raréfaction des points de vente, l’existence même d’une revue comme Keltia relève d’un petit miracle entretenu, comme le rappelle Fabien Régnier dans son éditorial, par la fidélité d’un lectorat venu « à nos côtés dans les coups durs ». Les lecteurs bretons et les amateurs de civilisation celtique en général sont invités à découvrir ce numéro 75, disponible en kiosque au prix de 6,90 €, ou à s’abonner directement auprès des Éditions du Nemeton.
Vingt ans, c’est l’âge de la maturité. Keltia aborde sa troisième décennie avec le même pari : celui que la cause celte mérite mieux que les clichés folkloriques et qu’une publication exigeante, érudite et populaire à la fois peut continuer à exister, en français, dans le paysage médiatique européen.
Keltia magazine n°75 — Éditions du Nemeton, 112 av. de Paris, Suresnes — 6,90 € en kiosque — Site : www.keltia-magazine.com
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Keltia fête ses vingt ans : le numéro 75 du magazine pancelte est en kiosque”
Une revue où l’on retrouve des intervenants de qualité qui mérite de retenir l’attention de tous les lettrés désirant garder leurs capacités cognitives. De plus le prix est modique!