Face à la saturation des cabinets de dermatologie, SquareMind mise sur l’IA et la robotique

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La société parisienne SquareMind a annoncé une levée de fonds de 18 millions de dollars, qui inclut un tour de financement pré-Série A jusqu’ici non divulgué. L’opération doit lui permettre de commercialiser Swan, un système d’imagerie cutanée robotisé piloté par intelligence artificielle, sur les marchés américain et européen. Le projet entend répondre à une saturation croissante des consultations de dermatologie, alors que les délais de rendez-vous frôlent désormais l’année dans plusieurs régions françaises.

Un bras articulé qui scanne le corps en trois minutes

Le dispositif Swan se présente sous la forme d’un bras robotisé installé dans une salle d’examen privée. Le patient, debout et habillé d’un sous-vêtement, est guidé par des indications visuelles et sonores pendant que la machine se déplace autour de lui pour capter des images dermoscopiques haute résolution de l’ensemble du corps. L’examen, entièrement sans contact, dure quelques minutes seulement.

Les clichés sont ensuite traités par un logiciel d’intelligence artificielle qui compare les données avec celles des consultations précédentes : grains de beauté qui s’élargissent, lésions qui changent de couleur, nouvelles taches suspectes. Le détail n’est pas anodin : selon SquareMind, environ 80 % des mélanomes se manifestent sous forme de nouvelles lésions, ce qui rend la documentation longitudinale décisive pour un dépistage précoce. La décision diagnostique finale reste, dans tous les cas, du ressort exclusif du médecin.

L’argument commercial mis en avant par les fondateurs tient en une phrase : décharger les praticiens d’une partie de la documentation et de la charge cognitive associée, pour leur permettre de se concentrer sur l’analyse clinique et la relation au patient. Ali Khachlouf, cofondateur et directeur général de SquareMind, présente l’outil comme un « compagnon » du dermatologue, et non comme un substitut.

Un tour de table mené par un fonds américain spécialisé

L’opération a été menée par Sonder Capital, un fonds californien cofondé par Fred Moll, figure emblématique de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical, le concepteur du célèbre robot chirurgical Da Vinci. Sa managing partner Kate Garrett a salué une plateforme « unique » susceptible de devenir, selon elle, un standard mondial de la dermatologie moderne.

Aux côtés de Sonder Capital figurent plusieurs investisseurs institutionnels et privés. Le tour comprend notamment le fonds Deeptech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l’État français, ainsi qu’Adamed Technology, Calm/Storm Ventures, Teampact Ventures et un groupe d’entrepreneurs. La présence de Bpifrance illustre la politique de soutien public aux jeunes pousses françaises positionnées sur les technologies dites stratégiques, dont la robotique médicale fait partie.

Une réponse à la pénurie de dermatologues

L’arrivée de Swan intervient dans un contexte où la dermatologie figure parmi les spécialités les plus saturées du système de soins français. Le vieillissement de la population, la sensibilisation accrue aux risques de cancers cutanés et la diminution du nombre de praticiens dans certains territoires se combinent pour allonger considérablement les délais d’accès aux examens. Dans plusieurs zones rurales, dont une partie du territoire breton, l’attente pour une première consultation dépasse désormais six mois et atteint parfois un an.

L’enjeu n’est pas mince : un dépistage tardif d’un mélanome peut faire basculer le pronostic. SquareMind mise sur la standardisation et la rapidité de son protocole pour augmenter le débit des cabinets et des hôpitaux, sans dégrader la qualité de l’examen. Le système est présenté comme un dermatoscope augmenté offrant, à l’échelle du corps entier, une précision habituellement réservée à l’examen rapproché d’un grain de beauté isolé.

Autorisations obtenues, déploiement en vue

Sur le plan réglementaire, la jeune entreprise indique que Swan dispose déjà d’un référencement auprès de la FDA américaine ainsi que du marquage CE européen, ce qui ouvre la voie à une commercialisation directe sur ses marchés cibles. Les fonds levés serviront à recruter dans les équipes d’ingénierie, de commercialisation et de support client, en prévision du déploiement dans les cabinets et établissements hospitaliers des deux côtés de l’Atlantique.

Reste désormais l’épreuve du terrain. L’adoption d’un tel outil dépendra de la confiance que les praticiens lui accorderont, de son intégration concrète dans les flux de travail des cabinets, et des gains effectivement mesurés en matière de productivité et de précision diagnostique. Si le pari est gagné, un acte médical resté largement manuel depuis des décennies pourrait être profondément transformé d’ici quelques années — au bénéfice, espère SquareMind, des patients qui peinent aujourd’hui à obtenir un rendez-vous.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Face à la saturation des cabinets de dermatologie, SquareMind mise sur l’IA et la robotique”

  1. moretti dit :

    A ce petit jeu, les médecins vont devenir des techniciens médicaux et l’IA fera le diagnostic ! Déjà des algorithmes sont utilisés dans les consultations par visio et donc…pourquoi pas plutôt que d’attendre des mois pour une consultation de 15 mn..

  2. RAYMOND NEVEU dit :

    Chez le dermato pour cerner le problème une visite à 60€ non remboursée (secteur ONE) puis visite de traitement voire une deuxième chacune…130€ (secteur ONE).

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