Le Danois Jonas Vingegaard a signé vendredi 15 mai sa première victoire d’étape sur le Tour d’Italie, au sommet du redouté Blockhaus. Le Portugais Afonso Eulalio conserve néanmoins son maillot rose, avec plus de trois minutes d’avance sur le double lauréat du Tour de France. Le Français Mathys Rondel se hisse dans le top 10 du général. Place ce samedi 16 mai à la 8ᵉ étape, sur les murs de Fermo : un terrain de piège, taillé pour les puncheurs.
Vingegaard impose sa loi au sommet du Blockhaus
Il fallait attendre la première arrivée au sommet pour voir les cadors du Giro 2026 se compter — c’est désormais chose faite. Au terme de la plus longue étape de cette édition (244 kilomètres entre Formia et le Blockhaus, dans le massif des Abruzzes), le grand favori a fait ce qu’on attendait de lui : il a gagné.
Jonas Vingegaard, leader de la formation Visma-Lease a Bike et double vainqueur du Tour de France 2022 et 2023, dispute son tout premier Giro. Pour son premier rendez-vous avec l’altitude italienne, le Danois a placé son accélération à environ cinq kilomètres du sommet, dans cette montée légendaire de 13,6 kilomètres à 8,4 % de moyenne. Le jeune Italien Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora Hansgrohe) a tenté de prendre sa roue ; il y est parvenu un kilomètre durant, avant de céder.
L’Autrichien Felix Gall (Decathlon CMA CGM), plus prudent dans la gestion de son effort, est revenu sur le rescapé italien puis a poursuivi seul derrière le Danois, qu’il a finalement franchi la ligne à treize secondes. Une performance qui propulse l’Autrichien à la troisième place du classement général. Derrière, l’Australien Jai Hindley (Red Bull-Bora Hansgrohe) prend la troisième place de l’étape à plus d’une minute, suivi de son coéquipier Pellizzari et de Ben O’Connor (Jayco AlUla), tous deux pointés à 1’05 ».
Mathys Rondel s’invite dans le top 10 du général
Au chapitre des belles performances françaises, le jeune Mathys Rondel (Tudor Pro Cycling Team) a fait forte impression en accrochant la sixième place de l’étape, à 1’29 » du vainqueur. Le coureur français se hisse désormais à la septième place du classement général, à 4’56 » du leader. Une trajectoire qui mérite d’être suivie sur les prochaines journées.
À l’inverse, les têtes d’affiche que l’on attendait au rendez-vous ont marqué le pas. Le Colombien Egan Bernal (Netcompany-INEOS) et l’Espagnol Enric Mas (Movistar) ont concédé respectivement trois secondes et près de six secondes sur la ligne — un signal préoccupant à ce stade de la course.
Eulalio garde le rose, mais Vingegaard est désormais son dauphin
Le maillot rose, lui, reste sur les épaules du Portugais Afonso Eulalio (Bahrain-Victorious), qui a défendu sa tunique avec une vaillance saluée. Le leader a fini par lâcher prise à un peu plus de cinq kilomètres du sommet, mais il conserve un matelas confortable de 3’17 » sur son nouveau dauphin Jonas Vingegaard.
Le top 7 du classement général après la 7ᵉ étape :
- Afonso Eulalio (Bahrain-Victorious)
- Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) à 3’17 »
- Felix Gall (Decathlon CMA CGM) à 3’34 »
- Jai Hindley (Red Bull-Bora Hansgrohe) à 4’25 »
- Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora Hansgrohe) à 4’28 »
- Ben O’Connor (Jayco AlUla) à 4’32 »
- Mathys Rondel (Tudor Pro Cycling Team) à 4’56 »
Du côté du maillot Cyclamen (classement par points), c’est Paul Magnier qui conserve sa tunique, avec 66 points d’avance, profitant notamment du fait que Jonathan Milan (Lidl-Trek), qui s’était glissé dans l’échappée matinale, a empoché quelques points avant de se relever à une centaine de kilomètres de l’arrivée.
Étape 8 ce samedi : un piège tendu sur les murs de Fermo
Aucun répit n’est accordé au peloton. Ce samedi 16 mai, les coureurs s’élancent à 13 h 15 pour rallier Fermo, dans les Marches — un finale taillé pour les puncheurs explosifs, sur un territoire bien connu des suiveurs de Tirreno-Adriatico. L’arrivée est attendue aux alentours de 17 h 13. Diffusion sur Eurosport 1 et l’application Max à partir de 13 h.
Les cent premiers kilomètres longeront la côte adriatique, sans véritable enjeu : les nombreuses traversées de villes neutraliseront toute tentative de bordures, malgré un vent annoncé soutenu sur le littoral (13 à 25 km/h de nord à nord-ouest).
L’animation devrait débuter avec l’ascension du Montefiore (10,2 km à 3,4 %), suivie du Monterubbiano (4,7 km à 5,8 %), deux bosses de mise en jambes plus que de sélection. Le premier vrai juge de paix sera le Mur de Fermo, point de passage du KM Red Bull : 500 mètres à 12,2 % de moyenne, sur un asphalte particulièrement dégradé — de quoi piéger les coureurs les moins à l’aise dans l’explosivité.
Le final reste cependant le morceau principal. Le Capodarco (3,5 km à 5,5 %, avec des passages à 18 %) précède une descente courte et sans difficulté technique, avant d’amorcer, à 3,7 kilomètres de la ligne, l’ascension finale de Fermo. Six cents mètres à 14,3 % d’entrée, avec des pointes à 22 % au plus dur de la pente. Puis un replat, une route pavée, des rues étroites du centre historique, l’entrée sur la Piazza del Popolo, un virage serré à droite à trois cents mètres de la ligne, et un dernier coup de cul à 10 % pour franchir l’arrivée.
Détail favorable aux attaquants : à partir du Mur, à vingt-quatre kilomètres de l’arrivée, le vent tournera dans le sens de la marche, avec des rafales annoncées à 26 km/h. De quoi rêver d’un feu d’artifice. Côté ciel, la pluie est probable mais devrait se limiter à un crachin, sans rapport avec les conditions dantesques qu’ont connues les coureurs sur la récente étape de Potenza.
Les favoris de la journée
Sur un parcours qui ne convient ni aux purs sprinteurs ni aux grimpeurs profilés, c’est l’équipe UAE Team Emirates XRG qui devrait imprimer le rythme — avec en pointe l’Équatorien Jonathan Narvaez, coureur réfléchi capable de gérer un final tarabiscoté, et le jeune Suisse Jan Christen, dont la fougue pourrait enfin trouver son terrain idéal sur des pourcentages explosifs avec vent de dos.
Il faudra néanmoins compter avec quelques sangsues redoutables : l’Italien Christian Scaroni (XDS Astana), capable de jouer les épouvantails sur ce type de profil, et le Danois Michael Valgren (EF Education-EasyPost), vainqueur de l’étape des murs sur le dernier Tirreno-Adriatico et qui semble avoir retrouvé son meilleur niveau après plusieurs saisons compliquées.
Plus discrets, le Néerlandais Koen Bouwman, l’Italien Simone Gualdi, ainsi que le duo des INEOS Grenadiers composé du Norvégien Embret Svestad-Bårdseng et de l’Américain Magnus Sheffield, pourraient tirer leur épingle du jeu en profitant d’un éventuel relâchement de la vigilance générale.
Quant à Jonas Vingegaard, ce n’est manifestement pas son terrain de prédilection. Le Danois pourrait laisser ses adversaires se livrer, gérer son avantage tout neuf au général, et attendre le prochain rendez-vous montagneux. Sauf coup de force inattendu — ce qui, dans le cyclisme, n’est jamais à exclure.
Étoiles du jour :
- ⭐⭐⭐ Jonathan Narvaez
- ⭐⭐ Jan Christen, Christian Scaroni
- ⭐ Michael Valgren, Koen Bouwman, Embret Svestad-Bårdseng, Simone Gualdi, Magnus Sheffield
Coup d’envoi à 13 h 15. Le peloton va se faire piéger, ou se faire plaisir. Il n’y aura pas de juste milieu.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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