Giro 2026 : Alberto Bettiol s’impose en solitaire à Verbania, deux ans après son dernier succès

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Le Toscan Alberto Bettiol (XDS Astana) a remporté en solitaire la 13e étape du Tour d’Italie ce vendredi 22 mai 2026, à Verbania, sur les rives du lac Majeur. Une victoire à part pour ce coureur de 32 ans, à la fois géographique — sa compagne est originaire de la région, qu’il considère comme sa seconde maison — et symbolique : il n’avait plus levé les bras depuis 698 jours, soit près de deux ans, sa dernière victoire remontant au championnat d’Italie sur route disputé le 23 juin 2024, quelques jours avant le grand départ du Tour de France à Florence.

Une échappée nourrie et un final explosif

L’étape, longue et plutôt vallonnée entre Alessandria et Verbania, avait été identifiée dès le départ comme une journée d’aubaine pour les baroudeurs. De nombreuses formations s’étaient mises en tête de placer un coureur dans la bonne échappée, à commencer par la Netcompany INEOS de Filippo Ganna, natif de Verbania, ville d’arrivée. L’Italien aura cependant été marqué de près tout au long de la course et n’a jamais pu se glisser dans le groupe de tête, malgré de longues tentatives répétées.

Quinze coureurs ont finalement formé l’échappée du jour, parmi lesquels le Norvégien Andreas Leknessund (Uno-X Mobility), le Danois Michael Valgren (EF Education-EasyPost), Bettiol lui-même, ainsi que trois représentants de la formation française Groupama-FDJ United : Axel Huens, Johan Jacobs et Josh Kench. Le peloton, tenu par les équipiers du maillot rose Afonso Eulalio (Bahrain Victorious), a rapidement renoncé à les reprendre et leur a concédé la victoire d’étape.

Tout s’est joué dans la côte d’Ungiasca, ascension peu connue mais sévère (4,7 kilomètres à 7,1 % de moyenne, avec des passages à 13 % près du sommet), placée à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée. Au pied de la difficulté, Axel Huens a durci le rythme au service de son leader Josh Kench, qui s’est extrait du groupe le premier. Seuls trois coureurs ont pu suivre le Néo-Zélandais : Valgren, Bettiol et Leknessund. Le Norvégien a alors contre-attaqué et personne n’a pu rester dans sa roue.

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L’attaque tactiquement parfaite de Bettiol

C’est ici que Bettiol a fait la différence. Tactiquement irréprochable, le Toscan est resté pendant tout le reste de l’ascension à trois secondes du fuyard norvégien, sans paniquer, économisant ses forces pour le moment décisif. Au sommet d’Ungiasca, il a brutalement accéléré, rattrapé Leknessund, puis l’a déposé d’un coup d’accélérateur sec, laissant le champion de Norvège désabusé. Une attaque que les observateurs ont qualifiée de modèle du genre.

Il restait quinze kilomètres à parcourir, essentiellement en descente puis en plat sur le bord du lac Majeur. Bettiol a parfaitement géré son avance, profitant de sa connaissance fine du parcours — la descente lui était familière — pour conserver son écart jusqu’à la ligne. Derrière, Leknessund a sauvé la deuxième place, devant le Belge Jasper Stuyven (Soudal-Quick Step), troisième.

Pour le coureur de XDS Astana, cette victoire est la neuvième de sa carrière. Un palmarès relativement modeste en quantité, mais qui ne comprend que des courses prestigieuses : le Tour des Flandres 2019 — sa toute première victoire professionnelle —, deux étapes du Giro (en 2021 entre Rovereto et Stradella, et donc cette nouvelle à Verbania), le championnat d’Italie 2024 et Milan-Turin la même année. « Je ne gagne pas grand-chose, mais si je gagne comme ça à chaque fois, ça me va, c’est vraiment beau », s’amusait l’intéressé en conférence de presse, ajoutant qu’il pouvait « continuer à gagner comme ça tous les deux ans ».

Son directeur sportif Mario Manzoni, tout juste sorti de la voiture suiveuse et encore tremblant d’émotion, soulignait pour sa part la classe particulière de son coureur : « Quand il veut quelque chose, il ne fait pas beaucoup d’erreurs. » Bettiol a lui-même reconnu qu’intégrer la bonne échappée avait été l’opération la plus délicate de sa journée, beaucoup de coureurs surveillant en priorité Filippo Ganna et Matteo Sobrero (Lidl-Trek). Une fois la sélection opérée, il savait qu’il jouerait sa carte dans la dernière difficulté, qu’il avait reconnue : « Je connaissais la montée et puis aussi la descente qui a suivi. Je savais où attaquer. »

Pour la formation XDS Astana, il s’agit déjà du troisième succès d’étape sur ce Giro 2026, après les victoires de Guillermo Thomas Silva lors de la deuxième étape et de Davide Ballerini lors de la sixième. Un bilan remarquable pour la formation kazakhe, qui aborde la dernière semaine en pleine confiance.

Le maillot rose préservé, mais une étape redoutable attend les favoris

Au classement général, statu quo total. Aucun favori ne s’est risqué à attaquer dans la côte d’Ungiasca, à la veille d’une 14e étape promise à un dénouement majeur dans la course au maillot rose. Afonso Eulalio (Bahrain Victorious) conserve donc sa tunique distinctive, mais devra s’employer ce samedi pour la défendre.

Le programme est en effet redoutable : seulement 133 kilomètres au menu, mais 4 200 mètres de dénivelé positif au total, et surtout une arrivée à Pila au sommet de 16,6 kilomètres d’ascension à 7 % de moyenne. C’est sur ce type de terrain que Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike), tenant favori désigné de l’épreuve, est attendu à l’offensive. La 14e étape pourrait sceller le destin du Giro 2026.

Pour Alberto Bettiol, en attendant, il restera de cette journée du 22 mai un cadre exceptionnel — le lac Majeur sous un soleil estival —, des amis et la famille de sa compagne massés à l’arrivée, et le concert de klaxons des voitures suiveuses devant le bus de l’équipe XDS Astana. Bref, l’une de ces journées dont les coureurs cyclistes se souviennent toute une vie.

Ce samedi, 14ème étape, une grande étape alpine constituée d’une succession ininterrompue de montées et de descentes, presque sans répit. D’abord la longue montée de Saint-Barthélémy, puis la Valpelline qui culmine à Doues, la montée la moins difficile de la journée. Une fois redescendu près dAoste, les coureurs graviront Lin Noi et Verrogne, séparés par une très courte descente, puis, de retour dans la vallée, la montée de Pila (16,6 km à 7%). 

Photo d’illustration : Giro d’Italia

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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