À quelques semaines du début des vacances d’été, une controverse oppose l’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne à l’association Eau et Rivières de Bretagne sur l’état réel des eaux de baignade. Alors que l’ARS met en avant des résultats globalement très favorables, l’association écologiste estime que les classements officiels minimisent certains risques sanitaires et ne donnent pas aux baigneurs une information suffisamment claire.
Selon l’ARS Bretagne, qui a présenté le 29 mai sa campagne de contrôle 2026, 98,3 % des sites de baignade contrôlés en 2025 en Bretagne administrative (B4) répondaient aux exigences de qualité fixées par l’Union européenne. Sur les 589 sites classés, 79,8 % bénéficiaient d’une qualité « excellente », 14,8 % d’une qualité « bonne » et 3,7 % d’une qualité « suffisante ». Dix sites seulement étaient classés en qualité « insuffisante ».
L’agence précise également que 604 sites feront l’objet d’un contrôle sanitaire en 2026 et rappelle que 100 interdictions temporaires de baignade ont été prononcées en 2025 à la suite des contrôles officiels. Plusieurs sites restent par ailleurs interdits de manière permanente pour des raisons sanitaires.
Des critères contestés par Eau et Rivières de Bretagne
Ces résultats sont vivement critiqués par Eau et Rivières de Bretagne. Interrogé par France 3 Bretagne, le vice-président de l’association, Christophe Levisage, estime que « les classements des plages camouflent des choses ».
L’association reproche notamment à l’ARS d’appliquer des seuils qu’elle juge moins protecteurs que ceux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Selon Christophe Levisage, les baigneurs recherchent avant tout une eau présentant le moins de risques possible pour la santé.
Toujours selon France 3 Bretagne, Eau et Rivières considère que les plages classées en qualité moyenne ou mauvaise devraient être davantage signalées au public. L’association souligne que certaines contaminations peuvent favoriser l’apparition de gastro-entérites, d’otites, de conjonctivites ou encore d’autres infections, notamment chez les enfants, les personnes âgées ou les personnes immunodéprimées.
Pour Christophe Levisage, « ces résultats cachent la poussière sous le tapis ». Il estime que davantage de fermetures temporaires ou définitives devraient être prononcées sur certaines plages.
Santé publique, tourisme et information des baigneurs
L’ARS rappelle pour sa part que son classement repose sur les règles harmonisées de l’Union européenne et sur l’analyse statistique de quatre années de contrôles. Elle souligne également que les résultats sont affichés sur les plages à l’initiative des maires et accessibles en ligne.
L’agence rappelle que les principaux risques sanitaires liés à une eau contaminée sont les gastro-entérites, les otites, les rhinites ou les dermatites. Elle insiste également sur le fait que les collectivités locales jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité des eaux à travers leurs politiques d’assainissement et d’aménagement.
Derrière cette querelle de méthode apparaît un débat plus large entre impératifs de santé publique, attractivité touristique du littoral et transparence de l’information. Pour répondre à ce qu’elle considère comme un classement trop optimiste, Eau et Rivières de Bretagne publie d’ailleurs son propre état des lieux sur le site mabelleplage.fr.
À l’approche de l’été, la question de la qualité réelle des eaux de baignade pourrait donc alimenter de nouveaux débats sur le littoral breton.
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Une réponse à “Bretagne administrative : les eaux de baignade au cœur d’une polémique sanitaire”
Merci aux algues vertes (qui viennent d’où, d’ailleurs ?) et aux eaux usées mal gérées par certaines com’com’…