Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, 313 000 immigrés sont entrés en France en 2024, contre 347 000 en 2023 et 375 000 en 2022. Cette baisse de 10 % en un an pourrait donner l’impression d’un ralentissement de l’immigration. Mais les données détaillées montrent une réalité plus nuancée.
Comme l’explique l’Insee dans sa publication du 4 juin 2026, le recul observé s’explique largement par la diminution des arrivées en provenance d’Ukraine. Après l’invasion russe de février 2022, les flux avaient atteint un niveau exceptionnel : selon les chiffres repris par Le Figaro, 46 200 Ukrainiens étaient entrés en France en 2022, contre seulement 5 800 en 2024.
En tenant compte de cet effet exceptionnel, le niveau des entrées demeure proche de celui observé en 2019. Cette année-là, 307 000 immigrés étaient entrés sur le territoire, un chiffre que l’Insee considérait déjà comme historiquement élevé.
Progression continue depuis 20 ans
Au-delà des fluctuations annuelles, les statistiques mettent surtout en évidence une tendance de long terme. L’Insee indique que le nombre d’entrées d’immigrés en France est aujourd’hui supérieur de plus de 30 % à celui observé au milieu des années 2000.
L’institut rappelle également que la part des immigrés dans la population française est passée de 7,3 % en 1999 à 11,6 % en 2025. Au total, 8 millions d’immigrés vivent aujourd’hui en France, soit plus d’un habitant sur neuf. Parmi eux, 2,6 millions ont acquis la nationalité française.
Selon l’Insee, 49,2 % des immigrés vivant en France sont nés en Afrique. Les pays de naissance les plus représentés au sein de la population immigrée sont l’Algérie, le Maroc, le Portugal, la Tunisie, l’Italie, la Turquie et l’Espagne. Pour les seuls entrants de 2024, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie figurent en tête des pays d’origine.
Un poids croissant dans la démographie française
L’Insee souligne également le rôle grandissant de l’immigration dans l’évolution démographique du pays. En 2022, la population immigrée a augmenté de 277 000 personnes, tandis que celle des non-immigrés progressait de 44 000 personnes seulement.
Les données les plus récentes demeurent toutefois incomplètes. L’Insee ne dispose pas encore des statistiques de sorties pour 2023 et 2024, ce qui ne permet pas de calculer précisément le solde migratoire de ces deux années. Les chiffres disponibles montrent néanmoins que la baisse observée en 2024 ne marque pas un changement de tendance majeur. Elle correspond avant tout à la diminution des flux ukrainiens après les niveaux exceptionnels enregistrés à partir de 2022.
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