La justice administrative a donné raison aux associations environnementales dans le dossier du choucas des tours. Par quatre ordonnances du 9 juin 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu les quatre arrêtés préfectoraux autorisant l’abattage de 10 500 choucas en Bretagne administrative (B4). La répartition est la suivante : 5 000 oiseaux dans les Côtes d’Armor, 4 000 dans le Finistère, 500 en Ille-et-Vilaine et 1 000 dans le Morbihan.
Ces arrêtés, pris le 11 mai par les quatre préfectures bretonnes, visaient à répondre aux dégâts dénoncés par des agriculteurs, notamment sur les semis de maïs. Mais, comme lors de précédents épisodes judiciaires en 2024 et 2025, les associations ont obtenu gain de cause.
Des exploitants confrontés aux pertes
Sur le terrain, cette décision risque d’alimenter le sentiment d’impuissance du monde agricole. Fin mai, un agriculteur morbihannais affirmait avoir perdu six hectares de semis de maïs sur une parcelle de neuf hectares, pour un préjudice évalué à 3 800 €. Selon Le Chasseur Français, plus de 1,1 million d’euros de dégâts ont été à déplorer dans le Finistère au cours des premiers mois de 2025, selon les chiffres de la chambre d’agriculture du département.
Dans un article Ouest-France publié le 10 juin, Franck Pellerin, président de la FDSEA du Morbihan, résume le ras-le-bol agricole : « Le canon et les épouvantails ça ne marche pas, le choucas est malin. Il n’y a que la chasse… » Il ajoute : « Derrière chaque parcelle ravagée, ce sont des heures de travail perdues, des revenus amputés et une atteinte directe à notre souveraineté alimentaire. »
Les associations obtiennent gain de cause
Les associations soutenaient que les tirs n’étaient pas suffisamment justifiés. Dans leur communiqué du 10 juin, Bretagne Vivante – CEN Bretagne, One Voice et la LPO Bretagne dénoncent des dérogations accordées « sans garantie de l’efficacité des tirs », alors qu’il existerait des solutions alternatives, notamment l’obstruction des cheminées et des actions sur l’accès à l’alimentation dans l’espace agricole.
Le juge a retenu que les tirs portaient « une atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts des associations » et que le printemps constitue « une période de sensibilité importante pour l’espèce ». Il a aussi relevé un doute sérieux sur la légalité des arrêtés, les préfets ne justifiant ni l’inefficacité des solutions alternatives ni l’évaluation des opérations précédentes.
L’État devra verser 3 200 € aux associations pour leurs frais de justice. Les préfets sont désavoués ; les associations célèbrent une victoire. Les agriculteurs, eux, restent face aux dégâts.
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Une réponse à “Choucas des tours : la justice bloque encore les tirs en Bretagne”
Couper les subventions à ces espèces invasives que sont les associations diverses et variées d’écolo-bobo-gôcho qui se recrutent toujours dans les mêmes basses couches du même petit monde social.