L’Arcom met en demeure CNews : quand le régulateur veut dicter sa loi aux médias privés

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Le lundi 16 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a publié une décision inédite : la mise en demeure de CNews pour non-respect de ses obligations en matière de « pluralisme des courants de pensée et d’opinion ». Une première dans l’histoire de la régulation audiovisuelle française, qui soulève des questions fondamentales sur la liberté éditoriale et l’indépendance des médias privés.

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Une notion de « pluralisme élargi » aux contours inquiétants

Jusqu’en 2024, l’Arcom se contentait de comptabiliser les temps de parole accordés aux différentes familles politiques à l’antenne — une règle claire, objective et mesurable. Tout a changé avec une décision du Conseil d’État du 13 février 2024, rendue à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) visant CNews. Les Sages du Palais Royal ont imposé au régulateur d’élargir son contrôle au-delà des seuls temps de parole politiques, en prenant désormais en compte « la diversité des courants de pensée et d’opinion exprimés par l’ensemble des participants aux programmes diffusés » — chroniqueurs, animateurs et invités compris.

Cette notion de « pluralisme élargi » est d’une subjectivité redoutable. Il ne s’agit plus de mesurer qui parle combien de temps, mais d’évaluer ce qui est dit, dans quel sens, et si suffisamment de points de vue contradictoires sont exprimés. L’Arcom l’admet elle-même : « l’appréciation, plus subjective, doit se fonder sur l’analyse des propos tenus ». Autrement dit, le régulateur se donne désormais le droit de juger le contenu intellectuel et idéologique des programmes diffusés sur une chaîne privée.

Quatre mois à visionner CNews : un travail d’inquisition éditoriale

Pour instruire la saisine déposée par RSF en janvier 2026 — portant sur le mois de mars 2025 — les membres du collège de l’Arcom ont visionné pendant quatre mois plus de 168 heures de programmes, en analysant 146 émissions parmi les plus regardées de la chaîne. L’objectif : identifier les intervenants, les sujets abordés, les points de vue exprimés et « la place laissée à l’expression d’une contradiction ».

Parmi les exemples cités par le régulateur : le traitement de la guerre en Ukraine, où il a identifié une « prépondérance des points de vue allant dans le sens d’une Union européenne illégitime et inefficace », ou encore des positions critiquant l’exécutif français. Des lignes éditoriales qui correspondent précisément à ce qu’une large partie du public cherche à entendre — et que des millions de téléspectateurs regardent quotidiennement sur CNews, première chaîne d’information de France en audience.

Le régulateur note également le rôle des présentateurs « dans l’orientation des points de vue ». En clair : la manière dont un journaliste anime son émission, pose ses questions, choisit ses angles, pourrait désormais être jugée insuffisamment pluraliste. C’est une immixtion sans précédent dans le travail éditorial d’une rédaction privée.

Ce que cela signifie concrètement : l’État juge les idées

Derrière les formules policées du communiqué de l’Arcom — « on ne juge pas les opinions », « le problème n’est pas la nature des propos tenus » — se cache une réalité bien plus préoccupante. Si le régulateur peut imposer à une chaîne privée de donner davantage de place à des points de vue favorables à l’Union européenne ou à la politique migratoire de l’exécutif, il influence de facto les invités qu’elle choisit, les thèmes qu’elle privilégie et la ligne éditoriale qu’elle adopte. La liberté de la presse ne se résume pas à l’absence de censure directe : elle inclut le droit pour un média de défendre une ligne, d’inviter les intervenants qu’il juge pertinents, et de traiter les sujets selon sa propre hiérarchie de l’information.

RSF, l’association à l’origine de ces saisines successives contre CNews, a d’ores et déjà annoncé qu’elle se réservait le droit de saisir à nouveau l’Arcom pour obtenir des sanctions. Le régulateur, lui, annonce la mise en place dès la rentrée d’une surveillance permanente des quatre chaînes d’information de la TNT — BFMTV, CNews, LCI et franceinfo — dans la perspective des échéances électorales de 2027. Le calendrier politique n’est pas anodin.

CNews contre-attaque

La chaîne a réagi avec fermeté, contestant « fermement les griefs formulés par l’Arcom » et estimant que cette décision constitue « une atteinte injustifiée » aux principes démocratiques fondamentaux que sont la liberté d’expression et l’indépendance éditoriale. CNews rappelle qu’elle respecte scrupuleusement ses obligations en matière de pluralisme politique et de temps de parole, conformément à sa convention et aux règles en vigueur — ce que l’Arcom elle-même avait régulièrement constaté pendant de nombreux mois.

Un recours devant le Conseil d’État est annoncé, voire devant les juridictions européennes compétentes pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté des médias.

On peut ne pas partager toutes les orientations de CNews. On peut trouver certains de ses chroniqueurs trop tranchants, certaines de ses émissions trop partiales. Mais la question posée par cette mise en demeure dépasse largement le cas d’une chaîne : si un régulateur peut contraindre un média privé à rééquilibrer ses opinions pour les rendre conformes à une norme qu’il définit lui-même, alors la liberté de la presse n’est plus qu’un principe formel, vidé de sa substance.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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15 réponses à “L’Arcom met en demeure CNews : quand le régulateur veut dicter sa loi aux médias privés”

  1. Dude dit :

    La France est bien un pays communiste

  2. Isabelle T dit :

    On décompte le temps de parole de P.De Villiers qui n’appartient à aucun parti politique mais on accepte un cohen qui travaille pour le Ps et une Léa Salamé épouse d’un candidat à l’élection. L’inquisition est en marche, les barreaux de la prison à ciel ouvert voulue par Attali se referment de plus en plus sur les citoyens français. Je n’aurais jamais pensé vivre le cauchemar decrit dans « 1984 » de G. Orwell et pourtant c’est bien la réalité.

  3. Rycart dit :

    Ah ! J’admire de plus en plus la Corée du Nord ! Au moins c’est une dictature clairement assumée ! En France, on a bien une dictature de la pensée unique, celle du pouvoir en place mais ce dernier n’ose pas l’avouer !
    Talleyrand qui prônait la liberté de la presse est bien mort…

  4. louis tremolieres dit :

    La liberté d’expression gène les usurpateurs qui sont nombreux parmi Les soi-disant républicains et démocrates
    A l’heure de Starlink et des médias alternatifs , ce ne sont que des pachydermes qui disparaitront naturellement et rapidement; la gueule ouverte !

  5. JCML dit :

    L’ARCOM, encore un truc à jeter à la poubelle des nombreux organismes inutiles et coûteux.

  6. JLP dit :

    CNews s’honorerait en relançant des émissions de débat, si rares à la télé. Mais non, la chaîne fait comme les mastodontes du service public : on sait d’avance ce que les intervenants vont dire. Et comme ils ne sont pas de grande qualité (en tout cas ce sont des paresseux qui ne creusent pas les sujets, à quelques exceptions près : Ornellas, Bock-Côté, Bastié), je regarde de moins en moins CNews, et organise mon « contradictoire » en lorgnant du côté de BFM, LCI, I24Jews et même France info et France 24 !

  7. Ronan dit :

    Demat N’oublions pas que depuis le règlement européen DSA(Digital Service Act), l’ARCOM(Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) agit aussi sous casquette européenne. L’article 49 du DSA oblige, en effet, les États membres de l’UE à désigner un coordinateur national. En France c’est l’ARCOM, en vertu de la loi de transposition du DSA du 21 mai 2024.
    A noter aussi que le DSA du 19 octobre 2022 est, en effet, avec le règlement sur les marchés numériques (DMA), un des grands chantiers numériques de l’Union européenne (UE). Quittons donc cette UERSS. Kenavo

  8. Brun dit :

    La république socialiste soviétique de France est en bonne voie. Toute formation ayant dans ses buts la suppression de l’arcom aura mon soutien.

  9. Michel dit :

    J’espère que Radio Courtoisie n’est pas soumise à l’ARCOM…

    Je trouve déjà ignoble qu’une chaîne TV privée ne puisse pas être une chaîne politiquement orientée sans aucun intervenant des bords opposés !

    Sauf en période électorale où je veux voir des gens comme Asselineau, Branco, Phillipot… avoir le même temps de parole que les socialos et autres cocos, surtout sur le service dit public.

  10. Pierre dit :

    Pourquoi seulement les chaînes de la TNT? Pourquoi n’y a-t-il pas la même démarche pour tous les chaînes en dehors d’internet? Dans ce cas l’ARCOM devra faire des reproches graves à TOUS les médias, qui sont tous bien plus uniformes que C-NEWS et qui d’ailleurs ne respectent en rien la pluralité de l’opinion puisque bien des opinions sont interdites d’antenne, même chez C-NEWS, par le simple fait des prétendues lois « mémorielles » et autres ignomies du même genre et par le fait même de la constitution
    « ARTICLE PREMIER: La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »
    « ARTICLE 2: La langue de la République est le français. »
    « ARTICLE 16: Lorsque les institutions de la République … sont menacées d’une manière grave et immédiate … le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances »
    « ARTICLE 89 (et dernier, dernière ligne de l’article et donc dernière ligne de la constitution): La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision. »

    Non ceci n’est pas un déni de républicanisme, c’en est le dernier rempart…

  11. Etienne F dit :

    Prenez un peu de hauteur journalistique!
    L’Arcom a également sanctionné le groupe France Info pour le cas inverse.

    Ce que j’attends d’un média c’est d’être factuel sur l’information sans parti pris.
    Je me laisse le droit de décider de ma propre opinion, ce qu’on appelle le Libre Arbitre.
    A bon entendeur,

  12. Jacques BRACQUEMONT dit :

    Jlp , que vous êtes un bon citoyen , bravo vous baignez dans la ripoublique .

  13. Yvette dit :

    Je pense que Cnews s’honorerait, au contraire, d’élargir des champs de paroles. La chaîne a pendant des semaines fait ses choux gras de la commission d’enquête de l’assemblée nationale concernant France TV et Radio France. Elle serait donc exempte de tout contrôle parce que privée. Et bien non, la liberté d’expression a ses limites en France, c’est la loi. Nous ne sommes pas aux USA, ce que nous avons tendance à oublier souvent. Et puis avoir des voix discordantes peut aider à se faire une opinion, ou consolider ses idées. Le débat fait partie de la vie non ?

  14. Yves Le B. dit :

    Cnews a semé le vent… Pas étonnant que la tempête arrive, soyons honnêtes et objectifs.

  15. Poulbot dit :

    @Etienne F : France intox c’est juste fait taper sur le bout des doigts , par contre C8 n’a pas eu la même mansuétude , tout cela pour être remplacer par une chaine totalement insipide appartenant a une holding tchèque dont le propriétaire a une opinion politique orienté a gauche.

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