Chaque année, c’est le même rituel. Les classes ferment, le soleil s’installe, et nos enfants, libérés du cartable, se précipitent vers… un écran. Tablette sur les genoux, téléphone à la main, casque sur les oreilles, ils troquent la contrainte scolaire contre une autre forme de captivité, plus insidieuse encore parce qu’elle ne dit pas son nom. Et nous, parents, laissons faire, par fatigue, par facilité, parfois par mauvaise conscience d’avoir nous-mêmes le nez rivé sur notre propre smartphone.
Pourtant, l’été offre une occasion rare, presque miraculeuse : celle de rompre le cycle. Les emplois du temps se détendent, les journées s’allongent, et un autre rythme devient soudain possible. Pourquoi ne pas saisir cette parenthèse pour rendre à nos enfants ce que les écrans leur confisquent en silence, à savoir l’ennui fécond, la lenteur, l’aventure, la vraie ?
Ce que l’écran dérobe
Soyons lucides. Il ne s’agit pas de diaboliser la technologie, qui a sa place et son utilité. Il s’agit de mesurer ce que son usage immodéré coûte à nos enfants. La concentration qui s’effrite, le sommeil qui se dégrade, l’irritabilité qui monte, le langage qui s’appauvrit, les amitiés qui se virtualisent jusqu’à perdre toute chair. Un enfant scotché à un écran n’est pas un enfant occupé : c’est un enfant absent, à lui-même comme aux autres.
Le plus troublant, c’est la facilité avec laquelle l’écran s’installe en maître. Il ne réclame aucun effort, ne propose aucune résistance, n’exige rien. Il occupe sans nourrir, divertit sans construire. Et pendant qu’il défile, c’est le temps de l’enfance qui s’écoule, ce temps si court et si précieux où tout se joue.
L’embarras du choix
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’a jamais existé autant de choses à faire loin d’un écran. La difficulté n’est pas de trouver de quoi remplir l’été, mais de choisir parmi l’abondance.
Il y a tout ce qu’on peut lire, d’abord. Un enfant qui découvre le plaisir d’un roman d’aventures, d’une bande dessinée, d’un livre qui fait peur ou rêver, tient là une compagnie qui ne le quittera plus. La bibliothèque municipale, gratuite et fraîche, est une mine que trop de familles ignorent.
Il y a tout ce qu’on peut voir et explorer. La Bretagne, faut-il le rappeler, regorge de sentiers côtiers, de forêts, de chapelles oubliées, de plages et de criques. Le patrimoine est partout, à portée de vélo. Une journée de randonnée, une visite de château, une sortie à marée basse pour pêcher à pied valent mille vidéos.
Il y a tout ce qu’on peut faire de ses mains. Cuisiner, jardiner, bricoler, dessiner, monter une cabane, planter une tente dans le jardin pour une nuit à la belle étoile. Autant d’expériences simples qui laissent des souvenirs autrement plus tenaces qu’un score de jeu vidéo.
Le grand air, les amis, le sport
Mais le plus important est peut-être ailleurs. L’été, c’est le moment de rendre nos enfants à leurs amis, aux vrais, ceux avec qui l’on court, l’on se chamaille et l’on rit pour de bon. C’est le moment de les laisser s’évader, découvrir la nature qui les entoure, observer les insectes, grimper aux arbres, se salir, s’égratigner, s’émerveiller.
C’est aussi la saison du sport, du foot improvisé sur la place du village, des longueurs à la piscine, du vélo qui mène toujours plus loin, du club de voile ou du tournoi entre copains. Le corps qui se dépense, c’est l’esprit qui s’apaise et le sommeil qui revient.
Rien de tout cela ne s’achète. Il suffit, le plus souvent, d’éteindre l’appareil et d’ouvrir la porte.
Le courage de débrancher
Reste, bien sûr, l’épreuve des premiers jours. Les protestations, les soupirs, le fameux « je m’ennuie » lancé comme un reproche. Tenons bon. L’ennui n’est pas l’ennemi : il est le terreau de l’imagination. C’est dans ces moments de vide apparent que naissent les jeux inventés, les idées folles, les après-midi qui basculent en aventures.
Et n’oublions pas que l’exemple vient d’en haut. Difficile d’exiger d’un enfant qu’il lâche son écran si le parent reste vissé au sien. Cet été est aussi le nôtre : une pile de livres en attente, un projet remis à plus tard, une présence enfin pleine et entière à offrir à nos enfants.
Alors osons. Le temps d’un été, rendons nos enfants à la lecture, au grand air, à leurs amis, au sport et à eux-mêmes. Il se pourrait bien que ce soit l’un des plus beaux étés de leur vie. Et de la nôtre.
Jeanne Planchet.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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