C’est une donnée glissée discrètement à l’avant-dernière page de l’étude, sans le moindre commentaire. Parmi les personnes mises en cause pour refus de contrôle routier en 2025, 8 à 9 % sont de nationalité d’un pays du Maghreb. Rapporté au poids de ces nationalités dans la population résidente — de l’ordre de 2,2 % selon l’INSEE —, le chiffre traduit une surreprésentation d’un facteur proche de quatre. La dernière publication du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), parue en juin, livre la donnée brute mais se garde bien d’en tirer la moindre analyse.
Ce que disent les chiffres sur la nationalité des mis en cause
L’étude précise que les mis en cause sont très majoritairement de nationalité française ) ce qui ne préjuge par des origines ethniques des mis en cause (contrairement au Royaume-Uni, la République française refuse ce type de recensement, avec toute l’hypocrisie qui va avec) : 85 % pour les refus d’obtempérer aggravés et les refus de contrôle de stupéfiants, 79 % pour les refus de contrôle d’alcoolémie. Les autres se répartissent principalement entre des ressortissants d’un pays du Maghreb (8 à 9 %) et d’un pays d’Afrique hors Maghreb (2 à 4 %).
Mise en regard du poids démographique, la part maghrébine ressort donc comme nettement supérieure à ce que la simple proportion de population laisserait attendre.
Encore faut-il en cerner les limites, sous peine de lui faire dire plus qu’elle ne contient. Trois précautions s’imposent.
D’abord, ces pourcentages ne portent que sur le périmètre de la police nationale, soit environ la moitié des délits enregistrés. Les données détaillées sur les personnes mises en cause ne sont pas disponibles du côté de la gendarmerie nationale, qui couvre notamment une grande partie des zones rurales et périurbaines. Le portrait est donc partiel.
Ensuite, il s’agit de la nationalité des mis en cause, et non de leur origine : un Français d’ascendance maghrébine est comptabilisé comme français. La comparaison avec les 2,2 % de la population de nationalité maghrébine compare donc bien deux ensembles de même nature — des étrangers d’un pays du Maghreb —, ce qui est cohérent, mais signifie aussi que le chiffre ne dit rien des personnes d’origine immigrée devenues françaises.
Cette donnée s’inscrit dans une dynamique d’ensemble préoccupante. En 2025, les forces de sécurité intérieure ont enregistré 36 900 délits de refus de contrôle routier, dont 28 200 refus d’obtempérer, en hausse de 9 % sur un an. La forme aggravée de ces refus — celle qui met directement en danger d’autres usagers ou les forces de l’ordre — progresse même de 16 %, et représente désormais près de 22 % des refus d’obtempérer, contre 16 % en 2016.
Le profil dominant des mis en cause reste, quant à lui, sans ambiguïté – quoi qu’encore une fois, l’interdiction en France de certaines statistiques empêche une réelle photographie de cette délinquance : il s’agit presque exclusivement d’hommes (plus de 93 % des cas), et d’une population jeune, 72 % des auteurs de refus d’obtempérer ayant entre 15 et 29 ans. Ces infractions se concentrent en fin de journée et la nuit, avec un pic entre 23 h et 1 h du matin, particulièrement marqué les week-ends.
Une étude intéressante, mais pour quelles conclusions ?
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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