Le cabinet comptable, longtemps considéré comme un tiers de confiance incontesté, voit sa légitimité s’éroder à mesure que les entreprises se dotent d’outils pour vérifier, comparer et parfois contredire ses recommandations. C’est le constat que dresse une enquête menée par Staff & Go, plateforme française de gestion RH, auprès de 2 412 professionnels — dirigeants, DRH, responsables paie ou administratifs — interrogés entre le 16 et le 25 juin 2026. Premier chiffre marquant : 63 % des répondants déclarent désormais recourir à l’intelligence artificielle pour mieux comprendre ou recouper ce que leur dit leur cabinet.
Une confiance qui se réduit à la conformité
Seuls 21 % des professionnels interrogés considèrent encore leur cabinet comptable comme un véritable partenaire de confiance. Plus d’un quart (26 %) le jugent fiable sur le plan de la conformité mais peu proactif en matière de conseil, tandis que d’autres pointent la lenteur ou une valeur perçue insuffisante au regard du coût. Ce repli se confirme sur la question du statut de « tiers de confiance » : à peine 17 % des entreprises font encore une confiance totale à leur cabinet sur les sujets sensibles, la majorité réservant sa confiance aux chiffres (69 %) et à la paie (41 %), bien davantage qu’à l’anticipation des risques fiscaux, sociaux ou juridiques, plafonnée à 26 %.
Le décrochage est encore plus net dès qu’il s’agit de décisions stratégiques : 64 % des sondés disent leur faire de moins en moins confiance sur ce terrain, et 43 % se montrent réticents à leur confier des sujets confidentiels.
L’IA, nouveau réflexe de contre-vérification
Le basculement le plus significatif de cette enquête tient à la manière dont les entreprises utilisent désormais l’intelligence artificielle vis-à-vis de leur cabinet : 18 % y recourent régulièrement comme à un second avis, 20 % ponctuellement pour clarifier un terme technique, et 9 % pour préparer leurs échanges en amont. Une pratique qui a parfois conduit certains répondants à reposer une question à leur cabinet après vérification par IA.
Cette adoption reste toutefois conditionnelle lorsqu’il s’agit de laisser le cabinet lui-même utiliser l’IA sur les données de l’entreprise : seuls 8 % donnent un accord sans réserve. La majorité pose des conditions strictes — hébergement des données en France ou en Europe (17 %), accord explicite préalable (24 %), ou limitation aux tâches jugées non sensibles (14 %). Signe de cette vigilance, 18 % des professionnels redoutent explicitement une utilisation de leurs données ou de l’IA sans leur accord.
Une entreprise sur deux prête à changer de prestataire
L’érosion de la confiance se traduit concrètement sur le marché : 54 % des répondants ont envisagé de changer de cabinet comptable au cours des douze derniers mois, dont 8 % qui ont effectivement sauté le pas et 25 % qui y ont sérieusement réfléchi. Seuls 22 % se disent pleinement satisfaits de leur cabinet actuel.
Parmi les raisons avancées par les entreprises prêtes à partir, le manque de réactivité arrive largement en tête (56 %), devant le manque de conseil (49 %) et les problèmes de disponibilité (45 %). Le critère tarifaire, souvent perçu comme central, n’arrive qu’ensuite, cité par 38 % des répondants.
Une profession appelée à se transformer
Sur l’avenir du métier, le consensus est quasi unanime : 96 % des professionnels interrogés estiment que le statu quo n’est plus tenable face à l’IA, contre à peine 1 % qui pensent que rien ne changera. Près d’un quart (23 %) anticipe la disparition des tâches de saisie au profit du conseil, tandis que 20 % estiment que seuls les cabinets capables de se moderniser éviteront le décrochage.
Pour Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go, l’enquête ne signe pas la fin des cabinets comptables mais celle d’une relation fondée uniquement sur la conformité, les entreprises attendant désormais davantage de réactivité, de conseil et de transparence sur l’usage de l’IA et des données sensibles.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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