Rockefeller, Manhattan, AMGOT : réponse à une tribune sur les origines de l’Europe

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Il existe une maladie singulière dans certains milieux souverainistes : la réalité n’y paraît jamais suffisamment éloquente. Lorsqu’un fait est grave, il faut encore l’orner ; lorsqu’une influence est attestée, il faut lui découvrir un dessein secret ; lorsqu’une politique se poursuit pendant plusieurs décennies, il faut qu’un cénacle l’ait conçue dès l’origine jusque dans ses moindres conséquences. La vérité, décidément, n’est jamais assez belle. On lui plante un décor derrière, on ajoute quelques personnages dans la pénombre et, bientôt, l’Histoire ressemble à une mauvaise pièce où Bilderberg tient lieu de Deus ex machina.

C’est le sentiment que m’a laissé la récente tribune publiée dans Breizh-info sur les origines de la construction européenne et le supposé projet mondialiste dont elle serait l’instrument. Le plus irritant est que ce texte repose, pour partie, sur des faits parfaitement réels. L’influence américaine dans l’Europe d’après-guerre est une évidence historique ; le soutien de Washington à l’unification européenne également ; Jean Monnet était bien partisan d’un dépassement progressif des souverainetés ; le référendum de Maastricht fut remporté en France d’extrême justesse ; celui de 2005 fut perdu par les partisans de la Constitution européenne avant qu’une bonne partie du dispositif institutionnel ne reparaisse dans le traité de Lisbonne. Autrement dit, le dossier est déjà copieux. Pourquoi diable éprouver le besoin de le gâter ?

Prenons Jean Monnet. Il n’est nul besoin de lui prêter le projet clandestin d’abolir les peuples européens, de mélanger leurs populations et d’instaurer à terme un gouvernement mondial. Son fédéralisme européen est suffisamment explicite. Monnet voulait créer graduellement des intérêts communs administrés par des institutions communes auxquelles seraient déléguées des parts de souveraineté. L’institut qui porte aujourd’hui son nom le présente lui-même sans ambages. On peut juger cette conception funeste, technocratique, antidémocratique ou au contraire providentielle ; encore faut-il la juger pour ce qu’elle fut.

Sa fameuse méthode n’était d’ailleurs pas véritablement secrète. Elle consistait à rendre l’intégration politique possible par l’intégration fonctionnelle : le charbon et l’acier d’abord, puis le marché, les normes, la monnaie, avec chaque fois des institutions communes créant à leur tour la nécessité de nouvelles institutions. C’est précisément ce mécanisme que peuvent critiquer les souverainistes. Nul besoin de faire de Monnet un Fantômas de la géopolitique. Il suffit de lire ses textes.

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L’influence américaine mérite, elle aussi, mieux que le roman. L’American Committee on United Europe a bel et bien existé. Son président fut William Donovan, ancien patron de l’OSS et figure majeure de la naissance du renseignement américain ; les archives de la CIA elles-mêmes rappellent son rôle à la tête de cette organisation destinée à favoriser l’unité de l’Europe occidentale face à la menace communiste. (CIA) Voilà un fait considérable. Il nous renseigne sur la stratégie américaine de l’après-guerre, sur la volonté de structurer l’Europe occidentale, sur l’anticommunisme et sur les réseaux transatlantiques qui accompagnèrent la construction européenne.

Pourquoi transformer cette politique d’influence, bien réelle, en preuve d’un dessein mondial ourdi pendant quatre-vingts ans ? Les États-Unis avaient des intérêts. La France avait les siens. L’Allemagne en avait d’autres. Les fédéralistes européens poursuivaient leurs propres rêves, les gaullistes la combattaient, les Britanniques tergiversaient, les gouvernements changeaient, les crises bouleversaient les plans. L’Histoire est pleine de coalitions provisoires, d’arrière-pensées, de financements occultes, de services secrets et de diplomates retors. Elle est aussi pleine d’échecs, d’accidents, de rivalités et d’imbécillités. Le complotisme commence précisément lorsque cette mêlée confuse devient rétrospectivement un plan.

L’affaire du projet Manhattan est, à cet égard, assez extraordinaire. La tribune affirme que Roosevelt ne pouvait constitutionnellement financer secrètement la bombe atomique et que des sociétés privées auraient donc « entièrement pris en charge » le projet, donnant ainsi naissance au complexe militaro-industriel. C’est faux. Le projet Manhattan fut un programme fédéral américain placé sous l’autorité de l’armée et financé par des crédits publics dont la destination était dissimulée dans différentes lignes budgétaires. Le secret fut effectivement gardé à l’égard de l’immense majorité du Congrès, tandis qu’un petit nombre de parlementaires de haut rang furent finalement informés. Des entreprises privées comme DuPont furent des contractants cruciaux ; elles ne furent nullement les banquiers clandestins de la bombe. Les documents historiques américains décrivent précisément cette combinaison de crédits publics secrets, d’administration militaire, de laboratoires universitaires et d’industrie privée.

La différence n’est pas vétilleuse. Elle détruit tout simplement le chaînon censé relier Manhattan à la naissance d’un pouvoir financiaro-militaro-industriel autonome qui aurait ensuite entrepris de gouverner la planète. Eisenhower mettra effectivement en garde, en 1961, contre l’influence croissante du complexe militaro-industriel. Cette puissance était assez considérable pour qu’on l’étudie sans lui inventer un péché originel imaginaire.

Même confusion avec l’AMGOT. Les Alliés avaient bien préparé des dispositifs d’administration militaire pour les territoires libérés ou occupés. Il exista également des projets concernant la France, auxquels de Gaulle s’opposa avec la dernière vigueur. De là à faire de l’AMGOT la matrice d’une occupation américaine permanente de l’Europe occidentale, puis le prélude de l’OTAN et enfin celui de l’Union européenne, il y a un fossé que les archives ne permettent pas de franchir. Les fonds des National Archives que je connais bien témoignent d’une administration militaire alliée réelle et de travaux relatifs à la France ; ils ne démontrent nullement l’existence de cette magnifique autoroute historique conduisant tout droit de 1944 à Bruxelles.

Arrive enfin David Rockefeller, et avec lui le morceau de bravoure. La tribune reproduit cette fameuse déclaration attribuée à une réunion de Bilderberg en 1991 : remerciements à la grande presse pour quarante années de discrétion, « plan pour le monde », gouvernement mondial, souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers internationaux. Voilà qui tombe à pic. Trop à pic, justement.

On sait que Rockefeller participait à la réunion de Bilderberg de Baden-Baden en 1991. Ce que l’on ne trouve pas, c’est une source primaire solide établissant qu’il y aurait prononcé ce texte. La citation circule depuis des décennies de site en site, jusque sur Goodreads, auquel renvoie d’ailleurs la tribune. On trouve quantité de reproductions, d’affirmations et de transcriptions tardives ; on cherche vainement l’enregistrement, le procès-verbal authentifié ou le document contemporain permettant d’en établir la provenance. Un historien peut travailler sur une archive secrète devenue publique. Il ne peut faire d’une citation sans pedigree la clef de voûte d’une démonstration.

Le plus cocasse est que le texte comporte ailleurs des erreurs beaucoup plus triviales. Il transforme ainsi le « serpent monétaire européen » apparu en 1972 en SME, avant d’affirmer que celui-ci se serait transformé en Système monétaire européen en 1977. Le serpent date bien de 1972 ; le Système monétaire européen entre en vigueur en 1979. La bévue n’est pas pendable. Elle devient cependant fâcheuse lorsqu’on prétend reconstituer, année après année, les rouages secrets d’une mécanique historique.

Tout cela est d’autant plus dommage que la critique de la construction européenne peut parfaitement se passer de ces colifichets. Maastricht fut approuvé en France par 51,04 % des suffrages exprimés. Une moitié du pays engagea donc l’autre, presque exactement, dans une transformation monétaire et politique dont le caractère difficilement réversible apparaissait déjà. En 2005, le peuple français refusa le projet de Constitution européenne. Deux ans plus tard, le traité de Lisbonne reprit une large part de son architecture institutionnelle et fut ratifié par voie parlementaire. Le souverainiste dispose là d’un grief autrement plus sérieux qu’un déjeuner de Rockefeller à Baden-Baden.

La construction européenne peut être critiquée pour ce qu’elle est : une architecture juridique et institutionnelle qui organise des transferts successifs de souveraineté ; une mécanique dont chaque étape tend à rendre la précédente irréversible ; un système où la compétence appelle la compétence, où l’intégration économique nourrit l’intégration politique et où l’éloignement du centre de décision rend progressivement plus difficile la sanction populaire. Il est également parfaitement légitime de rappeler que les États-Unis ont encouragé cette construction lorsqu’elle servait leurs intérêts stratégiques. Tout cela appartient à l’histoire politique ordinaire, laquelle est déjà suffisamment rude.

Ce que je récuse, c’est le passage subreptice de l’influence au commandement, du réseau au complot, du projet politique au plan occulte universel. Qu’un banquier parle avec un ministre ne signifie pas qu’il le dirige. Qu’un service secret finance une organisation ne signifie pas qu’il contrôle cinquante ans d’histoire. Que plusieurs hommes partagent un objectif à un instant donné ne signifie pas que leurs successeurs exécuteront jusqu’au bout un programme écrit dans quelque arrière-salle. Prendre ces raccourcis, c’est prendre des vessies pour des lanternes et offrir de surcroît à l’adversaire le meilleur moyen de ne jamais répondre aux vraies questions.

Le complotisme possède en effet un avantage délicieux pour ceux qu’il prétend combattre : il transforme une critique sérieuse en caricature. Montrez le contournement du référendum de 2005, et l’on devra vous répondre. Parlez de transferts de souveraineté, il faudra discuter des traités. Étudiez les financements américains du fédéralisme européen, vous ouvrirez un véritable dossier historique. Ajoutez Rockefeller, le gouvernement mondial, Manhattan financé par des industriels conspirateurs et quatre-vingts années d’un plan sans accroc : votre contradicteur n’a plus qu’à sourire, relever trois erreurs et jeter le reste avec.

C’est se tirer soi-même une balle dans le pied.

Je ne crois pas davantage à l’innocence perpétuelle des puissants qu’à leur omnipotence. Les gouvernements mentent, les services secrets conspirent, les industriels font pression, les banques défendent leurs intérêts, les organisations internationales produisent leurs propres oligarchies et les hommes d’influence aiment infiniment mieux travailler loin du regard populaire. Refuser le complotisme ne consiste aucunement à croire au monde des Bisounours. Cela consiste seulement à ne pas attribuer à quelques hommes une prescience et une maîtrise de l’Histoire dont ils sont, heureusement, dépourvus.

Les souverainistes devraient être les premiers à s’en souvenir. Leur critique porte sur une question immense : qui décide ? À quel peuple appartient le pouvoir politique ? Jusqu’où peut-on transférer la souveraineté sans vider la démocratie de sa substance ? Ces questions sont assez graves pour ne pas être ensevelies sous le fatras des citations apocryphes et des généalogies imaginaires.

La vérité est souvent moins romanesque que le complot. Elle possède une qualité autrement précieuse : elle résiste à l’examen. Et lorsque la vérité suffit à accuser, celui qui l’enjolive ne la fortifie pas. Il lui fait tort.

Balbino Katz
— chroniqueur des vents et des marées —
[email protected]

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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13 réponses à “Rockefeller, Manhattan, AMGOT : réponse à une tribune sur les origines de l’Europe”

  1. Poulbot dit :

    La lecture du livre de DE VILLIER sur la construction de l’Europe est certes long a lire pour en connaitre complétement les rouages et certains sens caché mais il m’est a destination du grand publique des enseignements sur ce qu’il vie actuellement.
    Pour ma part je considère Monnet comme un traitre a la France , il a mis en place un système destiner uniquement et permettant aux industriel américains d’écouler leurs sur productions sur le marcher Européen , cela leur a permis également de continuer a prendre possession des industries , technologies Européenne (au moment de la seconde guerre , Opel appartenait a Ford qui n’a pas été inquiété par la suite , Opel fabriquait les camions de la wehrmacht……)
    Les faits et geste de Macron, de VDL démontre tout les jours qu’ils sont au garde a vous devant Washington malgré ce que nous montre les mises en scène destiner aux grand publique.

    Une autre lecture a faire pour connaitre en profondeur le coté monétaire de la chose , est « La Guerre des Monnaies » d’un chercheurs chinois vivant aux états-unis, ce que l’on y trouve est effrayant et montre le pouvoir des banques d’affaires sur le monde , que derrière chaque conflit passer , actuel ou futur ce cache des intérêts financier colossaux , certains secret du 11 septembre commencent d’ailleurs a être dévoiler avec risque pour ceux qui le font et c’est ahurissant de voir le cynisme de certains pour s’enrichir.

  2. JLP dit :

    Vous allez voir d’ici peu nos bons souverainistes (de Villiers à Onfray) pousser des cris d’orfraie et dénoncer l’hommage que Léon XIV va prochainement rendre à ce grand chrétien de Robert Schuman. Homme d’Etat qui, avec ses potes Adenauer et A. de Gasperri, voulaient (re)bâtir l’Europe sur ses bases chrétiennes (qui ne sont pas exclusives des racines celto-germaniques et gréco-romaines). Mais voilà, Lorrain germanophone, Schuman était acquis aux Boches, et qu’il soit salué par cet Américain de pape, ça sent mauvais au pays de Jeanne d’Arc (Ah ! si elle avait pu être brûlée voire crucifiée sur la Colline inspirée…) et de De-Gaulle (Ah ! si né à Lille il avait appris le flamand, comme son grand-oncle – l’autre Charles De-Gaulle) avait appris le breton !)…

  3. crocs dit :

    Ne jamais oublier que le premier président de l’Europe fut un nazi, Walter Hallstein, fait prisonnier à Cherbourg le 26 juin 1944, puis extradé d’abord en Angleterre et très rapidement aux US ou il y suit des cours de formation, avec des allers-retours incessants entre les USA et l’Allemagne jusqu’en 1958. Outre le traite Monnet, trafiquant d’alcool pendant la prohibition, puis banquier et ami de Roosevelt (Rosenfeld ?), il y eut l’attitude plus que louche de Robert Schumann, ministre de Vichy, puis soudain frappé de révélation, en 1942, se précipitant à Reims pour y bruler des archives, avant de se planquer dans les monastères, jusqu’au moment de réapparaitre en 1945, quand tout se fut calmé, pour prendre des fonctions chez de Gaulle et dans la IV république et que le Pape Léon voudrait béatifier pour avoir créé cette terre de « paix » qu’est devenue l’UE, un ramassis de va-t-en-guerre à la solde du Deep State d’USrael (souvenons nous de la Serbie)..Un vrai panier de crabe !

  4. guillemot dit :

    Il est évident que derrière la « construction  » de l Europe il faut y voir la main des USA qui y oeuvraient pour leurs intérêts. Mais n’oublions pas que chaque tentative d’unir des populations avec leur identité, leur histoire propre, leur langage a été un fiasco ( Charlemagne, Charles Quint, Napoléon 1ier pour ne citer qu’eux y ont échoué ) Vouloir contraindre les peuples par un formatage et un renoncement est une hérésie. Et , en plus, dans un regroupement ( animal humain ) il faut un chef de meute et aujourd’hui l’Allemagne avec son kaizer , Ursula , est à la manoeuvre . Il n’est que de voir toutes les mesures prises par la Commission pour le plus grand enrichissement de la Germanie.

  5. René Thirion dit :

    L’argumentaire développé fait silence sur la main discrète, mais mondialement implantée dans l’univers financier mondial, des Rothschild. ET POURTANT … son emprise est tentaculaire et pourrait justifier le complot évoqué !

  6. Lukaz dit :

    Qu’on le nomme complot ou pas, ce qui se passe en Europe rentre bien dans le cadre d’un projet mondialiste. On ne peut pas nier une évidence que l’on constate tous les jours.

  7. pschitt dit :

    Bravo pour cette mise au point étayée et raisonnée, qui vous vaudra sûrement l’ire des complotistes. Je suis toujours surpris de lire, y compris dans Breizh Info (et spécialement dans le cas que vous décortiquez), des raisonnements échafaudés à partir d’affirmations fallacieuses ou simplement invérifiables. De tels raisonnements séduisent une frange extrémiste mais sont finalement toxiques parce qu’ils écartent les esprits logiques, qui sont quand même majoritaires, et peuvent les pousser vers des raisonnements inverses.

  8. Jean Yves POTTIER dit :

    Cher Balbino Katz
    Votre papier tout de nuance, de précision et de scrupules informationnels est excellent toutefois:
    Il confirme absolument les faits dénoncés par le texte en question et n’en critique que certains aspects formels jugés (à tort ou à raison) excessifs.
    Il méconnait la gravité de la situation et l’urgence extrême à en prendre conscience et à bâtir des solutions réalistes et démocratiques avant que notre pays ne connaisse un nouveau bain de sang.
    Nous sommes en effet au bord d’une guerre civile intérieure avec le narco islamisme agressif soutenu par la cinquième colonne LFI.
    Nous sommes aussi au bord d’un embrasement militaire européen à force d’humilier le peuple russe et de provoquer Poutine alors que des solutions pacifiques (accords de Minsk ) existaient ou auraient du au moins être tentées. Au lieu de cela elles ont été sabotées délibérément par Merkel et Hollande, ce dernier déclarant qu’il s’agissait juste de donner du temps aux Ukrainiens pour s’armer ! Donc on voulait la guerre et Poutine est tombé dans le piège ainsi tendu. A cet égard on nous rebat les oreilles avec les « ingérences russes » que je ne conteste pas. Rappelons toutefois qu’au moment de l’ouverture des hostilités, la CIA disposait de 12 antennes sur le territoire Ukrainien ! Toujours le deux poids deux mesures dans le traitement de l’information !
    Il suffirait alors d’une escalade de trop pour que l’on bascule dans une guerre nucléaire européenne, un peu comme si notre vieille civilisation en avait assez de vivre et organisait inconsciemment son propre suicide.
    Alors, cher Balbino, dans un tel contexte vos subtiles mises au point me font penser à quelqu’un qui corrigerait les fautes d’orthographe sue les consignes de sécurité du Titanic…
    Votre rigueur intellectuelle et historique rencontre toute ma sympathie mais malheureusement nous sommes dans une situation où ces subtilités ne sont plus de mise.
    A bientôt dans le combat.
    JYP

  9. Tirpitz dit :

    On est bien d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de plan ou de programme préétabli pour 100 ans, cependant il y avait une tendance, une volonté, une unité de vue sur l’orientation que devait prendre l’Europe, et que des intellectuels comme Kalergi ont bien influencé les dirigeants. Et ça fait des décennies que d’autres personnalités comme Attali nous parlent du gouvernement mondial comme un augure.

  10. Erispoé dit :

    le plus dangereux de l’Europe est la corruption légalisée.
    Les lobbies sont autorisés. Or ceux qui font du lobby ce sont des sociétés pour avoir un avantage sur la concurrence font faire des lois à leur avantage comme celle de l’électricité payée par les contribuable au prix de revient de l’électricité du gaz alors qu’EDF doit vendre aux revandeurs au prix imposé du coutant. Ruine d’EDF et ruine de l’utilisateur français au profit des certains revendeurs qui ne produisent rien.
    cet exemple est la caricature de toutes les réglementations imposées par l’Europe.

  11. Bruno dit :

    Cher Monsieur, votre évocation de l’Amgot vous fait tomber dans le même piège que vous prétendez dénoncer.Si ce projet a pu passer par la tête de Roosevelt à un certain moment, Il n’y a jamais eu de plans concrets d’administration militaire des Alliés , ou US si vous préférez, pour la France en 1944. Un certain nombres de civils ont été préparés , en amont du Débarquement de juin 1944 par le gouvernement américain pour servir de liaison entre l’administration française et les armées alliées, mais en aucun cas pour se substituer à l’Administration française . Cette histoire de l’AMGOT en France tient plus de la propagande gaulliste qui s’en est servi de façon remarquable pour asseoir son autorité et construire sa légende, que de l’Histoire . Je vous recommande la lecture de la thèse « L’AMGOT : CONTINGENCE MILITAIRE OU OUTIL DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE ? Mémoire de maîtrise de Bruno Bourliaguet (Université Laval, 2009) »

  12. Balbino Katz dit :

    @bruno

    Cher Monsieur,

    Merci pour votre message, et surtout pour la référence au mémoire de Bruno Bourliaguet, que je ne connaissais pas. Je vais tâcher de le retrouver et de le lire, car la distinction que vous soulevez mérite assurément que l’on s’y arrête.

    Sur le fond, je crois d’ailleurs que nous sommes moins éloignés que mon texte a pu vous le laisser penser. Je ne voulais nullement reprendre à mon compte la version maximaliste d’un AMGOT tout armé, préparé par Washington pour substituer durablement une administration militaire américaine à l’administration française. Si mes quelques lignes ont donné cette impression, j’ai sans doute trop rapidement enfermé sous le vocable commode d’« AMGOT » des réalités qu’il aurait fallu distinguer davantage.

    Il existait cependant bien, avant le Débarquement, des projets et des travaux anglo-américains concernant l’administration de la France au fur et à mesure de sa libération. Les archives diplomatiques américaines parlent même, en mars 1944, d’un basic scheme for the administration of liberated France. Toute la question, et elle n’est pas mince, est de savoir si ces préparatifs de Civil Affairs, dictés pour une large part par les nécessités militaires, peuvent être assimilés à un véritable projet d’AMGOT au sens d’un gouvernement militaire destiné à se substituer aux autorités françaises. Sur ce point, votre observation me paraît tout à fait pertinente.

    Mon propos était surtout de récuser l’autre légende, beaucoup plus vaste, qui fait de cet épisode le premier maillon d’une entreprise américaine continue conduisant de l’AMGOT à l’OTAN, puis de l’OTAN à la construction européenne. C’est cette autoroute historique, où tout aurait été pensé dès l’origine par les mêmes hommes dans le même dessein, que je voulais contester.

    Merci donc pour votre remarque et pour cette référence bibliographique. Elle m’oblige à préciser une formulation qui pouvait prêter à confusion, ce qui est après tout l’un des meilleurs usages que l’on puisse faire d’un commentaire de lecteur.

    Bien cordialement,

    Balbino Katz

  13. Travis dit :

    Lutter contre les cons-plotistes, vaste programme ! Le mouvement national mérite mieux et attend sa nuit des longs-couteaux pour évacuer cette branche pourrie .

    Ces suppôts de la Conjuration sont d’autant plus cons que si cette structure supra-nationale travaille effectivement dans l’ombre, ses prestations sont si efficaces qu’on peut sans hésitation lui confier les rênes du pouvoir et dormir sur ses deux oreilles…

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