Le 20 juillet 2021, à l’aéroport de Madagascar, Philippe François s’apprête à embarquer pour la France, où il doit assister au mariage de l’une de ses filles. Il ne montera jamais dans l’avion. Arrêté au moment de quitter le pays, l’ancien colonel de l’armée de Terre est accusé de tentative de coup d’État, d’atteinte à la sûreté de l’État, d’association de malfaiteurs et de complot en vue d’assassiner le président malgache, puis condamné à 10 ans de travaux forcés. Il racontera cette descente aux enfers dans « On m’appelait Colonel — De Saint-Cyr à la prison », coécrit avec Guillaume Malkani et publié le 24 septembre 2026 chez Mareuil Éditions, avec une préface du général Pierre Schill.
Du Régiment de marche du Tchad aux geôles malgaches
Le parcours de l’auteur n’était pourtant pas de ceux qui mènent en cellule. Saint-cyrien de la promotion Tom Morel (1987-1990), Philippe François choisit la « Coloniale » et sert au sein des troupes de Marine. En 2010, il prend le commandement du Régiment de marche du Tchad, héritier de la division Leclerc, à la tête de plus d’un millier d’hommes. Il quitte l’uniforme en 2013 pour l’entreprise, met son expérience au service de grands groupes, crée sa structure de conseil, puis fonde avec un camarade saint-cyrien d’origine malgache un fonds d’investissement destiné au développement économique de la Grande Île. Un an plus tard, son destin bascule.
Suivront 4 années derrière les barreaux : 2 ans à Tsiafahy, l’un des établissements pénitentiaires les plus redoutés de Madagascar, puis 2 ans à la prison de La Santé, en France. Il ne sera libéré que le 12 octobre 2025, gracié in extremis après la chute du dirigeant malgache.
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Survivre à Tsiafahy
Le livre décrit un univers carcéral fait de violence, d’insalubrité et d’arbitraire : une cellule de quelques mètres carrés où l’ancien officier reste enfermé jusqu’à 23 heures sur 24, sans eau ni électricité, un vieux seau pour seuls sanitaires. Autour de lui, les rats, les bagarres, la corruption, la peur — et des rencontres improbables, comme celle de Gaspard, détenu depuis 35 ans, surnommé « l’égorgeur des bas quartiers » et chargé de cuisiner pour les prisonniers. Mais le plus dur, écrit-il, n’est pas la violence physique : c’est l’attente d’un procès, l’attente de la liberté, et la peur d’être oublié.
Face à cet engrenage, le colonel met en place une discipline de survie — sport, lecture, écriture, méditation, prière, yoga — pour préserver ce qui lui reste de liberté : « C’est la capacité mentale à m’extirper de ces quatre murs », résume-t-il. Le prologue s’ouvre d’ailleurs sur une scène digne d’un film d’action : des hélicoptères français approchent de Tsiafahy, les forces spéciales se préparent à exfiltrer un prisonnier politique… jusqu’à ce que l’auteur ouvre les yeux, toujours dans sa cellule. Un rêve récurrent, révélateur d’un espoir devenu obsession.
Le récit dépasse le cadre militaire, souligne dans sa préface le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre (2021-2026) et camarade de promotion de l’auteur, pour qui la résilience ne naît pas au moment de l’épreuve mais se construit en amont — dans l’éducation reçue, les valeurs transmises, les responsabilités exercées. La captivité, écrit-il, « révèle ici la profondeur du caractère ».
Le témoignage laisse ouvertes les questions que le lecteur se posera : que s’est-il réellement passé, et pourquoi cet ancien officier supérieur français a-t-il été arrêté au moment de rentrer chez lui ?
« On m’appelait Colonel — De Saint-Cyr à la prison », colonel Philippe François et Guillaume Malkani, préface du général Pierre Schill, Mareuil Éditions (en librairie le 24 septembre)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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