Jeudi soir, dans une allocution télévisée solennelle prononcée depuis la Casa Rosada, Javier Milei a franchi un nouveau cap dans le bras de fer qui oppose Buenos Aires à Londres autour des Malouines. Le président argentin a annoncé un projet de loi durcissant les sanctions contre les entreprises qui forent du pétrole dans les eaux entourant l’archipel, ainsi qu’un décret destiné à accélérer les procédures contre les acteurs déjà engagés. Il a également confirmé la construction d’une nouvelle base militaire en Terre de Feu, à l’extrême sud du pays. « L’Argentine est florissante, et elle prévaudra », a-t-il lancé.
Un Royaume-Uni « en déclin », selon Buenos Aires
Le discours de Milei frappe par sa charge contre l’ancien vainqueur de la guerre de 1982. Le président argentin a opposé son pays, « non affecté par l’immigration incontrôlée » et la violence qui l’accompagne, à un Royaume-Uni confronté à « des crises multiples de caractère migratoire, démographique et économique » qu’il juge difficilement solubles. « Il est clair qu’ils sont en déclin », a-t-il asséné, avant d’invoquer des « vents favorables » soufflant désormais sur la revendication argentine. « Les Malouines sont argentines, historiquement et légalement. Il n’y a pas de débat », a-t-il martelé.
Sea Lion : 1,7 milliard de barils dans le viseur
La cible immédiate des sanctions porte un nom : Sea Lion. Ce gisement situé à environ 220 km au nord des îles est détenu par le Britannique Rockhopper Exploration (35 %, coté à Londres) et l’Israélien Navitas Petroleum. Avec 1,7 milliard de barils, il dépasse tous les champs pétroliers des eaux britanniques. Les 2 opérateurs prévoient de commencer les forages dans les prochains mois, pour une première production attendue début 2028 et une exploitation de plus de 30 ans.
Dès juin, Buenos Aires avait menacé Rockhopper pour ses projets jugés « illégaux ». L’Argentine considère désormais les 2 entreprises comme « clandestines ». Milei a qualifié le projet de « danger clair et présent » pour la revendication nationale, promettant de déployer « tous nos outils économiques et diplomatiques » contre les acteurs, étatiques ou non, qui « violent notre souveraineté ».
Trump sème le doute sur la défense des îles
Le calendrier n’a rien d’anodin. Le président argentin a explicitement capitalisé sur les déclarations de Donald Trump, qui a affirmé cette semaine que les États-Unis réévaluaient leur position historique sur les Malouines. Interrogé sur GB News quant à une éventuelle aide américaine en cas d’invasion, le président américain a répondu : « Votre pays n’était pas là pour m’aider », en référence à sa guerre contre l’Iran, avant de mettre en doute la capacité britannique à défendre un archipel situé « très loin ».
Les spéculations vont bon train sur un accord entre Washington et Buenos Aires donnant aux Américains un accès au pétrole des Malouines. À la veille du discours, le secrétaire argentin à l’Énergie, Daniel González Casartelli, rencontrait à Washington des compagnies pétrolières américaines et des membres de l’administration Trump. Milei s’est de son côté entretenu au Chili avec Sarah Rogers, haute responsable du département d’État.
Londres invoque l’autodétermination, Milei la balaie
Le président argentin a dénié aux habitants des îles tout droit à l’autodétermination — un droit que Londres considère au contraire comme « primordial ». « Les habitants des Malouines sont britanniques et ont le droit de déterminer leur propre avenir », a rappelé le porte-parole du Premier ministre Andy Burnham. Lors du référendum de mars 2013, 99,8 % des insulaires avaient voté pour le maintien du statut de territoire britannique d’outre-mer.
Le dossier pourrait s’inviter à la première rencontre entre Andy Burnham et Donald Trump, attendue ce mois-ci.
Un président sous pression intérieure
Derrière la rhétorique souverainiste, la situation intérieure pèse. La cote de popularité de Milei stagne autour de 37-39 %, avec plus de 60 % d’opinions défavorables, à un an d’une échéance électorale où il briguera un nouveau mandat. Sur sa droite, sa vice-présidente en rupture, Victoria Villarruel — fille d’un capitaine de commando de la guerre des Malouines — incarne une ligne encore plus dure sur l’archipel. Salué pour avoir terrassé l’inflation et le déficit chronique, Milei paie une reprise économique inégale qui n’a pas atteint les Argentins les plus touchés par sa cure d’austérité.
Le conflit de 1982, déclenché par le débarquement de troupes argentines, avait coûté la vie à 649 soldats argentins, 255 militaires britanniques et 3 insulaires. Quarante-quatre ans plus tard, la question des Malouines reste inscrite dans la constitution argentine — et revient au premier plan de la scène internationale.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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