Le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc a condamné mardi quatre hommes pour des violences d’une rare brutalité commises au printemps 2024 à Plussulien et Saint-Igeaux. La victime principale, grièvement blessée à la tête, avait dû être plongée dans le coma artificiel et opérée en urgence.
Les faits remontent au 27 avril 2024. Ce jour-là, quatre individus débarquent au domicile d’un quadragénaire à Plussulien, dans le Centre-Bretagne. Armés d’une barre de fer et d’un club de golf, ils sont venus récupérer une dette liée au trafic de stupéfiants.
La scène, filmée par l’un des agresseurs, témoigne d’une violence extrême. Alors que la victime gît au sol après avoir tenté de fuir, celui qui filme encourage les autres à continuer le passage à tabac. Le quadragénaire reçoit alors un coup de club de golf à la tête avant de s’effondrer, inconscient.
Trois semaines plus tard, le 18 mai 2024, deux des agresseurs reviennent. Malgré les scellés posés par la police sur le domicile de la victime, ils forcent l’entrée et vident l’appartement.
Puis, accompagnés cette fois de deux mineurs, ils se rendent à Saint-Igeaux où réside désormais le quadragénaire. Un nouveau déferlement de violences s’abat sur lui et sur l’un de ses amis qui l’héberge.
Grièvement blessé à la tête une seconde fois, le quadragénaire doit être opéré en urgence. Il souffre aujourd’hui de troubles de l’équilibre et de multiples séquelles. Son ami, dont l’appartement a été saccagé, a cru mourir lors de l’agression.
L’addiction à la cocaïne comme justification
Devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc mardi 31 mars 2026, les quatre prévenus ont dû répondre de vols et violences en réunion. Deux comparaissaient libres (25 et 20 ans), deux autres détenus (30 et 21 ans).
Le trentenaire, présenté comme l’instigateur, a tenté de minimiser sa responsabilité en expliquant que ses complices devaient simplement immobiliser la victime pendant qu’il récupérait argent et drogue, mais que la situation avait dégénéré.
Un autre prévenu a reconnu que seule leur addiction à la cocaïne comptait à l’époque des faits.
Les avocats de la défense ont tenté de relativiser le rôle de leurs clients. Le plus jeune, celui qui filmait, n’aurait selon son conseil pas participé directement aux violences mais aurait subi l’influence du groupe. Le trentenaire aurait prétendument voulu éviter une nouvelle escalade de violence lors de la seconde expédition. Quant aux deux autres, leur avocat a mis en avant leur état d’addiction permanente qui les poussait uniquement à chercher de la drogue.
De 3 à 6 ans de prison ferme
La procureure s’est montrée intransigeante, relevant que le commando était venu en force pour s’emparer de près de 6 000 euros et d’une importante quantité d’héroïne. Elle a requis 8 ans de prison pour les deux prévenus détenus et 4 ans pour les deux autres.
Le tribunal a prononcé les peines suivantes :
- Brad Le Béchet, 30 ans : 6 ans de prison ferme
- Valentin Barbier, 21 ans : 6 ans de prison ferme
- Le prévenu de 25 ans, auteur du coup de club de golf : 4 ans dont 3 avec sursis
- Le plus jeune, 20 ans : 3 ans dont 30 mois avec sursis
Ces deux derniers effectueront leur peine ferme sous bracelet électronique. Tous quatre devront indemniser les victimes.
Les deux mineurs impliqués dans l’expédition du 18 mai seront jugés en juin prochain.
Photo d’illustration : DR
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Une réponse à “Côtes-d’Armor : 6 ans de prison pour un tabassage ultraviolent à coups de barre de fer et de club de golf”
Une peine bien légère pour cette violence inqualifiable. C’était 15 ans de taule au minimum pour ces salopards. Pas de pitié pour les trafiquants de drogue.