Ils savent que leurs métiers changent, ils redoutent de décrocher, mais ils n’ont ni le temps ni les repères pour s’y préparer. C’est le tableau que dresse une enquête menée en ligne du 4 au 14 septembre 2026 auprès de 3 600 actifs occupés, échantillon constitué par quotas et redressé sur les données de l’INSEE.
Premier enseignement : pour évoluer dans leur entreprise, 39 % des salariés comptent d’abord sur leur performance quotidienne. Savoir se « vendre » auprès des bons décideurs (18 %) et le réseau interne (11 %) arrivent ensuite, devant l’ancienneté (13 %). La formation, elle, n’est perçue comme un levier d’évolution efficace que par 15 % des répondants — un chiffre bas au regard des milliards injectés chaque année dans la formation professionnelle en France.
36 % des actifs ne consacrent aucun temps à se former
Le temps manque, ou n’est pas pris. 36 % des actifs déclarent ne consacrer aucun moment hebdomadaire au développement de nouvelles compétences, et 31 % y passent moins de 30 minutes. Au total, 67 % restent sous la barre des 30 minutes par semaine. Seuls 6 % dépassent l’heure hebdomadaire — et 2 % les 3 heures.
56 % ont déjà renoncé à demander une formation
Plus d’un salarié sur deux (56 %) a déjà gardé le silence sur un besoin de formation. Les raisons invoquées : la certitude anticipée d’un refus (19 %), la peur d’être mal vu ou jugé non prioritaire (16 %), la crainte de paraître incompétent ou en difficulté (11 %), ou simplement l’ignorance de la marche à suivre (10 %). À l’inverse, 38 % affirment n’avoir jamais hésité à en demander une.
Le déficit de cap est tout aussi net : 15 % seulement des actifs savent exactement quelles compétences développer et disposent d’un plan pour y parvenir. 36 % voient « à peu près » sans plan concret, 25 % doutent faute d’avoir jamais été guidés, 10 % n’en ont aucune idée. Et 14 % ne cherchent pas — ou plus — à progresser.
Un pilotage laissé aux seuls salariés
Qui accompagne cette évolution ? Personne, ou presque. 35 % des actifs déclarent piloter seuls leur développement professionnel, et 16 % estiment que personne ne s’en charge réellement. Le manager (13 %), l’employeur ou les ressources humaines (11 %) restent en retrait. Le recours à un coach, mentor ou formateur extérieur est marginal : 2 %.
Le coaching professionnel garde d’ailleurs une image élitiste : 31 % y voient un luxe que peu d’entreprises offrent, 21 % un dispositif réservé aux dirigeants et cadres supérieurs, et 12 % le signe qu’on a « un problème à régler ». 29 % réclament au contraire qu’il devienne un droit accessible à tous les salariés.
L’IA en tête des paris pour 2030
Interrogés sur ce qui leur permettra de rester employables dans 5 ans, 28 % des salariés citent d’abord la maîtrise de l’intelligence artificielle et des nouveaux outils, loin devant la formation continue (18 %) et les compétences relationnelles (17 %). 10 % misent sur la continuité de leur savoir-faire actuel, 8 % sur le changement régulier d’entreprise.
Un chiffre retient l’attention : 19 % des actifs avouent ne pas savoir de quoi demain sera fait, et s’en inquiètent. Raphaël Maisonnier, dirigeant du cabinet à l’origine de l’enquête, y voit des salariés « seuls, silencieux et sans repères » face à l’exigence de transformation.
Le paradoxe est là : jamais la pression à évoluer n’a semblé aussi forte — et jamais les moyens concrets d’y répondre, temps, accompagnement, visibilité, n’ont paru aussi minces aux intéressés. L’enquête a été réalisée selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région), avec contrôles qualité sur l’unicité et la cohérence des réponses.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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