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De la viande de bœuf malade tout droit venu de Pologne. C’est le nouveau scandale sanitaire qui pourrait agiter l’Union Européenne. Outre le problème de santé publique, c’est tout le fonctionnement du marché européen qui montre ses limites. Le ministère français de l’Agriculture a saisi les autorités européennes.
Une vidéo tournée en Pologne, dans la région de Varsovie, par un journaliste, à l’insu d’un abattoir… une vidéo faisant état non seulement d’une certaine forme de maltraitance animale mais aussi de graves dangers sanitaires pour le consommateur.
Voir la vidéo ci-dessous :
Sur les images filmées par Patryk Szczepaniak, puis diffusées sur la chaîne de télévision polonaise TVN 24, on peut voir des vaches à l’agonie, très probablement les pattes cassées, être abattues puis débitées pour leur viande.
Les animaux sont tués de nuit, clandestinement et sans contrôle vétérinaire… les images posent d’autant plus problème que l’on y voit distinctement du personnel découpé des bouts de viande infectés, des plaies de pression et des tumeurs.
Il n’est pas inutile de préciser que les bêtes en question sont des vaches laitières. Elles ne sont en principe pas vouées à produire de la viande, mais mises à contribution pour des mises bas et des lactations.
Plus rentable de tuer ses vaches que de les euthanasier
Une autre face du problème de l’abattage industriel est soulevée ici : il est en effet plus rentable pour l’éleveur de vendre ses vaches que de les euthanasier. Dans le premier cas il dépense de l’argent, dans le second il en gagne. Le choix est donc vite fait. Un état de fait qui explique qu’en France 35 % des bovins abattus sont des vaches laitières…
Cet abattoir observé ne respecte pas la réglementation européenne qui exige normalement que les vétérinaires soient présents, avant, pendant et après la mise à mort… l’abattoir en question n’a fait venir le spécialiste que le matin, brièvement de passage pour abattre quelques tâches administratives et regarder la tête de quelques vaches.
Ces vaches, infectées, reçoivent donc une certification et sont distribuées en toute légalité auprès des sous-traitants et donc in fine auprès des consommateurs.
La chaîne polonaise TVN 24 indique dans ce reportage que ce type de pratique est courante dans le pays. Une pratique qui s’explique par un gain bien supérieur avec une production basée sur de la viande malade. Achetée beaucoup moins cher, celle-ci permet de dégager une marge sept fois supérieure à celle engendrée par une viande saine.
Loin de se limiter au pays producteur, ce scandale de la viande polonaise pourrait éclabousser toute l’Europe. En effet, la Pologne exporte près de 80 % de sa production de viande de bœuf : en 2017 on parle de plus de 400 millions de kilos de viande pour plus de d’un milliard et demi de dollars.
Une question à présent : où se trouve la viande que vous avez pu apercevoir sur les images du journaliste Patryk Szczepaniak ? La réponse est simple : dans vos assiettes ! En effet si vous êtes consommateur de produits préparés ou de steaks hachés, vous avez probablement ingéré de cette viande.
Reste désormais pour les autorités à établir si oui ou non, la viande en question a quitté la Pologne. Si oui, on pourrait assister à un scandale sanitaire, si non, le problème sera glissé sous le tapis ce qui n’empêchera pas les consommateurs de s’intoxiquer.
Plus généralement ce type de problème sanitaire montre les limites du marché commun européen. Un marché qui ne permet pas la traçabilité des produits et qui ne s’inscrit pas du tout dans une perspective écologique ni économique viable. En effet acheminer de la viande à travers le continent ne répond à aucune logique de proximité et d’autonomie des territoires.
Les niveaux de développement des différents Etats membres étant très inégaux et le respect des normes sanitaires y étant tout autant à géométrie variable, le grand marché communautaire peut à tout moment être à l’origine d’un scandale commercial ou sanitaire. Dans le meilleur des cas vous aurez une affaire du type Spanghero à savoir des lasagnes au bœuf contenant du cheval… dans le pire des cas vous aurez des épidémies graves.
Crédit photos : DR
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