Les autorités politiques et judiciaires continuent de faire comme si de rien n’était. Mais les nantais ne sont pas dupes : la ville de Nantes est de plus en plus gangrenée par l’insécurité, de jour comme de nuit. Les vols à l’arraché, agressions en réunion, à la roulotte, avec violence, agressions sexuelles… se multiplient y compris en plein jour, profitant du laxisme judiciaire et politique. Les règlements de comptes liés à la drogue aussi, participant à la « dérive marseillaise » de Nantes. Nous publions une carte des zones qu’il faut éviter, le jour ou la nuit.

Nous avons classé les quartiers à éviter en quatre niveaux. Premier, en rouge, les quartiers dits « sensibles », tout autour de Nantes : Ferrière-Plaisance (Orvault), Sillon de Bretagne (Saint-Herblain), le Breil-Malville, Dervallières, Bellevue (sans les Bourderies et Crémetterie, plus calmes, mais avec les deux parties du grand Bellevue sur Nantes et Saint-Herblain), Château de Rezé (Rezé), Clos Toreau, à l’entrée sud de Nantes, Beaulieu, Malakoff, Bottière-Pin Sec, et enfin les quartiers Nord (Boissière, Bouts des Landes, Bouts des Pavés, Chêne des Anglais).

Outre des fusillades incessantes entre gangs de quartiers qui se produisent maintenant fréquemment de jour, ainsi qu’en fin de soirée ou dans la nuit, ces quartiers recensent des faits de deal de rue – un hall de HLM sur 10 est concerné à divers titres à Nantes – mais aussi différents cas de vols, home-jacking, agressions, rodéos… dans les quartiers sensibles ou leurs abords immédiats, constitués souvent de lotissements ou de logements en accession.

Pour des raisons de lisibilité, nous n’avons pas ajouté à ces zones où il est plutôt bon d’éviter de se promener de jour diverses zones industrielles glauques dès la journée active terminée (chantier du CHU, quai Wilson, ex-site du MIN, boulevard Benoni-Goullin sur l’île de Nantes, rue des Usines à Chantenay, abords des ex-abattoirs de Rezé, abords du dépôt ferroviaire du Grand Blottereau à Doulon…) et les emplacements de la trentaine de camps de bidonvilles situés tout autour de Nantes, et dont les emplacements changent au gré des expulsions.

Dès le soir venu…

Ensuite, en orange, les lieux qui deviennent dangereux à la tombée de la nuit – voire plus tôt, vers 18-20h, en été. On y trouve notamment les abords du squat de migrants du gymnase Beauséjour à Saint-Herblain – les riverains abandonnés par les pouvoirs publics dénoncent nombre d’agressions, bagarres, intimidations – ceux du squat de migrants situé en bas de la rue Fontaine des Baronnies à Chantenay, plusieurs squares mal fréquentés le soir dont celui de l’Amiral Halgand juste sous les fenêtres de Johanna Rolland (qui a cependant été réaménagé par la mairie de Nantes suite à notre article et à de nombreuses plaintes de riverains).

Mais encore la rue de la Petite Biesse et la place Wattignies transformés en supermarché de la drogue par des dealers clandestins maghrébins, l’allée du Bourg-Fumé près de la Manufacture, véritable guet-apens à ciel ouvert, même si l’éclairage a été amélioré après un cas de viol sur voie publique, le parc de la Moutonnerie (surtout la partie la plus proche des rails), le carré Feydeau – et évidemment le cœur de la ville, de la place Gloriette à la place du Commerce en passant par le square Feydeau. Dealers clandestins maghrébins soi-disant « mineurs isolés » y font régner une ambiance très glauque, entre deal, filles sifflées voire agressées, vols de portable, nombreux vols à la roulotte, agressions… et ce dans le plus grand laisser-aller de la part des autorités judiciaires et politiques.

La nuit, les nantais face à la délinquance sont entre le marteau et l’enclume

Plus tard dans la nuit, à partir de deux heures du matin, une grande partie du centre-ville nantais est concernée par la délinquance : des bandes de délinquants, souvent clandestins, maghrébins ou africains et très défavorablement connus, organisés en réseaux pour revendre au pays les objets volés, protégés par le laxisme judiciaire et des lois passoires, écument le centre-ville : vols en réunion et avec violence, vols simples, deal, agressions sexuelles, viols de rue sont légion dans tout le Bouffay, aux abords de Commerce jusqu’à Chantiers Navals, et sur un axe nord-sud de la place de l’Écluse à Aimé-Delrue, suivant le faubourg de la Madeleine et les ruelles entre celui-ci et la rue des Olivettes.

Plus au sud, viols de rue, vols et agressions de fêtards se sont multipliés sur l’île de Nantes, de Vincent-Gâche au Hangar à Bananes en passant par les abords de la place Wattignies. Les agresseurs sont souvent les mêmes, les victimes aussi : des fêtards ou des femmes, jeunes et moins jeunes, principalement blancs. Les délinquants, souvent porteurs d’armes blanches, agissent par petits groupes communautaires. Ils n’hésitent pas à être très violents pour arriver à leurs fins.

Sur la carte, le cœur de Nantes et l’hôpital semblent pris entre le marteau de la délinquance en centre-ville et l’enclume de celle de l’ile de Nantes, dont les rues sans activité le soir et les nombreux chantiers sont le refuge des délinquants.

« L’ile de Nantes, surtout la Prairie au Duc, est un véritable raté urbanistique », commente un architecte et urbaniste nantais. « La nuit, c’est mort, ce qui favorise les délinquants – il n’y a pas de refuge possible pour les victimes, il y a des chantiers et des ruelles partout, avec des palissades de chantier et des matériaux qui traînent, et on a commencé à penser les espaces publics bien après avoir érigé des cages à poules hors de prix pour bobos et décuplé la population du quartier. Il n’y a pas beaucoup de quartiers neufs en France dont la conception a été tellement ratée. De plus, certains endroits sont devenus des paradis pour les délinquants, comme le parvis des Nefs avec son grand espace vide et ses buissons touffus ».

A la tombée de la nuit, la rue de Richebourg et ses ruelles au nord de la gare deviennent aussi dangereuses, ainsi que les rues Caillaud et d’Allonville qui connaissent de nombreux vols roulotte et des agressions. « Le fait que des migrants sont logés aux frais du contribuable dans des logements rue d’Allonville et des hôtels rue de Richebourg n’a évidemment rien à voir », ironise un policier nantais. Les riverains de la Manufacture – c’est pourtant un site municipal qui abrite notamment les locaux de la Police Municipale – dénoncent aussi squats, gens louches qui traînent, vols et squats dans le dédale des cours et arcades de la Manufacture. Plus à l’est, l’entrée nord du quartier Malakoff est aussi à éviter.

Fin de nuit : les fêtards attendus de pied ferme par les délinquants

En fin de nuit, les fêtards du Hangar à Bananes sont attendus de pied ferme, après 3h30 du matin, par les délinquants, souvent nord-africains, africains ou encore issus des banlieues « sensibles » nantaises. Dans l’ombre aux abords du Hangar, déjà. D’autres se planquent sur le parvis des nefs et dans les buissons disséminés aux abords – ils visent les groupes alcoolisés ou les personnes isolées. Qui restent vulnérables sur le quai de la Fosse au débouché du pont Anne de Bretagne, jusqu’à Commerce.

A quatre heures du matin encore, « impossible de ne pas se faire alpaguer en sortant du Petit Marais », s’exclame un habitué du bar de nuit situé à l’intersection des rues Kervégan et Du Guesclin où les agressions de fêtards sont nombreuses. « Ce sont toujours des maghrébins, ce sont toujours les mêmes, et même quand ils sont arrêtés en flagrant délit par la police, ils sont relâchés et le lendemain ils sont là, même lieu, même heure. Dépouiller les fêtards, c’est leur travail ». A cette heure-ci, les fêtards sont aussi attendus de pied ferme par les délinquants entre la rue de Strasbourg et la gare nord, ainsi qu’aux abords du Pont de Tbilissi qui relie la Cité des Congrès à Malakoff et à la gare sud.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : le hangar à bananes, DR
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