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08/09/2017 – 08h00 Nantes (Breizh-Info.com) – Depuis plusieurs années la zone de non-droit autour de la place du Commerce – vente de drogue, vols à l’arraché etc. – ne cesse de s’étendre, au grand dam des nantais et des travailleurs de la SEMITAN. Suite à un nouveau mouvement des agents cet été pour dénoncer la situation – et pis, l’inaction des pouvoirs publics depuis tant de mois – des renforts policiers ont été déployés en urgence. Jusqu’à samedi, 34 CRS patrouillent le long de la ligne de tram et aux abords. Un effet visible immédiatement, mais jusqu’à quand ?
« Nous, on est bien contents d’être ici, c’est une mission de voie publique, et c’est surtout bien plus valorisant que Calais », nous confient des CRS venus de Bergerac. « Il y a des gens qui viennent nous voir et nous remercient d’être là, on fait des contrôles dans les rues piétonnières voisines, dans le tram et aux abords. On a le sentiment d’être utiles ». En revanche, il y a peu d’arrestations : « quand ils nous voient, les délinquants vont ailleurs. Et quand on en chope, bon, le gars, il va avoir une barrette sur lui, peut-être deux, ce sont des petites quantités, la justice ne suit pas derrière ».
Effectivement, lorsque les CRS sont là, garés bien alignés derrière la station Commerce (ligne 1), la place n’est pas comme d’habitude. Il n’y a plus de dealers, de jeunes oisifs qui sifflent les filles ou qui essaient de voler les portables dès la fin de l’après-midi. Un sentiment de sécurité règne, un peu inusité ici. Mais à certaines heures seulement « Nous sommes là essentiellement pour sécuriser les gens aux heures où ils vont travailler ou quand ils en reviennent ». Le deal bat son plein quand la nuit revient – et à quatre heures du matin, à part quelques taxis en attente, la place appartient aux dealers.
Alors, opération de communication ou réel progrès contre l’insécurité en ville ? « Un peu des deux », soupire un policier nantais. « Oui, ça nous intéresse parce qu’on peut faire autre chose pendant ce temps là, et il y a clairement moins de problèmes à Commerce depuis quelques jours. En même temps, ce n’est pas du tout, du tout une mission pour les CRS. Mais ils n’ont rien à faire sur les plages non plus, ni à Calais. On a un peu le sentiment que les CRS sont utilisés comme des bouche-trous par le pouvoir, plutôt que d’embaucher des policiers là où il y en a besoin ».
Autre reproche qui émerge, le caractère éphémère du déploiement des CRS. « C’est de la com’ et en plus ils prennent les gens pour des cons », se récrimine un commerçant du secteur. « Tout ça, c’est vraiment la façon dont la mairie de Nantes « règle » les problèmes. De la poudre aux yeux, et derrière la façade ça continue à se casser la gueule. C’est évident que trente CRS ne règleront pas le problème. Puis les dealers, ils n’en ont rien à fiche, pas plus que ceux qui leur achètent la came. Le deal se déplace », et effectivement, rue Kervégan, square Daviais ou encore autour du Bouffay, le deal bat son plein même en journée, selon la loi de l’offre et de la demande. Tandis que sur la place du Commerce, les dealers reviennent quand les CRS sont partis.
« Quant aux vols avec violence, maintenant ils se déplacent dans tout le centre-ville, ils vont au Hangar à Bananes, ils suivent les fêtards bourrés la nuit ou le week-end, les CRS ne servent à rien et la police arrive toujours en retard » constate ce serveur dans un établissement du centre-ville.
Très récemment encore, un homme a été agressé avec une grande violence dans la rue Guépin, entre la place du Commerce et la Tour de Bretagne. « C’est plus que probable que ça soit le fait des dealers de Commerce, qui ne font pas que vendre de la came coupée avec de la lessive ou du lait en poudre », poursuit le serveur. « CRS ou pas, ils ne sont pas près d’être au chômage. Tant que les juges seront assez cons pour ne pas les expulser, qu’il y aura des idiots pour leur acheter du shit qui mérite vraiment son nom tellement qu’il est nase et qu’il y aura des fêtards à détrousser, ils resteront ici. C’est cocagne pour eux ».
Si le déploiement des CRS est tout de même reconnu comme « utile » par bien des usagers de la place du Commerce, beaucoup aimeraient que « l’ordre revienne enfin dans le centre-ville. Et pour cela, il faut avant tout une volonté politique de faire respecter la loi ». Les syndicats de la TAN ne demandent pas autre chose quand ils réclament à cor et à cris des caméras, de l’éclairage et des policiers à Commerce. Ce n’est pas le tout de chasser les délinquants quelques jours, faut-il encore faire cesser les trafics, les agressions et les vols qui sont monnaie courante dans le centre-ville. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le pouvoir socialiste à Nantes ne veut pas en entendre parler.
Louis Moulin
Crédit photos : DR
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Une réponse à “Nantes. La délinquance s’efface à Commerce, mais seulement quand les CRS sont là”
[…] que les Nantais. Envoyer 34 CRS pour sécuriser la place du Commerce pendant une semaine, ça fait une belle com’ mais aucun effet durable sur la baisse de la délinquance. C’est ainsi que 60 CRS seront détachés sans limite de durée pour sécuriser le […]