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Souvenez-vous, c’était le 11 août 2020. Alors que Vladimir Poutine annonçait officiellement la mise au point par la Russie d’un vaccin « tout à fait efficace » contre le Covid, baptisé Spoutnik V, le président russe suscitait, au mieux, le scepticisme des responsables de l’UE, au pire, leurs moqueries. Or, six mois plus tard, et l’Europe de Bruxelles ayant une fois de plus démontré sa nullité crasse, voilà maintenant que ses représentants viennent piteusement toquer à la porte du Kremlin !
Un fiasco de plus pour l’UE
A l’époque, le fonds russe à l’origine de ce vaccin de forme classique fut en effet accusé par les scientifiques de l’UE d’avoir brûlé des étapes et fait preuve d’une absence totale de transparence. Un reproche que, avouons-le, ils auraient tout aussi bien pu faire aux autres laboratoires, dont beaucoup sont, aujourd’hui encore, dans l’incapacité de garantir non seulement l’efficacité de leur produit mais aussi son absence d’effets secondaires. De sorte que, plus que scientifique, cette condamnation semblait surtout de nature politique et diplomatique. Quoi qu’il en soit, le temps a passé et, tandis que la Russie vaccinait dès décembre sa population et voyait son Spoutnik V adopté par un nombre croissant de pays (17 à ce jour), les responsables de l’UE se faisaient rouler dans la farine par les géants de l’industrie pharmaceutique, au point de voir leur campagne vaccinale aujourd’hui quasiment au point mort. Un véritable fiasco, qui a rapidement poussé la Hongrie à se faire livrer 40 000 doses de Spoutnik V, et convaincu plusieurs autres Etats membres d’entrer en contact avec la Russie. Or, curieusement, alors que nous assistions à ce début d’« implosion » de l’Union, The Lancet, la célèbre revue « scientifique » qui s’est discréditée en publiant en mai dernier une étude truquée sur l’inefficacité de l’hydroxychloroquine, rendait publique mardi les premiers résultats d’une enquête enregistrant une efficacité de 91,6 % de Spoutnik V contre les formes symptomatiques du coronavirus, et concluant qu’« un vaccin supplémentaire peut désormais rejoindre le combat pour réduire l’incidence du Covid-19 »…
Le pays de Pasteur humilié
Cette nouvelle, il faut bien le dire, tombe à point nommé, et a aussitôt permis à ceux qui avaient violemment rejeté le vaccin russe de revoir leur position. C’est ainsi que, mettant son mouchoir sur son fameux « respect des valeurs démocratiques », la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a effectué mardi un impressionnant rétropédalage en déclarant que « les producteurs russes comme chinois […] pourraient avoir une autorisation conditionnelle de mise sur le marché comme les autres ». Une position immédiatement reprise par Merkel, puis par Macron qui s’est dit mardi soir favorable à une homologation par l’UE du vaccin russe ainsi qu’à son utilisation en France. Mieux : lors de son intervention, le président français devait même confier avoir, « il y a plusieurs semaines » déjà, « pris l’initiative d’envoyer une mission scientifique en Russie »… Mercredi, c’était enfin au tour de Jean-Yves Le Drian de revenir à la charge sur Europe 1, en précisant cette fois, pour tenter de sauver quelque peu la face, que… « les vaccins n’ont pas de nationalité ». C’est que, derrière l’énorme humiliation aujourd’hui infligée par la Russie à l’UE, c’est la France qui est tout particulièrement ridiculisée : non seulement parce que son gouvernement a été parmi les plus prompts à dénoncer les dérives autoritaires du pouvoir russe, mais aussi parce qu’il semble aujourd’hui impensable que, dans cette course mondiale aux vaccins, le pays de Pasteur soit le seul des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas avoir réussi à créer son propre vaccin ! •
Franck Delétraz