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Que des agents des forces de l’ordre pilotés par la direction de l’Intérieur s’infiltrent dans les manifestations allant parfois jusqu’à provoquer des débordements, ce n’est un secret pour personne. Cela a été dénoncé en marge de certaines manifestations contre la loi travail, mais aussi lors de La Manif pour tous, ou au sein des cortèges des Gilets Jaunes.
Plusieurs fois, ils ont été filmés et signalés, sans que cela ne fasse vraiment la Une, ni qu’on n’ait jamais eu vent de drastiques conséquences. Une tactique du pouvoir bien rodée dont le but est de faire dégénérer une légitime contestation populaire en bagarre de rue, que les préfectures pourront par la suite interdire pour, nous dit-on, éviter les “troubles à l’ordre public”.
Les manifestations contre le passe sanitaire en Italie ne sont pas en reste. Sauf que, dommage, encore une fois, les télé-caméras des téléphones portables étaient au rendez-vous.
Ainsi, à Rome, le 9 octobre dernier, au moins 15 000 personnes s’étaient pacifiquement rassemblées Piazza del popolo pour dénoncer le caractère liberticide des restrictions sanitaires. Rappelons que le green pass y est obligatoire pour tous les travailleurs, du secteur public comme privé, sous peine de licenciement.
Aucun débordement n’était alors à déplorer quand, à la fin de la manifestation, une fourgonnette de la Polizia Nazionale qui passait au milieu des manifestants fut quelque peu malmenée par ces derniers, qui la firent tanguer comme un bateau en pleine tempête. Ce fut la première agitation de la journée. Rien de bien grave puisque le véhicule est parvenu à s’exfiltrer sans dommages.
Mais le hic, c’est la présence d’un policier en civil parmi les bousculeurs. Une présence dont le ministre de l’Intérieur, Mme Lamorgese, s’est expliqué au parlement. Puisque le ridicule ne tue pas, laissons-lui la parole : “en réalité, l’agent était en train de vérifier la force ondulatoire exercée sur le véhicule”. Magique. Inutile de préciser que la séance fut interrompue par les rires et les ires des autres parlementaires présents, et qu’elle est vite devenue virale sur les réseaux sociaux.
Cela serait resté une simple blague hilarante, si le même agent de police n’avait pas été repris quelques minutes plus tard en train de massacrer un manifestant à terre. Les images sont sans équivoque : on y voit un homme au sol entouré d’une quinzaine de policiers anti-émeutes bardés de casque et de matraque, ledit policier en civil au-dessus de lui, lui assénant une longue série de coups de poing au visage (que l’on entend clairement sur la vidéo) avant de le prendre à coup de pied au corps.
Si l’insidieux gardien de la paix (sic) a été mis à pied, on est en droit de se poser plusieurs questions : et s’il n’avait pas été repris par les caméras ? Combien d’entre eux doivent s’autoriser de tels méfaits ? Pourquoi les autres policiers ont attendu avant d’intervenir ?
Force est de constater, que État moderne reste bel est bien le seul détenteur de la violence légitime… et sournoise.
Audrey D’Aguanno
Crédit photo : DR
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