Arnaques à la romance. Des français toujours aussi naïfs face aux escrocs ?

Publicité

Censées être désormais connues du grand public, les arnaques à la romance continuent malgré tout de faire de nombreuses victimes en France. Entre crédulité, détresse affective et absence de scrupules des arnaqueurs, ces escroqueries peuvent parfois causer la perte de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Arnaques à la romance : une naïveté pouvant coûter très cher…

Dans une société marquée par l’isolement et la solitude d’une partie non négligeable de la population, les arnaques à la romance ne sont pas nouvelles en France. Et le phénomène n’est cependant pas limité à l’Hexagone : en 2020 aux États-Unis, en pleine pandémie de Covid-19 conduisant à affaiblir les liens sociaux, la Federal Trade Commission (Commission de la concurrence américaine) avait annoncé que les internautes américains victimes de ces arnaques avaient perdu au total un montant record de 304 millions de dollars. Une somme en hausse de 50 % par rapport à 2019 et représentant un montant de perte moyen de 2 500 dollars par victime.

Pour trouver de futures proies, les arnaqueurs, profitant de la détresse affective de ces dernières, sévissent sur les réseaux sociaux et les sites de rencontre. Deux supports sur lesquels se sont donc développées ces arnaques également appelées « escroqueries aux sentiments » et touchant des victimes de tout âge.

En règle générale, le procédé utilisé par les aigrefins est le suivant : après avoir tissé un lien de confiance avec sa victime via un échange de messages, l’escroc va solliciter de sa part une certaine somme d’argent sous un prétexte ou un autre, en promettant souvent un remboursement rapide. Remboursement qui n’aura bien évidemment jamais lieu malgré les sommes pouvant parfois atteindre plusieurs millions d’euros.

Publicité

Quelques signes pour identifier ces escroqueries aux sentiments

Toutefois, bien que les victimes de ces escroqueries soient nombreuses, il est cependant possible de les éviter en faisant preuve d’un minimum de prudence. Et de bon sens, aussi, disons-le…

À commencer par prendre le temps de vérifier le profil de la personne avec qui la discussion est engagée. Un prérequis puisque les escrocs utilisent toujours de fausses identités en ligne. Quelques astuces basiques permettent ainsi de déceler l’aigrefin. Par exemple, faire une recherche inversée avec la photo de profil sur Google images pour savoir si le cliché n’est pas associé à des identités ou à des détails ne correspondant pas au profil initial. Il est aussi recommandé de jeter un œil à la liste d’amis de l’interlocuteur si la discussion a lieu sur les réseaux sociaux ou encore de s’intéresser de plus près à l’emploi mentionné sur le profil.

Par ailleurs, solliciter un échange en visio permet également de dissiper certains doutes. Sans toutefois qu’il s’agisse d’un gage de confiance pour autant… Autre règle de conduite à tenir : ne jamais envoyer d’argent ni de cadeaux à une personne jamais rencontrée en réel, même si celle-ci vous a fait parvenir de l’argent auparavant. Une précaution qui paraît évidente mais que beaucoup de victimes de ces arnaques à la romance ont oublié.

Enfin, un regard extérieur de la part de la famille et des amis peut permettre d’apporter un peu de lucidité au jugement lorsqu’une idylle virtuelle débute.

Que faire en cas d’arnaques à la romance ?

Cependant, pour les malheureux n’ayant pas eu le temps de prendre connaissance de ces lignes et tombés dans le piège des arnaqueurs, le maître mot dans une telle situation est alors la réactivité.

Aussitôt qu’une victime réalise l’existence de cette arnaque, elle doit contacter sa banque et bloquer le transfert d’argent. Il peut arriver que certains établissements bancaires réclament une copie de la plainte déposée par la victime avant d’effectuer la démarche. Il est donc nécessaire de se rendre rapidement à la gendarmerie ou au commissariat le plus proche.

Autre alternative pour la victime, elle peut aussi adresser un courrier au procureur dans lequel elle indique qu’elle porte plainte pour des faits d’escroquerie. Enfin, le ministère de l’Intérieur a également mis en ligne la plateforme de signalement et de dépôt de plainte THESEE (traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries). L’outil permet ainsi de déposer plainte à distance, sans se rendre au commissariat et s’adresse aux victimes de six catégories d’e-escroqueries listées par le ministère de l’Intérieur : piratages de messagerie, chantages, rançongiciels, arnaques à la romance, petites annonces et sites de vente frauduleux.

Enfin, suite au dépôt de plainte, policiers ou gendarmes peuvent ouvrir une enquête pour tenter d’identifier l’escroc. Une entreprise qui a bien souvent des difficultés à aboutir lorsque les arnaqueurs ne sont pas sur le sol français, les autorités disposant de peu de moyens pour les interpeller. Sur le plan pénal, un individu reconnu coupable d’escroqueries encourt une peine de cinq ans de prison et une amende de 375 000 €. Une sanction insuffisamment dissuasive manifestement…

Crédit photo : Flickr (CC BY-NC-SA 2.0/Daniel Foster) (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

2 réponses à “Arnaques à la romance. Des français toujours aussi naïfs face aux escrocs ?”

  1. domper dit :

    C’est la vie ! Les moutons obéissent et se font tondre et les pigeons se font plumer !

  2. patphil dit :

    si des oies blanches sont naives à ce point, que faire d’autre que d’assumer, en politique comme en relations

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Nicolas Hulot

Environnement, Politique

On croyait que Nicolat Hulot faisait du surf à Saint-Lunaire…

Ensauvagement, Local, PLOËRMEL, RENNES

Iffendic (35) : un « groupe de vigilance » en projet face aux cambriolages

International

Daria, l’amie que la guerre m’a prise

poignant

Politique

Il ne faut pas compter sur Bernard Poignant pour défendre l’ « autonomie » de la Bretagne

E brezhoneg, Ensauvagement, Local, LORIENT, Société

Gwidel (Bro Gwened) : Tan ‘b’ar c’harrdi mes perak ?

Animaux

Pièges à colle : une pétition vise le GiFi de Trignac

Justice, Politique, Société

Quand les militants antiracistes se dévorent entre eux

E brezhoneg, Immigration, Sociétal, Société

Biarritz : reuz atao abalamour d’an anv karter « La Négresse »

retraites

A La Une, Economie

Retraités : l’État entrouvre enfin une porte fiscale, mais gare à ceux qui n’en possèdent pas la clé

Vie Pratique

Au-delà de la surveillance constante: cultiver le calme au quotidien dans l’éducation des enfants

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Sociétal

La double tenaille

Découvrir l'article

Sciences, Sociétal

Après le lecteur, l’homme qui interroge la machine : sommes-nous en train de changer de manière de penser ?

Découvrir l'article

Sociétal

Avant 2027, une étude rappelle les limites réelles des campagnes d’influence étrangères

Découvrir l'article

International

La « majorité épuisée » : l’Amérique que les médias ne montrent pas

Découvrir l'article

Sociétal

Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : c’est l’identité de tous les Français qui sera contrôlée. Qu’en pensent-ils ? [Vidéo]

Découvrir l'article

Sociétal, Tribune libre

« Ingérence informationnelle ». Laurent Nuñez a trouvé le coupable de Ceuta : c’est vous qui avez filmé et regardé le réel !

Découvrir l'article

Sociétal

GabMorrison condamné : chasse aux pédophiles ou vols et lynchages organisés ?

Découvrir l'article

A La Une, Politique

Arcom : 200 000 euros d’amende à CNews, ou comment installer la censure préventive

Découvrir l'article

Politique

Tanguy, Sautarel et la dette impayée du Rassemblement national

Découvrir l'article

International

« La Hongrie ressemble à la Grande-Bretagne de 1992 » — un chercheur britannique dresse le bilan de cinq années à Budapest

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.