Christophe Darmangeat, anthropologue matérialiste : « Non les Aborigènes australiens n’étaient pas des bons sauvages ! »

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 30 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

38 300 € réunis sur 60 000 € (64 %) — il manque encore 21 700 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 30 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

30 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information ASPA : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

Dans une brochure et deux conférences savoureuses disponibles sur internet (voir plus bas), Christophe Darmangeat, maître de conférences à l’Université Paris Cité, tord le cou à une certaine recherche institutionnelle dominante. Sous l’influence du décolonialisme et de la théorie du genre, celle-ci a trop tendance à repeindre en rose la vie des peuples premiers, préhistoriques et précoloniaux.

Darmangeat s’est spécialisé dans l’anthropologie des 250 peuples aborigènes installés en Australie depuis 50 000 ans. Mis en contact avec le reste du monde très tardivement, ils constituent une banque de données irremplaçable pour comprendre l’humanité primitive. De quoi reconsidérer l’origine de la guerre, du racisme et des inégalités homme-femme, ce que Darmangeat, marxiste mod kozh, fait avec une gouaille de titi parisien et sans craindre le politiquement correct.

Le chercheur a ainsi répertorié tous les affrontements collectifs connus entre Aborigènes, au cours des trois derniers siècles. Il montre que la violence était endémique jusqu’en 1950 et qu’une seule bataille pouvait causer plus d’une dizaine de morts – l’équivalent d’un Verdun dans le contexte du bush, ou pour reprendre la comparaison plus actuelle du conférencier, du « génocide en cours à Gaza ».

Les Aborigènes avaient développé des armes réservées à la guerre, comme les lances barbelées : impropres à la chasse, elles étaient conçues pour maximiser les blessures sur une anatomie humaine. Le commerce avec les Blancs a entraîné de nouveaux progrès dans cette gamme de lances, en remplaçant les multiples pointes de pierre par des tessons de bouteilles de whisky.

Le patriarcat blanc innocenté

Jusqu’à l’arrivée de la justice coloniale, il y avait toujours des comptes à régler dans le bush – des morts à venger, car toutes les morts, même de vieillesse, étaient attribuées aux ennemis ou à leur magie noire. Tous les étrangers à la tribu étaient ennemis et viscéralement détestés.

Le principal aliment de la guerre restait toutefois le sexe : dans les tribus, les femmes étaient monopolisées par des patriarches polygames et les jeunes étaient frustrés au point de d’aller capturer des proies dans les clans voisins.

Darmangeat n’hésite pas à qualifier de telles sociétés d’« Arabie saoudite de l‘âge de pierre », avec une « abominable sujétion des femmes australiennes, le plus souvent caractérisées comme des esclaves, au sens strict ou à peine figuré ». Il précise : « en Australie, le record homologué de polygamie est 29, dans des groupes qui font une cinquantaine de personnes (…) si une femme a le malheur de jeter un regard sur un objet sacré, c’était la mise à mort directe ou le viol (…) Les hommes peuvent répudier ou prêter leurs femmes à leurs potes, sans parler des violences quotidiennes qui étaient relativement admises ».

La religion servait à justifier cyniquement l’oppression : les mythes océaniens décrivent un matriarcat primitif qui aurait conduit au chaos et qui aurait été heureusement renversé par les hommes à l’aube de l’histoire. Cette mythologie anti-femme n’est pas spécifiquement aborigène. Elle se retrouve jusqu’en Amérique du sud et pourrait avoir été universelle : d’après Darmangeat, citant les travaux de Jean-Loïc Le Quellec, elle remonterait au moins à la sortie d’Afrique, il y a 60 000 ans.

Bref, la xénophobie, la guerre et l’oppression des femmes ne sont pas des inventions de l’homme blanc ni du capitalisme. On s’en serait un peu douté, mais c’est maintenant homologué par un universitaire ultra-gauche.

Enora

Sources

« Violence et guerre dans les sociétés sans Etat », conférence de Christophe Darmangeat à l’université d’été du NPA-Révolutionnaires

« L’oppression des femmes dans les sociétés sans Etat » , 2ème conférence, même lieu

Site « la Hutte des classes », où se trouve la brochure

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

3 réponses à “Christophe Darmangeat, anthropologue matérialiste : « Non les Aborigènes australiens n’étaient pas des bons sauvages ! »”

  1. brasileiro dit :

    Excellent article merci ! Et Darmangeat est sponsorisé par le NPA (je ne savais même pas qu’ils existaient encore).

  2. sympathisant44 dit :

    Oui, « On s’en serait un peu douté » !

  3. Francis Hoez dit :

    Les Kanaks de Nouvelle-Calédonie étaient anthropophages jusqu’à l’arrivée des Français en 1853. Eux aussi de gentils sauvages !!!!!!

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

International

Midterms 2026 aux USA : une raclée républicaine qui ne fait pas pour autant des démocrates un parti aimé

Sport

Route du Rhum : chavirage de Matthieu Perraut, Corentin Horeau s’envole en IMOCA

Cyclisme, Sport

Giro 2027 : Mortirolo, Gavia, Zoncolan, un Tour d’Italie taillé pour les grimpeurs

International

Midterms 2026. Du Texas au Kansas, la claque de mi-mandat de Donald Trump

Culture, Culture & Patrimoine

L’Affaire Marie-Claire, Wild Horse Nine, Club Kid, Un bon patron, Godzilla Minus Zero, Ma toute petite école, Carlo Acutis, un saint pour notre temps, Silences, Kwibuka se souvenir : la sélection cinéma hebdo

International

Royaume-Uni : sous la pression de la gauche travailliste, Shabana Mahmood recule sur l’immigration

Culture, Culture & Patrimoine

Les soldats français dans le sillage de La Fayette : 150 destins bretons et français dans la guerre d’Amérique

A La Une, International

Alejandro Peña Esclusa : « Qu’un Lula l’emporte avec plus de 4 millions de voix est statistiquement impossible »

Education

Petits champions de la lecture : 207 classes bretonnes déjà inscrites

International

Royaume-Uni : Tommy Robinson condamné, la bête noire de l’establishment britannique de nouveau face à la prison

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Sociétal

Australie : dans le Queensland, 3 % des décès sont désormais des euthanasies ou des suicides assistés

Découvrir l'article

International

Australie-Occidentale : 541 morts par euthanasie en 1 an, et l’organe de contrôle veut assouplir encore la loi

Découvrir l'article

International

Tyrannie en Australie : un parti politique interdit pour ce qu’il pourrait dire, pas pour ce qu’il a fait

Découvrir l'article

Politique

Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : le contrôle d’identité généralisé passe sans opposition

Découvrir l'article

Football, Sport

Mondial 2026 : l’Argentine survit au Cap-Vert, la Colombie et l’Égypte complètent le tableau des huitièmes

Découvrir l'article

Football, Sport

Mondial 2026 — Groupe D : les États-Unis sous pression à domicile, la Turquie de retour après 24 ans d’absence

Découvrir l'article

International

L’Australie ferme massivement la porte aux étudiants indiens et népalais : le tournant migratoire de Canberra

Découvrir l'article

International

Australie : deux millions d’immigrés nets en six ans, l’addition migratoire du gouvernement travailliste

Découvrir l'article

International

L’Australie investit 74 M$ pour infiltrer chats privés et plateformes de jeu au nom de la « lutte contre l’extrémisme »

Découvrir l'article

Ensauvagement, Immigration, International, Religion

Djihadisme : l’État islamique appelle à frapper la Belgique

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.