Des détenus jugés dangereux pour la société pourraient être libérés dans le cadre du plan de libérations anticipées porté par Andy Burnham, alertent des députés et anciens ministres de la Justice britanniques. Le dispositif prévoit de créer de la place dans les prisons en supprimant une catégorie de peines à durée indéterminée, ce que ses opposants jugent susceptible de renvoyer dans la rue des criminels à haut risque.
Les gouvernements travaillistes comme conservateurs avaient jusqu’ici refusé d’abolir les peines dites IPP (imprisonment for public protection), en raison du risque jugé inacceptable de libérer des détenus potentiellement dangereux. Plus de 2 200 prisonniers restent actuellement incarcérés sous ce régime. Andy Burnham a néanmoins annoncé une législation visant à les supprimer avant la fin de la législature, ouvrant la voie à un réexamen des dossiers concernés pour décider d’une libération ou d’une peine alternative.
Une volte-face après l’affaire du PC Harper
Dans le même temps, tous les détenus condamnés pour homicide involontaire seront désormais exclus du dispositif de libération anticipée, un revirement majeur intervenu après la controverse suscitée par la possible libération de deux des meurtriers du policier Andrew Harper. The Telegraph avait révélé en juillet qu’Albert Bowers et Jessie Cole, condamnés en 2020 à 13 ans de prison pour cet homicide, figuraient parmi les 6 000 détenus éligibles à une libération à mi-peine.
Andy Burnham a également exclu du dispositif les personnes condamnées pour homicide routier, agression sexuelle et fait d’avoir causé ou permis la mort d’un enfant, soit environ 500 détenus supplémentaires qui resteront incarcérés, en plus des 1 000 violeurs, agresseurs et prédateurs d’enfants déjà exemptés. Ces exclusions créent un déficit de 1 500 places par rapport au plan initial de libération de 6 000 détenus prévu à partir d’octobre.
Un manque de places critique
Le Premier ministre entend combler ce déficit en expulsant davantage de détenus étrangers, en créant de nouvelles cellules et en supprimant les peines IPP. Les prisons pour hommes ne disposent actuellement que d’environ 1 600 places libres, pour un taux d’occupation de 98%.
Le Premier ministre a reconnu qu’aucun de ces choix n’était facile, les personnes condamnées à des peines IPP ayant bien causé un préjudice réel, tout en estimant absurde que des détenus ayant largement purgé leur peine restent incarcérés pendant que d’autres, condamnés pour des crimes très graves, sont libérés par anticipation.
Des avis divergents sur le risque
Marc Conway, ancien détenu sous régime IPP devenu porte-parole du groupe militant Ungripp, a salué une première étape essentielle vers la réparation. Mais Sir David Gauke, ancien ministre conservateur de la Justice et architecte du dispositif de libération anticipée sous le gouvernement travailliste, a averti que libérer des détenus IPP pourrait s’avérer plus risqué encore que de libérer des meurtriers ou des violeurs par anticipation, la grande majorité des personnes condamnées à ce type de peine l’ayant été pour des infractions violentes ou sexuelles et ayant été évaluées à plusieurs reprises comme présentant un risque élevé.
Le ministère de la Justice travailliste avait lui-même, en janvier, mis en garde contre le risque inacceptable pour les victimes et le public que constituerait l’abolition rétroactive des peines IPP, un dispositif introduit en 2005 pour des délinquants jugés dangereux mais dont les crimes ne justifiaient pas une peine à perpétuité. Les peines IPP avaient été abolies en 2012, sans effet rétroactif, laissant des milliers de détenus incarcérés sans durée déterminée. Sur les 2 271 encore emprisonnés, 1 415 ont été rappelés en détention après avoir récidivé ou enfreint leur libération conditionnelle, et 856 ont été jugés trop dangereux par la commission des libérations conditionnelles pour être libérés.
Inquiétudes des forces de l’ordre
Alex Chalk, ancien ministre conservateur de la Justice, a estimé que cette recherche de places supplémentaires par la suppression des peines IPP ne fonctionnerait pas, ces détenus étant selon lui susceptibles de récidiver rapidement. Les chefs de la police ont pour leur part averti que la libération anticipée de milliers de détenus à partir d’octobre entraînerait une hausse de la criminalité, tout en détournant des effectifs vers la surveillance des personnes libérées plutôt que vers les enquêtes en cours.
Jason Hogg, chef de la police du Thames Valley, la force à laquelle appartenait le PC Harper, a salué l’exclusion du meurtrier de son collègue tout en soulignant que le coût supplémentaire de ces libérations anticipées pour les forces de police était estimé à 480 millions de livres selon le Conseil national des chefs de police. Il a rappelé qu’environ un tiers des adultes libérés récidivaient dans l’année, un taux montant à près de 50% pour les peines de 12 mois ou moins, dans un système judiciaire qu’il a qualifié de crise en raison des délais de jugement, des affaires normalement traitées en quelques semaines pouvant désormais prendre jusqu’à un an.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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