Santé. Derrière le sommeil, le risque : des somnifères à surveiller

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Utilisés pour faire face à l’insomnie ou à une période de stress aigu, les somnifères (également appelés hypnotiques) sont parmi les médicaments les plus prescrits en France. On y retrouve principalement les benzodiazépines et leurs apparentés, disponibles uniquement sur ordonnance, parfois sécurisée. Parmi eux figurent le zolpidem (Stilnox) ou la zopiclone (Imovane), à action rapide, ainsi que le lormétazépam ou le nitrazépam, à effet plus prolongé.

Depuis les recommandations européennes de fin 2023, ces traitements doivent être prescrits pour une durée maximale de 28 jours, à la plus faible dose efficace possible. Pris au-delà, leur efficacité diminue, et les effets secondaires augmentent : somnolence diurne, ralentissement cognitif, troubles de la mémoire ou chutes, en particulier chez les personnes âgées. Le comprimé doit être pris juste avant le coucher, jamais au milieu de la nuit, avec un délai de repos de 7 à 8 heures avant toute activité nécessitant de la vigilance.

Les autres somnifères disponibles incluent le daridorexant (Quvivid), autorisé depuis 2024, ainsi que certains antihistaminiques sédatifs (Donormyl, Théralène) ou antidépresseurs utilisés hors autorisation officielle. Tous peuvent induire fatigue, étourdissements, voire hallucinations. Leur usage combiné à l’alcool est fortement déconseillé en raison du risque de troubles du comportement.

Une efficacité réelle mais limitée

Les somnifères peuvent être envisagés dans deux situations : après l’échec d’une thérapie comportementale et cognitive (TCC) chez des personnes souffrant d’insomnie chronique (plus de trois épisodes par semaine depuis plus de trois mois), ou en cas de choc émotionnel aigu. Cependant, ils ne traitent pas la cause du trouble. En l’absence d’une prise en charge globale (hygiène de vie, traitement de pathologies associées type apnées du sommeil, douleurs chroniques, jambes sans repos), ils ne peuvent constituer qu’une solution ponctuelle.

Même lorsqu’ils agissent, le gain de sommeil est modeste, souvent d’une à deux heures, au prix d’une modification de la structure du sommeil : moins de sommeil lent profond, plus de sommeil paradoxal, ce qui peut nuire à la qualité réparatrice. Ces médicaments ne doivent donc jamais devenir un réflexe, ni être prolongés sans surveillance.

Glass of water and pills on table near bed in sunrays coming from window

Des risques à long terme à ne pas négliger

La consommation prolongée de somnifères peut entraîner une accoutumance (nécessité d’augmenter les doses), une dépendance psychique et des effets indésirables persistants. Toutefois, une étude danoise portant sur plus de 900 000 adultes entre 2000 et 2020 nuance le tableau : seuls 15 % ont poursuivi leur traitement au-delà d’un an, et 5 % plus de trois ans, sans signe d’escalade des doses.

Les autorités de santé s’accordent sur un point : le risque existe, mais il peut être évité par une prescription raisonnée, un sevrage progressif, et un usage strictement limité dans le temps. Dans tous les cas, l’objectif doit rester le retour à un sommeil naturel. Les somnifères, bien que parfois nécessaires, ne doivent jamais se substituer à une approche de fond.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Santé. Derrière le sommeil, le risque : des somnifères à surveiller”

  1. Annie dit :

    Les somnifères, bien que parfois nécessaires, ne doivent jamais se substituer à une approche de fond:
    Facile à dire…

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