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Depuis son élection en 2023, Javier Milei s’était imposé comme le premier président « libertaire » de l’histoire, promettant la dollarisation, la suppression de la Banque centrale et une cure radicale d’austérité. Sa victoire avait symbolisé l’effondrement des partis traditionnels incapables de sortir l’Argentine de décennies de crise. Mais deux ans plus tard, l’équipe économique traverse ses pires jours.
Malgré un excédent budgétaire primaire et une balance commerciale favorable, le pays souffre d’un paradoxe : les investissements étrangers fuient, le risque pays grimpe, et les taux d’intérêt dépassent deux fois l’inflation. Des mesures brutales – gel des transferts aux provinces, arrêt des travaux publics, dévaluations successives – ont d’abord permis de stabiliser la situation en 2024. Mais en 2025, l’économie s’étouffe : perte de compétitivité, inflation persistante, fuite des capitaux et importation de viande brésilienne, symptôme d’un pays devenu trop cher pour lui-même.
De l’icône de la tronçonneuse au pragmatisme interventionniste
La popularité de Milei reposait sur une communication offensive, mêlant références à Bastiat, Hayek ou Mises, insultes aux adversaires et promesse d’un « grand soir » libéral. Mais une fois au pouvoir, l’idéologue a dû se muer en pragmatique. Ses ministres, notamment Luis Caputo, ont opté pour une gestion interventionniste : dévaluations progressives, contrôle du change, hausse vertigineuse des taux d’intérêt. Résultat : spéculation financière massive, érosion du pouvoir d’achat, et départ de milliers de fonctionnaires et militaires.
À l’approche des élections de mi-mandat d’octobre 2025, le gouvernement tente de gagner du temps en manipulant les taux et en intervenant sur le marché à terme, au prix de pertes colossales pour la Banque centrale.
Dans ce climat d’incertitude, le péronisme, donné moribond, retrouve un espace politique. Pour Pedro Gómez, auteur d’une étude intitulée Comment gagner les prochaines élections, l’Argentine illustre le « pendule politique » : chaque crise voit surgir un leader messianique, avant de plonger la nation dans une nouvelle désillusion. Le problème, écrit-il, n’est pas seulement budgétaire mais institutionnel : un système monétaire instable et un appareil réglementaire trop rigide, incapable de suivre le rythme de l’économie
Andreas Wassermann, observateur basé à Madrid, pose la question crue : « Est-il raisonnable que quelques hommes utilisent une nation entière comme un gigantesque laboratoire social ? » Pour lui, la démocratie telle qu’elle fonctionne en Argentine – mais aussi ailleurs – permet à des élites de commettre des erreurs majeures dont pâtissent des millions de citoyens.
Les pistes évoquées par Gómez – concurrence réglementaire, discipline monétaire, règles budgétaires strictes, simplification fiscale – visent à sortir du cercle vicieux. Mais au-delà des solutions techniques, le constat est brutal : sans réforme structurelle, l’Argentine continuera de rejouer la même tragédie démocratique, entre illusions libérales, résurgences péronistes et effondrement économique.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article relu et corrigé par ChatGPT. Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
3 réponses à “Argentine : Milei face au retour de la désillusion démocratique”
l’extrême gauche sera toujours présente en Argentine avec le péronisme depuis 1946, cette castre fera tout pour rester en vie ! mort pour les autres !
Ce type est un bouffon, la caricature même du populiste macho.
il semble gagner son pari