Les chiffres sont sortis. L’Insee vient de publier son bilan annuel de la conjoncture bretonne pour 2025, et le tableau est nuancé : l’activité économique recule, mais la région fait mieux que la moyenne nationale sur plusieurs indicateurs clés — emploi, industrie, agriculture. Un signal de résilience dans un contexte national et international dégradé.
L’activité baisse, moins vite qu’en France
Mesurée par le nombre d’heures rémunérées, l’activité économique bretonne a reculé de 0,3 % en 2025, après une hausse de 0,6 % en 2024. Ce repli fait suite à deux années de croissance modeste et s’inscrit dans un mouvement général : la France entière recule de 0,5 % sur le même indicateur. La Bretagne s’en sort donc relativement mieux, dans un contexte marqué par l’instabilité politique nationale et les turbulences internationales.
À l’échelle française, la croissance du PIB s’établit à +0,9 % en 2025 — quasi identique à 2024 (+1,1 %) — mais ce léger dynamisme ne s’est pas traduit dans l’emploi. En France hors Mayotte, l’emploi salarié a diminué de 0,2 %, dont 44 000 postes d’alternants supprimés représentant à eux seuls les trois quarts de la baisse. Le taux de chômage national a atteint 7,9 % en fin d’année, son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021.
L’emploi : quasi stable, et Bretagne administrative dans le peloton de tête
Fin décembre 2025, la Bretagne comptait 1 326 700 emplois salariés, soit une progression de 1 400 postes (+0,1 %) par rapport à fin 2024. Un résultat modeste en valeur absolue, mais significatif en comparaison : la région se positionne au 4e rang national en termes de croissance de l’emploi, derrière la Guyane, La Réunion et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
À l’échelle départementale, c’est le Morbihan (+0,3 %) et l’Ille-et-Vilaine (+0,2 %) qui tirent la dynamique. Les Côtes-d’Armor (+0,1 %) sont quasi stables, tandis que le Finistère affiche un léger recul (-0,1 %).
Agroalimentaire et agriculture : les piliers bretons tiennent
L’industrie bretonne fait mieux que la moyenne nationale en 2025 : l’emploi salarié industriel progresse de +0,2 % dans la région, alors qu’il recule en France. Le moteur est clairement l’agroalimentaire, qui représente plus de 40 % des emplois industriels bretons et affiche une progression de +1,2 % — un secteur qui incarne la vocation structurelle de la région et confirme sa solidité.
L’agriculture enregistre quant à elle la plus forte progression toutes catégories confondues : +2,5 % en Bretagne, contre seulement +0,5 % au niveau national. Un rebond notable qui tranche avec les difficultés du secteur ces dernières années.
La construction retrouve une quasi-stabilité (+0,1 %), après avoir reculé de 0,9 % en 2024 — une amélioration notable alors que le secteur continue de perdre du terrain au niveau national (-1,2 %).
L’emploi intérimaire reste en recul, même si le mouvement ralentit : -2,7 % en 2025, après -4,8 % en 2024. Fin décembre, la région comptait 41 000 intérimaires, soit 1 100 de moins qu’un an auparavant. Le Finistère et le Morbihan concentrent plus des deux tiers des suppressions. La baisse touche particulièrement le commerce et la construction, ainsi que l’agroalimentaire — tandis que l’industrie hors IAA voit ses effectifs intérimaires progresser.
Créations d’entreprises : un record historique, mais les défaillances augmentent aussi
C’est le chiffre le plus marquant du bilan : 43 200 entreprises ont été créées en Bretagne en 2025, soit 1 500 de plus qu’en 2024 et un niveau record depuis le début du XXIe siècle. La hausse de 3,7 % concerne l’ensemble des départements, à l’exception des Côtes-d’Armor où les immatriculations sont en léger recul.
Les micro-entrepreneurs représentent près des deux tiers de ces créations (26 800 unités, +5,6 %), suivis par les sociétés (10 800, +4,3 %). Le commerce, le transport, l’hébergement-restauration et les services aux entreprises tirent cette dynamique. En revanche, la construction et l’industrie enregistrent des baisses des créations, plus marquées en Bretagne qu’au niveau national.
L’autre face de la médaille : les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter, même si le rythme ralentit sensiblement. En 2025, 2 600 défaillances ont été enregistrées en Bretagne, soit +3,0 % — bien en deçà du bond de +16,6 % de 2024. La hausse est généralisée à tous les secteurs sauf l’industrie et la construction.
Ce que ces chiffres disent de la Bretagne
Dans un contexte national morose, la Bretagne confirme sa réputation de région économiquement résiliente. Son tissu industriel ancré dans l’agroalimentaire, son agriculture qui rebondit, sa capacité à créer des entreprises à un rythme historique — ce sont des signaux structurels positifs que les turbulences conjoncturelles n’ont pas effacés.
Les points de vigilance restent l’emploi intérimaire — baromètre sensible de la confiance des entreprises — et la hausse persistante des défaillances, même atténuée. La Bretagne résiste. Elle n’est pas à l’abri.
Zoom sur le 4e trimestre 2025 : la Bretagne championne de l’emploi, mais le logement neuf s’inquiète
Le taux de chômage le plus bas de France. C’est le chiffre fort du dernier trimestre 2025 en Bretagne : 6,4 % de la population active, soit 1,5 point de moins que la moyenne nationale (7,9 %). La région redevient la championne française sur cet indicateur, devançant de justesse les Pays de la Loire (6,5 %). Dans le détail, c’est le Morbihan qui affiche le taux le plus bas (6,0 %), tandis que le Finistère reste le plus élevé de la région (6,7 %). La palme revient à la zone d’emploi de Vitré, avec seulement 4,2 % de chômage — l’une des trois plus faibles de toute la France.
Le logement neuf en difficulté. C’est le signal préoccupant du trimestre. Les mises en chantier de logements neufs reculent de 1,9 % en Bretagne entre octobre et décembre 2025, portées vers le bas par une forte baisse des logements collectifs et en résidence (-11,6 %). Seule la construction individuelle résiste, en hausse de +13,8 %. Les permis de construire racontent la même histoire : -6,6 % sur le trimestre, avec une chute marquée des autorisations pour le collectif (-13,4 %). Au total, 7 000 logements ont été autorisés à la construction en Bretagne sur le trimestre, soit 500 de moins qu’au trimestre précédent. Un signal d’alerte pour les mois à venir, dans une région où la tension sur le marché du logement est déjà sensible.
Et 2026 ? L’horizon proche est incertain. L’INSEE anticipe une inflation ravivée — autour de 2 % au printemps 2026 — sous l’effet de la flambée des cours des hydrocarbures liée aux tensions au Moyen-Orient. La croissance française devrait se maintenir timidement (+0,2 % par trimestre au premier semestre), mais le marché du travail national continuera de se dégrader, avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 8,1 % à mi-2026 au niveau national. La Bretagne, structurellement mieux armée, devrait continuer à faire mieux — mais elle n’est pas à l’abri des vents contraires.
Photo ; Pixabay (cc)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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