Le Trésor perdu de la guerre d’Espagne (bande dessinée)

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Une nouvelle série de bandes dessinées illustre, lors de la guerre d’Espagne, la lutte intestine entre communistes et anarchistes.

Madrid, 17 février 1936. Manuel, jeune boulanger, et la belle Lucciana, étudiante en littérature, se rencontrent pendant les célébrations de la victoire électorale du Frente Popular, coalition des forces de gauche. Le premier se revendiquant communiste et la seconde anarchiste, leur amour se révèle impossible. Elle n’ignore pas que les Soviétiques éliminent les anarchistes. Suite au soulèvement nationaliste de Franco des 17 et 18 juillet 1936, l’armée est divisée en deux camps et la guerre civile commence. A Madrid, Manuel quitte son travail pour aider les Républicains qui attaquent une caserne pour s’armer. La terreur règne et l’on fusille les Franquistes. Pendant ce temps, la ville de Barcelone est devenue un véritable champ de bataille. Intrépide, Lucciana participe à ces combats. Quelques mois plus tard, le hasard les réunit à Carthagène. Lui prend livraison d’une cargaison d’armes offertes par Staline. Elle tente de détourner les cinq-cent-dix tonnes d’or du trésor républicain en voie d’emprunter le chemin de Moscou…

Né en 1954, le journaliste financier Philippe Guillaume est passionné par la bande dessinée. Sa jeunesse et son adolescence seront ainsi nourries par la lecture du Journal de Mickey puis celle des magazines Tintin, Spirou et, plus tard, Pilote. Tout en poursuivant des études de droit, il entame en 1974 une carrière de journaliste au quotidien boursier La Cote Desfossés. Il participe en 1985 à la création de La Tribune, avant de rejoindre Les Echos en 1989. Tout en y dirigeant le service des marchés financiers, il commence à travailler dans le monde de la bande dessinée. Vice-président de l’ACBD (Association des critiques et journalistes de bande dessinée), il assure la chronique BD dans les colonnes des “Echos”. C’est Éric Stalner qui lui présente en 2003, lors d’un salon, Pierre Boisserie, qui lui append les ficelles de la narration en bande dessinée. Admiratifs de l’œuvre d’Alexandre Dumas, ils décident de s’en inspirer librement pour écrire ensemble “ Dantès ”, un thriller dans l’univers de la Bourse dessiné par Erik Juszezak (dix tomes entre 2007 et 2016). Ils renouvellent leur collaboration, à partir de 2014 pour La Banque (avec au dessin Julien Maffrepuis, Malo Kerfriden, Stéphane Brangier), le Banquier du Reich (dessin de Cyrille Ternon) et L’Or des Belges (dessin de Stéphane Brangier).

Pour Le Trésor perdu de la guerre d’Espagne, il bâtit un récit très documenté. Il se base sur la relation entre Luciana et Manuel, les personnages attachants qu’il imagine. Cette relation montre la complexité des liens personnels face aux fractures idéologiques, staliniens d’un côté, anarchistes de l’autre. Dès le tome 1, il révèle la terreur révolutionnaire menée par les communistes à Madrid, qui cherchent à éliminer tous ceux qui sont suspectés de soutenir les troupes franquistes…

Ce premier tome met en place une fresque autour d’un trésor qui promet de s’étoffer dans les tomes suivants. Rappelons que « l’or de Carthagène » constitue l’un des points les plus controversés de la guerre civile espagnole. Le 14 septembre 1936, des gardes civils encadrant une cinquantaine de serruriers investissent les bâtiments néoclassiques de la Banque d’Espagne, à Madrid. Ils vont délester les chambres fortes de l’établissement d’environ 750 tonnes d’or, en exécution d’un décret pris la veille par le ministre de l’Économie et des Finances, le socialiste Juan Negrín (qui deviendra chef du gouvernement en mai 1937), et signé par le président de la République, Manuel Azaña. La précieuse cargaison est évacuée par chemin de fer vers la base navale de Carthagène, sur la côte méditerranéenne. Cette décision est motivée par le souci de mettre à l’abri les réserves de métal précieux, face à l’avancée vers la capitale des troupes franquistes. Un quart sera envoyé en France, afin de financer les premiers achats d’armes. Tout le reste prend le chemin de Moscou, en échange du soutien au gouvernement républicain. Le 20 octobre, le directeur du NKVD en Espagne reçoit un télégramme codé de Staline lui ordonnant d’organiser l’envoi de l’or vers l’URSS. Le 25 octobre, quatre cargos soviétiques chargés de caisses d’or prennent la mer vers la Russie. Les nationalistes et les anarchistes de la FAI s’indignent de cette dilapidation de la souveraineté économique espagnole au profit de Staline. Reconnaissant, en 1939, le gouvernement nationaliste vainqueur, la France lui restitue ce qu’il reste de la part déposée chez elle. En revanche, l’URSS ne rendra rien…

Le dessinateur Pierre-Emmanuel Dequest, titulaire de l’École des Arts déco, commence par une activité d’illustrateur pour la presse jeunesse. Puis sa rencontre avec Jean-François Vivier, passionné d’histoire, va l’entraîner vers la bande dessinée. Ensemble, ils réalisent Tom Morel (2012), Hélie de Saint-Marc (2014), puis adaptent des romans de Frison-Roche : Premier de Cordée (2015), La Grande Crevasse (2017) et Retour à la montagne (2018). Ils admirent en effet l’œuvre de Frison-Roche (1906-1999), guide de haute montagne, journaliste, moniteur de ski, explorateur, conférencier et romancier. Ses romans se déroulant en pleine montagne (Premier de Cordée, La Grande Crevasse, Retour à la montagne) ou dans le Sahara (La Piste oubliée, La Montagne aux écritures) racontent, dans de magnifiques cadres naturels, de véritables aventures humaines. Puis, s’occupant seul du scenario et du dessin, Pierre-Emmanuel Dequest adapte des récits de Jack London : Croc Blan (2020), L’appel de la forêt (2023) et L’homme et le loup (2025). Après Blue Tatoo (2025), récit authentique d’une jeune femme blanche devenue esclave des apaches (scenario de Rodolphe), il reprend ses pinceaux pour reconstituer la guerre d’Espagne.

Son dessin, réaliste et précis, est particulièrement attentif aux décors : des villes (Barcelone et Madrid) aux montagnes. La colorisation, à l’aquarelle, est lumineuse. Elle instaure une atmosphère douce, même dans les moments tragiques.

Kristol Séhec

Le Trésor perdu de la guerre d’Espagne, t. 1, l’or de Carthagène, 48 pages, 12,99 €, Marabulles.

Illustrations : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Le Trésor perdu de la guerre d’Espagne (bande dessinée)”

  1. Turpault dit :

    On ne peut pas partager avec WhatsApp

  2. Louarn dit :

    Bonjour, en espérant que les auteurs auront respecté le fait qu’en Espagne pendant les évènements il s’agissait de vrais Anarchistes, pas de fouteurs de chaos. C’est la perversion des mots chers aux politiques et leurs médias serviles qui en a dévoyé le sens politique. L’anarchisme politique prône au contraire l’ordre mais sans domination de l’Homme par l’Homme. Bien à vous.

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