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Dans son nouvel album consacré aux Cheyennes, le dessinateur Patrick Prugne, fasciné par le Nouveau Monde, poursuit sa description des relations entre colons et indiens.
Juin 1864. Les peuples Sioux, Cheyennes, Arapahos, Pawnees, Comanches… sont souvent en guerre les uns contre les autres. Au sein de ces tribus indiennes, les avis divergent quant à l’attitude à adopter face aux envahisseurs originaires d’Europe. Des traités de paix sont signés, mais les indiens se sentent humiliés et ne supportent pas que l’homme blanc décime les bisons. Tandis que certains veulent massacrer les colons blancs, d’autres prônent la paix et la cohabitation. Ainsi, le chef cheyenne souhaite restaurer le dialogue avec le Major Wynkoop, qui commande Fort Lyon.
C’est à ce moment que deux soldats sudistes, les frères Charley et George Bent, rentrent chez eux, dans le Colorado, après quelques mois d’emprisonnement à Saint Louis, en raison de leur engagement au sein de l’armée confédérée. Leur père est un colon qui tient un ranch et un magasin. Leur mère est une indienne. Ils s’interrogent : doivent-ils aider au ranch, partir trouver du travail à la ville de Denver ou rejoindre leur mère ? Tandis que George rejoint sa mère au village cheyenne, son frère Charley rallie Denver. Mais parce qu’il est métis, il est victime d’actes de violence.
Tous ces personnages, victimes ou bourreaux, participeront au massacre de Sand Creek.
Patrick Prugne, né en 1961 à Clermont-Ferrand, autodidacte, développe très tôt une passion pour le dessin, s’inspirant d’Hugo Pratt, Milo Manara, André Juillard et Régis Loisel. Après ses études dans le domaine de la publicité, il poursuit une pratique personnelle du dessin. En 1990, pour une parodie de la fable Le Lièvre et la Tortue, il reçoit le prix Alph-Art Avenir au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Cette distinction l’encourage à se consacrer pleinement à la bande dessinée. Dès 1991, il entame sa carrière de dessinateur en publiant, avec le scénariste Jacky Goupil, la série humoristique Nelson et Trafalgar, puis Fol en tant qu’auteur complet. Au début des années 2000, Patrick Prugne réalise la série L’Auberge du bout du monde. Puis il connait un important succès avec une série d’albums consacrés aux indiens d’Amérique du Nord :
Canoë Bay (2009) : en 1746, le petit Jack découvre le nouveau monde par une nuit d’orage. Après avoir passé les premières années de son existence dans un orphelinat, il subit « le Grand Dérangement », les britanniques prenant possession des terres françaises au Canada, et déportant plus de 12000 Acadiens. Il se retrouve alors embarqué comme mousse sur un navire marchand anglais, jusqu’à ce que survienne une mutinerie…
Frenchman (2011) : en octobre 1803, dans un paisible village de Normandie, des sergents recruteurs viennent chercher les jeunes hommes pour grossir les rangs de l’armée du premier consul Bonaparte. À l’autre bout du monde, la Louisiane vient d’être cédée par la France à la jeune nation américaine. Alban, jeune paysan plein de fougue, encore imprégné des idéaux de la Révolution, doit embarquer pour la Nouvelle-Orléans. Accusé de meurtre et porté déserteur, un trappeur français, « frenchman» , l’entraîne dans une expédition.
Pawnee (2013) : en juin 1811. On retrouve Alban, qui partage depuis 7 ans le quotidien des indiens Minettaree. Il participe à la fameuse expédition Lewis et Clark, la première à rallier, par la terre, les côtes du Pacifique.
Iroquois (2016) : en 1609, Henri IV charge Samuel de Champlain, son émissaire en Nouvelle France, de fonder un comptoir à Québec. Mais les Iroquois déciment les marchands de fourrure dans la vallée du Saint Laurent….
Vanikoro (2018) : en 1788, deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe, s’échouent sur les récifs coraliens de Vanikoro. On découvre ainsi ce qu’est devenue l’expédition de La Pérouse dans le Pacifique.
Tomahawk (2020) : en 1758, la guerre de Sept ans, qui embrase l’Europe, s’étend aux colonies françaises du Nouveau Monde. Jean Malavoy, un soldat français marié à une Indienne, déserte le Fort Carillon. Ignorant la menace des iroquois alliés aux anglais, il cherche à accomplir une étrange vengeance envers un grizzly qui avait tué sa mère…
Pacahontas (2022) : en 1607, trois navires anglais accostent en Virginie. Une centaine de colons construisent le premier fort anglais en Amérique qui deviendra Jamestown. Les indiens Powhatans n’ont de cesse de vouloir les rejeter à la mer. Seule Pocahontas, fille du chef Powhatan, tente de rapprocher les deux peuples. Une histoire d’amour commence entre la jeune indienne et le capitaine Smith …
Dans son nouvel album, Cheyenne, Patrick Prugne met en scène une famille culturellement tiraillée entre deux cultures, révélant ainsi une cohabitation impossible entre deux visions incompatibles.
Il s’inspire du sinistre Massacre de Sand Creek, le 11 novembre 1864, en territoire cheyenne. Ce jour-là, le colonel John Chivington et ses 675 cavaliers attaquèrent le camp indien qui comptait 500 personnes, guerriers mais aussi femmes, vieillards et enfants. On retrouve dans cet album l’officier Edward Wynkoop, le colonel Chivington, les chefs cheyennes Black Kettle, White Antelope, Roman Nose…
Dans cet album, les représentations des plaines de l’ouest, des bisons, des campements des Indiens sont pleines de réalisme. La technique de l’aquarelle et de la couleur directe est devenue la signature visuelle de Patrick Prugne. Ses aquarelles, comme d’habitude, imbibent délicatement le papier.
Le dessin, par son élégance, est si beau qu’il ferait presque passer l’histoire au second plan.
Kristol Séhec
Cheyenne, 96 pages, 19,50 euros. Daniel Maghen Editions.
Illustrations : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Cheyenne, la nouvelle bande dessinée de Patrick Prugne sur les tribus indiennes”
Superbes aquarelles en effet !