Un logiciel détecteur d’images pédopornographiques existe, mais il est boudé par les institutions françaises

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On ne le dira jamais assez : la pédocriminalité est un fléau qui ronge notre société et menace grandement la sécurité de tous les enfants. Les récents scandales du périscolaire et de l’Ase, en sont autant d’illustrations. Face à l’augmentation exponentielle de la cyberpédopornographie, les officines de police compétentes sont complètement débordées. Une femme française a mis au point un logiciel permettant de détecter les images pedopornographiques, mais malgré les promesses, le gouvernement a mis un terme à son financement.

Selon la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, sur les dix dernières années, les contenus pédopornographique signalés ont bondi de 6000 %. De quoi saper le travail des forces de l’ordre. Un travail des plus difficiles puisque, en plus de mettre chacun de ses opérateurs en contact avec l’abject, cet abject se multiplie à une vitesse grand V : les agents de l’Ofmin, la section de police judiciaire chargée de lutter contre les violences faites aux mineurs, ne parviennent à traiter que 2 % des 800 signalements quotidiens.

Mais un outil a – presque – vu le jour, et pourrait bien être la clef pour mettre un frein à la plaie de la cyberpédopornographie : le projet DAPI (Détection Automatisée d’Activité Potentiellement Illégale) de KorpMedia, une petite star up française, est un logiciel d’IA conçu pour détecter automatiquement la présence d’enfants dans des contextes à caractère sexuel.

L’objectif principal était de remplacer le visionnage manuel — hautement traumatisant et chronophage pour les policiers — par un pré-tri automatique, permettant aux enquêteurs de se concentrer uniquement sur les dossiers les plus suspects.

Une véritable révolution qui permettrait donc d’alléger et d’accélérer considérablement le travail des enquêteurs. Au sein de l’Ofmin, l’enthousiasme est total, et après un premier échec auprès de l’Union Européenne, le gouvernement français semblait au rendez-vous. D’autant plus qu’il s’agissait de financer les quelques 150 000 euros manquants, une somme dérisoire pour un État, surtout face à l’enjeu qu’il représente.

Mais très vite, Korpmedia doit déchanter, le développement est abandonné par l’État français. Le logiciel, bien que ne pouvant ni stocker ni créer d’images, et ayant été développé avec une équipe d’avocats, « soulèverait des questions juridiques« . Ce qui interroge KorpMedia :

 « Le ministère de l’Intérieur explique que nos échanges auraient « soulevé plusieurs sujets de prudence, portant notamment sur des questions juridiques ».
Très bien… mais personne n’a jamais pris la peine de nous dire de quelles questions juridiques il pourrait s’agir.
• pas d’appel 
• pas de mail 
• pas de courrier 
• pas de fax 
• pas de réponse à notre avocat 
Bref, un mystère…

L’arrêt du soutien étatique qui arrive après un an d’échanges a laissé l’entreprise dans une situation financière qui l’a amenée à mettre la clef sous la porte.

Un abandon qui indigne profondément tous ceux qui se battent contre la pédocriminalité. Le 28 octobre 2025, après avoir rapidement rappelé que la France occupe le 9e rang mondial et le 5e rang européen pour l’hébergement de ces contenus illégaux à caractère pédopornographique ; que « les signalements pour actes pédocriminels ont augmenté de 12 000 % en dix ans » ; et que malgré les promesses du gouvernement de porter à 85 le nombre d’agents de Ofmin, les enquêteurs ne sont encore qu’une trentaine. Mme Colette Capdevielle, députée socialiste des Pyrénées-Atlantiques, a interrogé le ministre de l’Intérieur sur les moyens alloués à la lutte contre la cyberpédocriminalité en France :

« Le 1er octobre 2025, un article publié par Mediapart a indiqué l’abandon, par le précédent gouvernement, d’un projet de collaboration entre le ministère de l’intérieur et l’entreprise française KorpMedia autour du projet « DAPI ». Ce projet, présenté comme révolutionnaire, visait à doter les enquêteurs d’un outil capable de traiter 40 à 50 images par seconde, contre 3 à 4 secondes actuellement, grâce à un algorithme déconnecté du réseau et sans neurones artificiels. De fait, cet outil, dit non « hallucinatoire », est sans risque d’intervention ou d’ingérence néfastes. De sucroît, il permettrait de réduire la charge psychologique et cognitive pesant sur les agents confrontés au quotidien à ces contenus particulièrement violents ainsi que les risques psychosociaux associés. Mme la députée a auditionné la fondatrice de la start-up qui a conçu cet outil. Cette dernière lui a présenté les caractéristiques techniques, les garanties de sécurité de cette technologie et les modifications apportées à l’algorithme pour satisfaire les attentes de l’OFMIN. Il apparaît que cette solution aurait pu constituer un outil efficace et sans précédent, pour faciliter le travail de l’OFMIN, réduire les délais de traitement des dossiers et améliorer ainsi la protection des mineurs. Elle l’interroge donc sur les raisons qui ont conduit le précédent gouvernement à abandonner cette collaboration. Elle lui demande si le Gouvernement envisage de relancer ce projet permettant d’allouer des moyens technologiques essentiels aux enquêteurs engagés dans la lutte contre la cyberpédocriminalité en France. »

(Question écrite n° 10647 : Abandon du projet de collaboration avec l’entreprise KorpMedia pour l’outil DAPI) 

Restée sans réponse, la Question a été renouvelée le 10 février 2026. Nouveau silence Radio.

C’est à se demander si le fait d’identifier des enfants réellement victimes d’abus sexuels sur des images, en présence d’adultes qui les violent, les exploitent et les torturent, dérange.

Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

 

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7 réponses à “Un logiciel détecteur d’images pédopornographiques existe, mais il est boudé par les institutions françaises”

  1. JACQUES dit :

    Évidemment que ça dérange la caste qui compte les plus grands pédophiles.
    Ils étaient bien embarrassés de voir ce logiciel dénoncer leurs amis.
    Ils ont donc joué les faux culs pour couler le projet.

  2. concorde28 dit :

    Nos élus pédophiles non pas intérêt que ce logiciel aboutisse et fonts tout ce qu’ils fonts pour qu’il ne voit pas le jour…

  3. Occidentale dit :

    Ils préfèrent obstruer les champs visuels sur la pédocriminalité par un détournement à tout va
    avec, par exemple, l’affaire Pélicot qui en plus caresse un féminisme politiK parfaitement hypocrite

  4. Laurent dit :

    J’ai relayé votre article sur X car je suis vraiment étonné de la somme dérisoire manquante et le refus d’explications concrètes… La pédocriminalité est vraiment un fléau alors Foutes les bonnes volontés surtout techniques sont les bienvenues ! La France examine en ce moment (en comité interministériel) le « Fonds Ukraine II » pour un montant de 71 millions d’euros… Incompréhensible !

  5. Henri dit :

    Un flicage de plus (qui sera aussi inefficace que les précédents) au nom de la lutte contre les pédos. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

  6. beauchene dit :

    Bonjour, si la société en question faisait une cagnotte, elle trouverait assez de bonnes personnes pour la renflouer.

  7. Svajef dit :

    Je comprends vraiment le point de vue, mais il y a une solution : mettre en open source l’état actuel des travaux. Si d’ailleurs ça a été financé par de l’argent public, ce serait la moindre des choses : que ça retourne au public.
    Si ça marche si bien qu’il le dise, ça ne tardera pas à faire le tour. Il pourrait par ailleurs se faire aider par l’association Stop Au Porno qui comprendra certainement la portée de ce projet.

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