Mont Ararat : de nouveaux scans radar font ressurgir l’énigme de l’arche de Noé

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En Turquie orientale, à une trentaine de kilomètres du mont Ararat, une étrange formation géologique en forme de coque de navire — la formation de Durupınar — intrigue depuis près de quatre-vingts ans les chercheurs, les géologues, les archéologues bibliques et, plus discrètement, les services de cartographie militaire. Une équipe indépendante américaine, Noah’s Ark Scans, vient d’annoncer la détection, sous la surface du site, d’un réseau de tunnels et d’une cavité centrale qu’elle rattache — toutes précautions prises — aux descriptions de l’arche de Noé dans le livre de la Genèse. Les conclusions, encore contestées, relancent néanmoins un débat aussi ancien que vivace.

Tout commence par un phénomène météorologique anodin. Au printemps 1948, de violentes pluies et plusieurs secousses sismiques balaient les hauteurs kurdes, à l’est de la Turquie. Un berger local constate alors, émergeant des coulées de boue effacées par l’érosion, une vaste structure oblongue dont la forme — un ovale pointu, étirée sur plus de cent cinquante mètres — évoque irrésistiblement celle d’une coque de navire échouée. Intrigué, il alerte les autorités locales. L’affaire remonte jusqu’à Ankara, puis jusqu’à la presse internationale. Le Life Magazine publie, en septembre 1960, une enquête photographique qui donnera à la formation son nom définitif : Durupınar, du patronyme du capitaine turc Ilhan Durupınar, qui l’avait repérée sur des clichés aériens militaires.

Depuis, le site — situé à 29 kilomètres au sud-ouest du mont Ararat, la plus haute montagne de Turquie — n’a jamais cessé de faire parler de lui.

Une géométrie qui interpelle

Les dimensions relevées sur place sont troublantes. La formation mesure approximativement 157 mètres de long pour une largeur maximale oscillant autour de 26 mètres. Or le texte biblique, dans le chapitre 6 de la Genèse, précise que l’arche construite par Noé sur ordre divin devait mesurer « trois cents coudées de long, cinquante coudées de large et trente coudées de haut ». En prenant la coudée royale égyptienne (52,3 cm) — hypothèse souvent retenue par les exégètes — on obtient environ 157 mètres de long sur 26 mètres de large. La coïncidence est, pour le moins, remarquable.

Pour l’Église et pour l’ensemble des chrétiens, la question de la localisation précise du lieu d’échouage de l’arche n’a qu’un intérêt secondaire : le récit du Déluge est d’abord lu comme un texte sapientiel et prophétique, portant un enseignement théologique et moral. Reste que la question historique n’est pas illégitime, et qu’elle mobilise depuis plus d’un siècle des chercheurs sérieux — géologues, géophysiciens, archéologues, ingénieurs — aux côtés, il est vrai, d’un certain nombre d’amateurs plus ou moins inspirés.

Des scans radar qui révèlent des « couloirs »

C’est dans ce contexte qu’intervient le travail récent de l’équipe Noah’s Ark Scans, menée par le chercheur indépendant américain Andrew Jones. Depuis plusieurs saisons, l’équipe utilise des techniques d’imagerie non destructive sur le site du Durupınar : radar à pénétration de sol (GPR), thermographie infrarouge (IRT), prélèvements de sol. Les résultats viennent d’être publiés sur le site de l’association et relayés par plusieurs médias anglophones.

Selon Andrew Jones, les scans auraient révélé l’existence, sous la surface de la formation, d’un réseau de cavités et de couloirs souterrains convergeant vers une salle centrale hypothétique qu’il a baptisée l’atrium. La disposition de ces vides, précise-t-il, ne serait ni aléatoire ni compatible avec un simple phénomène géologique. Les images obtenues suggéreraient plutôt une structure organisée sur plusieurs niveaux — ce qui rappellerait la description biblique de l’arche, qui devait, selon le texte, comporter trois ponts internes.

À cela s’ajoutent les résultats de la thermographie infrarouge, qui semblent révéler les contours d’une coque ensevelie, ainsi que les analyses de sol menées en 2024 sur 88 prélèvements effectués à l’intérieur et à l’extérieur de la structure. Ces prélèvements ont montré des taux anormalement élevés de potassium, ce qui, selon Jones, serait compatible avec la présence massive de bois décomposé — un résidu attendu si une embarcation de la taille décrite dans la Genèse s’était effectivement pétrifiée sur place. Les chercheurs font par ailleurs valoir que la végétation poussant à l’intérieur du périmètre présente une coloration sensiblement différente de celle des zones environnantes, observation qui, selon eux, plaiderait pour une singularité du substrat sous-jacent.

Un scepticisme scientifique persistant

Il convient toutefois de rester mesuré. La plupart des géologues ayant étudié le site depuis les années 1970, et notamment l’équipe turque dépêchée par l’Université d’Istanbul dans les années 1990, concluent à une formation naturelle — un affleurement de roches sédimentaires sculpté par l’érosion différentielle, avec un cœur de doléromite plus résistant et des flancs en boues durcies. Les formations de ce type, appelées syncline en terminologie géologique, existent en effet dans d’autres régions du monde sans qu’on songe à y voir des vaisseaux.

Par ailleurs, certains archéologues bibliques considèrent que, même si le récit du Déluge possède bien un substrat historique — plusieurs grandes civilisations mésopotamiennes ont conservé des traditions similaires, dont la plus célèbre est l’épopée de Gilgamesh —, la localisation exacte du point d’échouage est probablement impossible à retrouver, et pourrait de toute façon se situer ailleurs qu’au Durupınar. Plusieurs sites concurrents sur le mont Ararat lui-même, ainsi que dans les monts Djoudi (à la frontière turco-irakienne), ont ainsi été proposés au fil des siècles par différentes traditions chrétiennes et musulmanes.

La prudence de l’Église

Il faut souligner que, à ce jour, ni le Vatican ni les autorités chrétiennes orientales ne se sont prononcés sur la nature réelle du site du Durupınar. La doctrine catholique, en particulier, invite à considérer les récits bibliques avec une lecture à plusieurs niveaux — littéral, allégorique, moral, anagogique — sans ériger l’archéologie en juge de la foi. Une éventuelle validation archéologique du site ne modifierait ni la portée spirituelle du récit noachique, ni, à l’inverse, l’absence de telle validation ne le diminuerait.

Cela n’empêche nullement la recherche scientifique de se poursuivre. Andrew Jones et son équipe projettent, pour la prochaine saison de fouilles, de procéder à des carottages profonds à travers la structure, dans l’espoir de pouvoir introduire une micro-caméra à l’intérieur des cavités détectées. Si les autorités turques donnent leur accord — ce qui est loin d’être acquis, le site étant situé dans une région sensible proche des frontières arménienne et iranienne —, cette opération pourrait, selon les chercheurs, apporter des éléments déterminants dans un sens ou dans l’autre.

Un site qui fascinera encore longtemps

Qu’elle soit un accident géologique spectaculaire ou, comme le soutiennent certains, la trace pétrifiée du plus célèbre navire de l’histoire de l’humanité, la formation du Durupınar continuera vraisemblablement de susciter enquêtes, théories et pèlerinages. Elle mobilise des techniques d’imagerie contemporaines — radar, thermographie, cartographie satellite — qui n’étaient pas disponibles il y a seulement une génération. Elle tient en suspens une question à la fois archéologique, géologique, historique et spirituelle, ce qui est suffisamment rare pour être noté.

Au XIXᵉ siècle, on se moquait volontiers des croyants qui évoquaient la réalité historique de Troie, jusqu’à ce qu’un certain Heinrich Schliemann, pioche à la main, exhume en 1870 les ruines de la cité homérique dans la colline de Hissarlık. La prudence scientifique impose, aujourd’hui encore, de ne pas trancher trop vite. Ni dans un sens, ni dans l’autre.

À l’heure où une partie de la modernité technologique semble s’employer à couper l’humanité de ses récits fondateurs, il y a d’ailleurs quelque chose de savoureux à voir des équipes d’ingénieurs braquer leurs instruments de mesure les plus sophistiqués sur les montagnes où, selon une tradition multimillénaire, l’arche de Noé aurait échoué après le Déluge. La Bible, décidément, n’a pas fini de susciter des vocations d’enquêteurs.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Une réponse à “Mont Ararat : de nouveaux scans radar font ressurgir l’énigme de l’arche de Noé”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Bon alors les SURdoués de tout ils sont où pour nous donner leur avis sulfurisé? Non personne? Comme c’est drôle!!! Ce serait digne d’un conte drolatique de qui déjà? Mais de Balzac bien sûr. Cela nous ramène à la Bible c’est à dire à l’Ancien Testament le seul qui vaille l’autre n’étant qu’un recueil gazeux des vents, des feulement anaux autour de l’avorton de Galilée. Le Mont Ararat nous ramène à la Tradition Primordiale comme le Vieux Testament, autres livres en Asie, des publications dans les mondes celtiques et nordique…sans doute à découvrir. Nous sommes bien loin de l’escroquerie de Nicée 325! Un empereur alcoolique et assassin se met d’accord avec des « évêques » véreux pour bricoler une nouvelle religion complètement vide de sens aujourd’hui.

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