Aux Pays-Bas, la colère populaire fait reculer les autorités : l’ouverture d’un centre d’accueil pour migrants reportée à Loosdrecht

Publicité

Aux Pays-Bas, la municipalité de Wijdemeren, dont relève le village de Loosdrecht (province de Hollande-Septentrionale), a annoncé le 22 avril 2026 le report de l’ouverture d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile prévu dans l’ancienne mairie du village. La raison invoquée est explicite : les forces de l’ordre estiment ne plus être en mesure de garantir la sécurité sur place. Une décision qui intervient après trois soirées consécutives de manifestations et d’affrontements, et à la suite d’une procédure en référé engagée par treize riverains et entreprises locales contre l’installation du centre.

Un centre d’urgence prévu jusqu’au 1er novembre

Selon l’Agence centrale d’accueil des demandeurs d’asile (COA), équivalent néerlandais de l’Ofii, 110 demandeurs d’asile devaient être hébergés dans l’ancienne mairie de Loosdrecht, située rue De Rading. Il s’agissait d’un hébergement qualifié d’urgence et de temporaire, prévu jusqu’au 1er novembre 2026. L’utilisation du bâtiment a été rendue possible par la fusion administrative de Wijdemeren avec la commune voisine de Hilversum, qui a libéré les locaux de l’ancienne mairie.

Initialement, les services de la COA avaient annoncé l’arrivée des premiers résidents dès le mercredi 22 avril. Mais à l’issue d’une nouvelle concertation entre la commune, la police et le ministère public, le constat s’est imposé : la police ne disposait pas des effectifs nécessaires pour sécuriser l’ouverture du centre, notamment en raison de la fête du Roi (Koningsdag) prévue le lundi suivant, qui mobilise déjà une grande partie des ressources policières disponibles à l’échelle du pays.

Trois soirées consécutives de manifestations

L’annonce du projet a déclenché dès le début de la semaine une forte mobilisation locale. Lundi soir, environ 800 habitants se sont rassemblés devant l’ancienne mairie, au moment où se tenait à l’intérieur une réunion du conseil municipal consacrée précisément à l’installation du centre d’accueil. L’unité mobile néerlandaise (ME), équivalent des forces spécialisées dans le maintien de l’ordre, a dû intervenir pour disperser la foule.

Les soirées de mardi et mercredi ont également été marquées par des rassemblements de plusieurs centaines de personnes — entre trois et cinq cents selon les estimations des médias néerlandais — qui ont parfois pris à partie les forces de l’ordre à coups de feux d’artifice de forte puissance et d’œufs. Mardi soir, huit personnes ont été interpellées après que le maire de Wijdemeren a décrété l’état d’urgence local, ce qui a permis aux forces de l’ordre d’intervenir. Mercredi soir, de nouveaux incidents ont à nouveau justifié la proclamation de l’état d’urgence, avec plusieurs autres arrestations. Au moins un policier a été blessé selon la municipalité.

Un rassemblement organisé par Defend Netherlands

La mobilisation, notamment pour la soirée de mardi, aurait été coordonnée via Instagram par le mouvement Defend Netherlands, qualifié par la presse néerlandaise de mouvement nationaliste d’extrême droite. Le groupe s’est déjà fait remarquer lors de précédentes mobilisations contre des projets d’accueil de demandeurs d’asile, notamment à Lisse en décembre dernier, où le maire avait déposé plainte pour menaces de mort à la suite d’actions similaires. En février, Defend Netherlands avait également organisé une manifestation devant l’ACU, un centre politique et culturel classé à gauche, à Utrecht, en réaction au décès d’un militant français du même bord lors d’un rassemblement antifasciste à Paris.

Une partie des manifestants de Loosdrecht n’appartient cependant pas à cette mouvance organisée, et relève plus largement d’un mouvement de riverains hostiles à l’ouverture du centre, qui a par ailleurs engagé une action judiciaire en référé pour bloquer administrativement le projet.

Si la municipalité de Wijdemeren met en avant la seule question de la capacité policière pour justifier le report, le recul des autorités face à une mobilisation populaire d’ampleur locale constitue un précédent remarqué aux Pays-Bas. La décision intervient dans un contexte national marqué par des tensions croissantes autour de la politique d’accueil des demandeurs d’asile, sujet devenu l’un des plus sensibles du paysage politique néerlandais ces dernières années. Le report n’équivaut toutefois pas à un abandon : la municipalité indique vouloir rouvrir le dossier une fois le contexte sécuritaire stabilisé, notamment après la fête du Roi.

L’audience en référé engagée par les riverains, qui doit se prononcer sur la légalité du projet d’accueil, reste également attendue et pourrait influer sur la suite du dossier.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Publicité

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

A La Une, International

Nikola Kedhi (Albanian Conservative Institute) : « La question n’est pas seulement de savoir si l’Occident a les bonnes valeurs, mais s’il a le pouvoir de les défendre. » [Interview]

Découvrir l'article

Football, Sport

Émeutes du sacre du PSG et désinformation : Hugues B le « supporter » condamné mais invité par BFM était en réalité un militant d’extrême gauche proche de LFI

Découvrir l'article

A La Une, International

Royaume-Uni : mort d’Henry Nowak, étudiant poignardé puis menotté par la police pendant son agonie — l’affaire enflamme le pays, émeutes à Southampton

Découvrir l'article

A La Une, Sociétal

Nuit d’émeutes en France après le sacre du PSG : quand le ministre de l’Intérieur invente un réel parallèle

Découvrir l'article

International, Santé, Sociétal

Canada, capitale mondiale de l’euthanasie : enquête sur un programme devenu eugéniste

Découvrir l'article

Environnement, International

Amsterdam interdit les fatbikes dans le Vondelpark : la capitale du vélo veut reprendre la main… sur ses espaces verts

Découvrir l'article

International

Royaume-Uni : les demandeurs d’asile commettent 90 fois plus d’agressions sexuelles que les Britanniques dans le Dorset

Découvrir l'article

International

Allemagne : les viols et agressions avec l’aide de drogues chimiques en pleine explosion, la justice impuissante malgré le durcissement des peines

Découvrir l'article

International

Royaume-Uni : la « Boriswave » laisse une économie britannique structurellement dépendante du travail étranger

Découvrir l'article

International

Allemagne : 40 milliards d’euros engloutis en 2025 pour financer l’immigration de masse

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.