L’apprentissage reste présenté comme l’une des voies les plus efficaces pour rapprocher les jeunes du monde du travail. Mais derrière l’affichage volontariste, les chiffres bretons rappellent une réalité plus rude : tous les contrats ne tiennent pas. Selon une analyse de la Dreets Bretagne relayée par Bretagne Économique, 18 % des contrats d’apprentissage commencés en 2024 dans la région administrative sont rompus au cours des neuf premiers mois. Autrement dit, près d’un apprenti sur cinq voit son parcours interrompu rapidement.
La nuance mérite toutefois d’être précisée : environ un tiers des jeunes concernés retrouvent un nouveau contrat dans les six mois suivant la rupture. Le taux de rupture net, sans retour en apprentissage dans ce délai, s’établit donc à 12 %. Ce chiffre reste préoccupant, car il touche un dispositif censé offrir un cadre stable, associant formation théorique et immersion professionnelle.
Les premiers niveaux restent les plus exposés
Les ruptures demeurent particulièrement fréquentes chez les apprentis préparant un CAP. En Bretagne administrative, parmi les 10 900 entrées enregistrées en 2024 à ce niveau, un quart des jeunes rompt son contrat dans les neuf premiers mois. Cette fragilité rappelle que l’entrée précoce dans l’entreprise peut être exigeante, surtout dans des métiers où les contraintes concrètes du travail se découvrent très vite.
Certains secteurs concentrent les tensions. L’hébergement-restauration affiche un taux de rupture brut de 34 % à neuf mois, soit 21 % en taux net. Les activités de charcuterie, boulangerie et pâtisserie atteignent 29 % en brut et 17 % en net, tandis que la coiffure et les soins de beauté affichent 24 % en brut et 14 % en net. Ces métiers de contact, de service ou d’artisanat rappellent que l’apprentissage ne peut pas être réduit à un simple outil statistique d’insertion.
Le supérieur désormais touché à son tour
Fait plus nouveau : les ruptures progressent aussi dans le supérieur. Pour les formations de niveau bac +2, le taux de rupture atteint 22 % en 2024 en Bretagne (B4), après une hausse de 9 points depuis 2017. Pour les niveaux bac +3 et plus, il passe de 4 % en 2017 à 10 % en 2024. L’essor massif de l’apprentissage depuis la loi Avenir professionnel de 2018 a donc changé d’échelle, mais aussi de nature.
Reste la question juridique. Comme l’a rappelé Le Figaro, la Cour de cassation s’est penchée en avril 2026 sur la rupture anticipée du contrat d’apprentissage. En cas de manquements graves de l’employeur, l’apprenti peut rompre immédiatement son contrat ; il revient ensuite au juge d’apprécier la gravité des faits, l’imputabilité de la rupture et l’éventuel octroi de dommages et intérêts. Preuve qu’au-delà des chiffres, l’apprentissage demeure un contrat de travail à part entière, avec ses droits, ses devoirs et ses conflits.
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Une réponse à “Apprentissage : en Bretagne administrative, près d’un contrat sur cinq rompu en neuf mois”
Comment s en étonner j ai vu sur une pompe à mortier des apprentis faire l un après l autre leur apprentissage carreleur.
Que savaient ils faire au bout de 6 mois ou 1 ans et demi?
Ils n apprennent rien se sentent exploités donc ils claquent la porte.
Beaucoup de patrons sont des voyous qui cherchent un manœuvre presque gratuit.
L apprentissage en france est bidon car la plupart des cadres de pme n ont jamais été ouvrier.