Trump veut transformer le Venezuela en 51e État américain, l’Amérique latine sous le choc

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L’idée pourrait passer pour une plaisanterie, mais elle ne l’est pas. Lors d’un entretien téléphonique accordé ce lundi 11 mai 2026 à la chaîne Fox News, le président américain Donald Trump a affirmé qu’il « envisageait sérieusement » de faire du Venezuela le 51e État de l’Union. Le président américain a cité, comme motivation principale, les réserves pétrolières évaluées à 40 000 milliards de dollars du pays sud-américain, et a ajouté que « le Venezuela aime Trump ». Quelques heures plus tard, la présidente par intérim Delcy Rodríguez, en visite officielle à La Haye, a fermement répondu que son pays n’avait nullement l’intention de devenir le cinquante-et-unième État américain. Les diplomaties européennes et latino-américaines, elles, oscillent entre stupéfaction et silence embarrassé.

Un Venezuela aux mains des intérimaires depuis la chute de Maduro

Le contexte mérite d’être posé. Depuis le début de l’année 2026, le Venezuela traverse une transition politique brutale, à la suite du retrait forcé de Nicolas Maduro du pouvoir sous pression américaine — opération que Trump avait qualifiée en février de « mission fantastique » et dont les modalités exactes restent contestées par plusieurs gouvernements latino-américains. La vice-présidente Delcy Rodríguez assure depuis cette date la présidence par intérim. Elle coopère, sur un ton ouvertement complaisant, avec l’administration américaine, au point que Trump lui-même avait salué publiquement en février son « excellent travail » et la « solidité de la relation » entre Caracas et Washington.

Le rapport de force est sans équivoque. Trump a annoncé que les « autorités intérimaires » vénézuéliennes allaient livrer aux États-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous embargo, dont la commercialisation au prix du marché serait directement supervisée par lui-même, « en tant que président des États-Unis d’Amérique ». Le produit de ces ventes serait, dit-il, utilisé « au bénéfice des peuples du Venezuela et des États-Unis » — formulation qui résume à elle seule la nature exacte du rapport bilatéral.

Une obsession trumpienne de l’expansion territoriale

L’idée d’une intégration vénézuélienne aux États-Unis s’inscrit dans une obsession plus large du président américain pour l’expansion territoriale. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Trump a successivement évoqué l’annexion du Canada — qu’il continue d’appeler à devenir le 51e État, allant jusqu’à qualifier l’ancien Premier ministre Justin Trudeau de « gouverneur Trudeau » —, du Groenland, du canal de Panama, et désormais du Venezuela. Le Premier ministre canadien actuel Mark Carney avait d’ailleurs intégré le slogan « Never 51 » à sa campagne électorale victorieuse de mars dernier, pour répondre à cette pression annexionniste américaine.

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Au Venezuela, Trump avait déjà testé l’idée publiquement en mars, au lendemain de la victoire de la sélection vénézuélienne contre l’Italie au World Baseball Classic. Il avait alors publié sur sa plateforme Truth Social un message taquin évoquant « la magie » qui semblait sourire à Caracas et soulevant ouvertement la question : « Statehood, #51, anyone ? » L’épisode passait alors pour une boutade. Six semaines plus tard, le ton a changé.

Le rôle central de Marco Rubio dans cette politique latino-américaine

L’inflexion trumpienne vers l’Amérique latine n’est pas un caprice solitaire. Elle est largement portée par le secrétaire d’État Marco Rubio, fils d’exilés cubains, qui pousse depuis son arrivée à Foggy Bottom une politique de reprise en main américaine du continent. La doctrine officieuse, parfois qualifiée de « Monroe 2.0 », vise à reconstituer une zone d’influence exclusive des États-Unis dans l’hémisphère occidental, au détriment des présences chinoise, russe et iranienne. Le Venezuela, dont Pékin est l’un des principaux créanciers et dont Téhéran avait été un partenaire stratégique sous Maduro, occupe à cet égard une position centrale.

Le scénario de l’État vénézuélien transformé en cinquante-et-unième État américain présente, pour Washington, l’avantage évident de placer définitivement le pétrole vénézuélien hors d’atteinte de la concurrence stratégique. Pour Trump, qui aime à présenter ses arbitrages géopolitiques sous forme d’opérations commerciales lisibles à l’opinion américaine, l’argument de la richesse pétrolière transformée en revenu fédéral est de bonne facture.

Le soutien sans réserve de la sphère médiatique trumpienne

L’idée trouve un terrain favorable dans la sphère médiatique conservatrice américaine. L’animateur de Fox News Sean Hannity, parmi les plus écoutés des relais de la Maison-Blanche, a récemment suggéré au président d’oublier le Canada et de diriger ses ambitions territoriales vers Caracas. La proposition est intervenue dans un échange télévisé avec le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, lequel a immédiatement abondé dans son sens.

Le contexte symbolique a son importance : la prix Nobel de la Paix 2025, l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, avait formellement dédié son prix « au peuple vénézuélien et au président Trump », évoquant la gratitude des Vénézuéliens pour son soutien à « la démocratie et à la liberté dans les Amériques ». L’administration Trump avait elle-même lourdement fait campagne pour que ce prix lui soit attribué directement ; faute de Nobel, l’absorption du Venezuela tient lieu de lot de consolation.

Une procédure constitutionnelle plus complexe que la rhétorique présidentielle

Reste qu’entre la déclaration au téléphone et l’admission effective d’un État supplémentaire à l’Union américaine, la distance est juridiquement considérable. L’admission d’un nouvel État aux États-Unis exige une procédure d’« act of admission » votée par les deux chambres du Congrès et signée par le président. Aucun État n’a été admis depuis Hawaï en 1959. Dans le cas vénézuélien, il faudrait au préalable obtenir, a minima, une forme de consentement formel des autorités locales — celles-là mêmes qui, par la voix de Delcy Rodríguez, viennent de répondre publiquement par la négative.

L’opération supposerait également de surmonter l’opposition vraisemblable d’une partie du Congrès américain — y compris dans le camp républicain où certains élus voient d’un mauvais œil l’idée d’intégrer 28 millions de citoyens hispanophones d’un pays largement appauvri, dont l’arrivée bouleverserait l’équilibre démographique et électoral fédéral. Sur les plateformes de paris politiques comme Polymarket, la probabilité d’une annexion effective avant la fin de l’année 2026 reste cotée à un niveau dérisoire.

L’Amérique latine en sidération, l’Europe muette

Les capitales latino-américaines digèrent l’annonce dans une stupéfaction polie. Le Mexique, le Brésil, la Colombie et le Chili, déjà passablement irrités par la rhétorique annexionniste de Trump et par la rudesse de sa politique tarifaire, observent avec inquiétude un voisin qui semble revenir, sans complexe, à une logique d’expansion territoriale héritée du XIXe siècle. En Europe, le silence est plus assourdissant encore. Bruxelles, déjà occupée à gérer les conséquences des droits de douane américains et la guerre en Ukraine, n’a pas réagi officiellement. Paris non plus. Les chancelleries européennes semblent avoir intégré comme une donnée structurelle leur incapacité à influencer une administration américaine qui les considère désormais ouvertement comme un vassal embarrassant.

Pour les observateurs européens, l’épisode constitue pourtant un signal majeur : la fin d’un certain ordre international fondé sur l’intangibilité des frontières et la souveraineté des États. Quand le président de la première puissance mondiale envisage publiquement d’avaler un pays de 28 millions d’habitants au motif que celui-ci dispose d’hydrocarbures intéressants, c’est tout l’édifice juridique hérité de 1945 qui se fissure. Le vieux Continent, ferait bien d’observer attentivement la suite des événements : la souveraineté nationale n’est plus, dans le monde de 2026, ce qu’elle prétendait être en 1948.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Trump veut transformer le Venezuela en 51e État américain, l’Amérique latine sous le choc”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Il a vraiment des cases de vide le Bavarois…il relève d’un internement psychiatrique. A son actif 45.000 iraniens massacrés par les fous de l’Islam, religion à détruire!

  2. Soazig dit :

    Je soupçonne Donald de lancer des idées comme ça, à la volée, pour voir tout le monde s’affoler, pouffer, faire des yeux de merlan frit, la bouche en cul de poule et finalement quand tout le monde médiatique a bien éclaté de partout, tourner le dos et s’en aller faire quelques clubs sur son green histoire de se détendre l’esprit !!! avec lui, la politique générale et la sienne en particulier n’est pas un long fleuve tranquille ….ça swingue, ça tangue et il y a du nouveau tous les jours….mais les citoyens américains ont quand même quelques sueurs froides sous leurs casquettes rouges « america first »…je pense…

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