Giro d’Italia 2026 : la 4ᵉ étape pour Narváez, Ciccone leader, Aular gâche le travail de la Movistar

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La 4ᵉ étape du Giro d’Italia 2026, qui marquait mardi 12 mai le retour du peloton sur le sol italien après les trois premières journées disputées en Bulgarie, restera comme un manuel de cas d’école tactique du cyclisme moderne. À l’arrivée des 138 kilomètres entre Catanzaro et Cosenza, l’Équatorien Jhonatan Narváez (UAE Team Emirates – XRG) a levé les bras pour la troisième fois de sa carrière sur la Corsa Rosa, après ses succès de Cesenatico en 2020 et de Turin en 2024. Mais derrière ce nouveau coup de force du costaud champion d’Équateur, la véritable histoire de l’étape s’écrit ailleurs : dans la stratégie irréprochable déployée par la Movistar et son leader Orluis Aular — stratégie que le Vénézuélien a personnellement liquidée dans les cinq cents derniers mètres.

Movistar, une démonstration tactique gâchée par son finisseur

Reprenons le scénario. La journée s’annonçait piégeuse, avec une longue ascension du Cozzo Tunno (14,5 km à 5,9 %) le long de la mer Tyrrhénienne, à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée. C’est là que la Movistar a sorti l’artillerie. Convaincue que ses sprinteurs purs (Magnier, Milan, Andresen, Strong) n’avaient aucune chance sur ce terrain piégeux et conscient que son leader Orluis Aular pouvait, lui, basculer dans le bon paquet, l’équipe espagnole a placé ses coureurs en tête du peloton et imprimé un rythme infernal. Le résultat fut spectaculaire : un peloton littéralement explosé, les sprinteurs purs distancés avant même l’attaque du col, Egan Bernal lui-même décroché et obligé de revenir à dix-sept kilomètres de l’arrivée, et surtout l’Uruguayen Guillermo Thomas Silva (XDS Astana), porteur du maillot rose au départ, complètement essoré.

L’opération Movistar était parfaitement calibrée. Aular, parmi les rares puncheurs explosifs encore présents dans le groupe de tête, se retrouvait en position idéale pour faire jouer ses qualités sur l’arrivée en faux plat montant de Cosenza. Tout convergeait vers le triomphe vénézuélien. Et puis vint le sprint.

L’erreur d’Aular : une anticipation suicidaire

À 1,5 kilomètre de l’arrivée, le jeune Suisse Jan Christen (UAE Team Emirates – XRG), porteur du maillot blanc du meilleur jeune, a tenté un coup audacieux en plaçant une attaque sèche. L’opération avait peu de chances d’aboutir — et n’a effectivement pas abouti — mais elle a provoqué un mouvement de panique dans le groupe de tête. C’est dans ce désordre tactique qu’Aular a commis l’erreur fatale : il a anticipé son effort, lancé son sprint beaucoup trop tôt, et s’est retrouvé exposé au vent dans la longue ligne droite finale.

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Le verdict fut sans appel. Jhonatan Narváez, qui avait soigneusement temporisé dans la roue du Vénézuélien, n’a eu qu’à le déborder dans les derniers hectomètres pour s’imposer souverainement, sa surpuissance faisant le reste. Aular, lui, s’est résigné à une deuxième place qui ressemble davantage à une défaite. Derrière, Giulio Ciccone (Lidl-Trek), troisième sur la ligne, a profité du chaos pour empocher de précieuses bonifications — et avec elles, sa toute première Maglia Rosa en carrière, le jour symbolique de sa 150ᵉ étape sur la Corsa Rosa.

Un sprint dont Aular aura beaucoup de comptes à rendre

Il faut le dire sans détour : Orluis Aular, à 28 ans, devrait à présent une explication à ses coéquipiers. Pendant cinquante kilomètres, la Movistar a travaillé comme une mécanique d’horlogerie pour lui offrir l’opportunité de sa vie. Faire exploser un peloton entier d’un Grand Tour pour son leader désigné, c’est un effort collectif considérable, qui mobilise tous les équipiers et brûle leurs cartouches pour le reste de la semaine. Voir cet effort gâché par une erreur de positionnement et un sprint mal géré n’est pas une question de pas-de-chance : c’est une faute professionnelle.

L’épisode rappelle d’autres défaites tactiques cuisantes des dernières années dans les Grands Tours, où un leader désigné finit par décevoir une équipe pourtant exemplaire. Aular, qui n’a remporté à ce jour qu’une seule victoire d’étape sur un Grand Tour (lors de la Vuelta 2023), avait là l’occasion d’écrire son chapitre majeur. Il l’a manquée. La Movistar, déjà privée de grands résultats dans les Grands Tours depuis le retrait progressif d’Alejandro Valverde et la fin de carrière d’Enric Mas, va devoir digérer une frustration considérable.

Ciccone en rose, Christen affamé, Narváez patron

Au général, Giulio Ciccone endosse donc le maillot rose avec quatre secondes d’avance sur Jan Christen (UAE Team Emirates – XRG) et le surprenant Florian Stork (Tudor Pro Cycling Team). Egan Bernal (Ineos Grenadiers), qui a montré des signes inquiétants dans le Cozzo Tunno et n’a réussi à rentrer qu’en queue de peloton après une longue descente, perd les illusions qu’il pouvait nourrir d’un nouveau triomphe à la Corsa Rosa, près de cinq ans après son succès historique de 2021. L’écart est encore minime, mais la dynamique n’est pas la sienne.

UAE Team Emirates – XRG, durement frappée par trois abandons depuis le début de l’épreuve (Wilco Kelderman, Kaden Groves et Arnaud De Lie ayant également quitté la course mardi), peut au moins se consoler de cette victoire d’étape. Privée d’objectif au général, l’équipe émiratie a parfaitement exploité la liberté tactique que lui offrait cette nouvelle réalité : Christen jouant l’agitateur, Narváez en couverture pour le sprint. Une combinaison qui pourrait bien resservir dans les jours à venir.

Étape 5 : Potenza promet une nouvelle journée explosive

Le scénario s’annonce d’ailleurs comparable ce mercredi 13 mai pour la 5ᵉ étape, qui mènera le peloton à Potenza, en Basilicate, sur 142 kilomètres ponctués d’environ 4 000 mètres de dénivelé positif. Un parcours atypique, marqué par la Montagna Grande di Viggiano (6,6 km à 9,1 %) située à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée — un mur véritable, qui éliminera définitivement les sprinteurs encore en course après Cosenza.

Mais c’est surtout la fin d’étape qui promet d’être spectaculaire. À une trentaine de kilomètres du but, le KM Red Bull offrira ses bonifications. Puis viendra le « repecho degli Oleandri » (1,3 km dont 300 mètres à 12 %), à 6,4 km de l’arrivée, terrain idéal pour les puncheurs explosifs souhaitant tenter le coup en solitaire. Le dernier kilomètre, en montée progressive (900 mètres à 3 %, dont les 300 premiers mètres à 4,9 %), favorisera encore une fois les coureurs capables de combiner explosivité et endurance.

Les favoris du jour : Narváez, encore lui ?

Le scénario rappelle à plusieurs égards celui de 2022, où l’échappée du jour avait offert la victoire au Néerlandais Koen Bouwman. Mais cette année, le maillot rose étant porté par Giulio Ciccone — coureur dont l’équipe ne laissera pas filer une échappée monstrueuse — le scénario semble moins favorable aux baroudeurs.

Pour les outsiders du général, ce sera l’occasion de tester la résistance du leader italien et de son équipe Lidl-Trek. Jan Christen, à seulement quatre secondes au général, est en position idéale pour tenter une nouvelle audace, d’autant qu’il bénéficiera de la couverture de Narváez en cas de sprint final restreint. Lennert Van Eetvelt, moins surveillé que les ténors, pourrait également tirer son épingle du jeu. Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora-Hansgrohe), à six secondes seulement, fait partie des coureurs à surveiller, tout comme l’inattendu Florian Stork de la modeste équipe Tudor, qui surprend par sa régularité depuis le départ bulgare.

Quant à Jonas Vingegaard, grandissime favori de cette édition, il pourrait juger le terrain encore trop précoce pour livrer bataille — mais la perte d’un de ses équipiers majeurs (Kelderman) sur chute la semaine dernière l’oblige à la prudence.

Reste que, comme l’a démontré la 4ᵉ étape, Jhonatan Narváez s’impose toujours comme le favori naturel d’un final à la fois cassant et explosif. À 29 ans, l’Équatorien semble avoir trouvé une forme de plénitude tactique que peu de coureurs du peloton actuel peuvent égaler. Et chez Movistar, on prie probablement pour qu’Orluis Aular ait, cette nuit, longuement réfléchi à la manière dont on remercie ses coéquipiers pour le travail qu’ils accomplissent au front de course.

Photo : Giro d’Italia

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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