Pour la treizième fois de son histoire, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe s’élancera le dimanche 1ᵉʳ novembre 2026 depuis les remparts de Saint-Malo. La transatlantique en solitaire, créée en 1978 par Michel Étevenon et devenue au fil des décennies l’un des rendez-vous majeurs de la voile mondiale, promet une édition particulièrement dense — entre légendes confirmées, jeunes loups en quête de consécration et bateaux ultra-innovants tout droit sortis des bureaux d’études les plus pointus.
Les organisateurs ont publié cette semaine un document de présentation détaillant les principaux temps forts attendus. En voici les éléments clés.
Une plateau sportif au sommet
La classe Ultim, celle des géants des mers de plus de 30 mètres, s’annonce comme la plus relevée de l’histoire de l’épreuve. Quatre des plus grands noms du large français seront au départ : Charles Caudrelier (Edmond de Rothschild), tenant du titre depuis 2022 ; Thomas Coville, actuel détenteur du Trophée Jules Verne ; Tom Laperche et Armel Le Cléac’h, deux derniers vainqueurs de la Transat Café L’Or.
En IMOCA, la classe phare du Vendée Globe, le tenant du titre Thomas Ruyant (TR Racing) défendra sa victoire face à Sam Goodchild — qui a remplacé Charlie Dalin chez Macif — et à Jérémie Beyou, vainqueur de la dernière Transat Café L’Or. À ces noms s’ajoute, selon les organisateurs, « une multitude de prétendants » qui visent la victoire.
L’ensemble des Ocean Fifty sera également présent, et une quinzaine de Class40 devraient s’aligner avec des ambitions de victoire. Côté Vintage Multi, six ORMA — ces multicoques de légende qui ont marqué les années 1990 — prendront le départ, menés notamment par Francis Joyon (Pour les Océans, vainqueur du Rhum 2018), Damien Seguin (ARKEA – Handicap International), Éric Péron (French Touch Oceans Club) et Gilles Lamiré (Groupe GCA).
Des bateaux nouvelle génération à observer de près
Cette édition 2026 verra plusieurs nouveaux bateaux étrennés en course majeure. L’Ultim Edmond de Rothschild a été mis à l’eau en début d’année, et l’IMOCA TR Racing de Thomas Ruyant devrait l’être fin juin. Les organisateurs soulignent l’intérêt technique de ces nouvelles unités, notamment la position innovante des foils et les dérives en T de Gitana 18, scrutées de près par les architectes navals et les puristes.
En Class40, plusieurs concurrents ont également mis à l’eau cette année leurs nouveaux bateaux : Alexis Loison (Réel), Axel Tréhin (À venir) et Lucas Rosetti (Maccaferri Futura).
Quand les fils marchent dans le sillage de leurs pères
Deux noms, parmi les visages à suivre de cette édition, résonnent particulièrement avec l’histoire de la course. Le premier : Basile Bourgnon, 24 ans, fils de Laurent Bourgnon — seul skipper à avoir remporté deux fois consécutivement la Route du Rhum en multicoque (1994 et 1998). Le jeune skipper d’Edenred sera l’un des candidats sérieux à la victoire dans la bataille très ouverte des Ocean Fifty.
Le second : Tanguy Caradec, qui s’élancera à bord d’un Vintage Mono (Eurvad). Une participation chargée d’émotion : son père a tragiquement disparu lors de l’édition 1986 de la Route du Rhum — épisode qui rappelle aussi la part de risque assumée par cette course mythique, où le solitaire affronte seul l’Atlantique pendant plus d’une semaine.
Saint-Malo, capitale mondiale du large pendant douze jours
Si le coup d’envoi sera donné le 1ᵉʳ novembre, l’événement débutera bien avant. Le village officiel sera ouvert au public du mardi 20 octobre au dimanche 1ᵉʳ novembre, soit près de deux semaines de festivités et d’animations.
Pour mémoire, l’édition 2022 avait attiré 1,5 million de visiteurs à Saint-Malo, sur un village de 70 000 m². L’accès au village reste gratuit cette année encore, et les organisateurs promettent une fête « sans commune mesure » avec, comme à chaque édition, le spectaculaire passage des écluses par les bateaux à la veille du départ — moment fort qui rassemble plusieurs milliers de personnes massées sur les quais.
Nouveauté annoncée pour 2026 : un dispositif inédit permettra de prolonger la fête à travers tout l’Intra-Muros chaque soir, avec des animations déployées dans le centre historique. « Les effluves de rhum ne se limiteront pas au seul village mais à l’ensemble de l’agglomération malouine », indiquent les organisateurs.
Côté guadeloupéen, la fête se prolongera également à l’arrivée. En 2022, plus de 300 000 visiteurs s’étaient rendus sur le village d’arrivée à Pointe-à-Pitre pour accueillir les marins.
Une course dans une histoire dense
Depuis sa création en 1978, la Route du Rhum a forgé sa légende dans les écarts dramatiques — la première édition s’était jouée à seulement 98 secondes d’écart entre Mike Birch et Michel Malinovsky — et dans les victoires marquantes : Florence Arthaud en 1990 (seule femme à avoir remporté la course), Laurent Bourgnon doublement vainqueur, Franck Cammas, Loïck Peyron, Charles Caudrelier. À chaque édition, la transatlantique en solitaire confirme son statut d’épreuve de référence dans le milieu de la voile professionnelle.
L’épreuve a également, au fil des décennies, profondément marqué l’identité maritime de Saint-Malo et de la Bretagne tout entière. Si la cité corsaire est le port de départ historique de la course, c’est l’ensemble du tissu nautique breton — chantiers, équipementiers, voileries, écoles de voile, sponsors régionaux — qui se mobilise autour de l’événement tous les quatre ans. À ce titre, l’édition 2026 constituera, comme les précédentes, un rendez-vous économique et populaire majeur pour le département d’Ille-et-Vilaine et au-delà.
Plus d’informations : routedurhum.com
Photo d’illustration : © Arnaud Pilpré / #RDR2022
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Une réponse à “Route du Rhum 2026 : départ de Saint-Malo le 1ᵉʳ novembre, la cité corsaire prépare déjà son grand rendez-vous”
Sauf erreur de ma part, le petit trimaran jaune de la photo-titre ressemble fortement à Gordano Goose, multi-coque de l’architecte anglais Nigel Irens construit à partir de 1980 et restauré il y a quelques années dans un chantier naval de Balaruc les bains par Charles Alibert et toute une petite équipe dons je faisait partie. Le bateau à deux routes du Rhum à son actif mais n’a rien à voir avec les engins actuels, c’est du « Spartiate ». Bravo et merci en tout cas à Saint-Malo et aux navigateurs pour cette course épique.