Énergie : Bruxelles concède que la facture restera élevée pour les Européens jusqu’en 2027 au moins

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Les dirigeants européens reconnaissent désormais publiquement ce que de nombreux acteurs économiques observent depuis des mois : les prix du pétrole et du gaz resteront durablement élevés sur le Vieux Continent, au minimum jusqu’à la fin de l’année 2027. L’aveu, rapporté par le portail spécialisé Oilprice, est venu vendredi dernier de la bouche des plus hauts responsables économiques de l’Union européenne, réunis à Chypre pour une rencontre des ministres des Finances de la zone euro.

Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a confirmé devant la presse que la guerre en Iran continue de peser lourdement sur l’inflation et la croissance du bloc européen. Les projections officielles font désormais état d’une inflation à 3,1 % pour l’année en cours et 2,4 % en 2027, alors que Bruxelles tablait initialement sur 1,9 % pour 2026. Une révision à la hausse considérable, qui traduit la persistance des tensions sur les marchés énergétiques mondiaux.

Une contagion inflationniste annoncée

L’inquiétude des responsables européens dépasse désormais la seule question du prix des carburants à la pompe ou des factures de gaz. Selon le commissaire Dombrovskis, l’inflation énergétique devrait progressivement se diffuser à l’ensemble des secteurs de l’économie. Une fois installée, la hausse des coûts énergétiques tend mécaniquement à se propager aux biens manufacturés, aux services et finalement à l’ensemble des prix à la consommation.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a tenu à enfoncer le clou : même dans l’hypothèse où le conflit moyen-oriental cesserait immédiatement, les ondes de choc économiques continueraient de se faire sentir pendant des années. Les ruptures d’approvisionnement peuvent prendre fin rapidement sur le papier sans pour autant effacer les distorsions de prix qu’elles ont engendrées.

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Deux crises énergétiques en quatre ans

L’Europe avait à peine commencé à se stabiliser après le choc énergétique provoqué par l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, qu’elle se retrouve frappée par une nouvelle crise. Deux années passées à reconstruire un semblant d’équilibre auront ainsi été partiellement réduites à néant par l’éclatement du conflit iranien et ses conséquences sur les flux pétroliers et gaziers.

Le contraste avec les autres grandes économies mondiales est saisissant. Selon les données compilées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), avant même le déclenchement de la guerre en Iran, les prix de l’électricité dans l’Union européenne étaient déjà plus de deux fois supérieurs à ceux pratiqués aux États-Unis et environ 50 % plus élevés qu’en Chine. La crise actuelle n’a fait qu’élargir cet écart structurel.

Une compétitivité industrielle en miettes

Les conséquences dépassent désormais largement le seul cadre des factures domestiques. Les industriels européens, déjà fragilisés par des coûts de production parmi les plus élevés au monde, voient leurs marges s’éroder dangereusement face à des concurrents américains et asiatiques bénéficiant d’une énergie nettement moins chère.

Le secteur des centres de données et de l’intelligence artificielle illustre particulièrement cette perte de terrain. L’Europe accumule les handicaps : électricité coûteuse, capacité limitée des réseaux, délais de raccordement qui peuvent s’étirer sur plusieurs années. Pendant que les hyperscalers américains et chinois multiplient les investissements massifs dans des infrastructures de calcul, le Vieux Continent peine à offrir aux porteurs de projets un environnement économiquement viable. Une énergie bon marché ne résout certes pas tous les problèmes, mais une énergie chère présente cette remarquable capacité à en créer constamment de nouveaux.

Les ménages et les entreprises en première ligne

Pour les ménages européens, déjà éprouvés par plusieurs années d’inflation soutenue, la perspective d’une persistance des prix élevés jusqu’en 2027 au moins est une mauvaise nouvelle. Le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, qui consacrent une part proportionnellement plus importante de leur budget aux dépenses contraintes — énergie, logement, transport, alimentation —, continuera d’être laminé par cette pression durable sur les prix.

Du côté des entreprises, les arbitrages s’imposeront avec une acuité croissante. Les industries énergivores — chimie, métallurgie, verre, papier, ciment — risquent de poursuivre les délocalisations vers des zones offrant des conditions plus favorables. Plusieurs grands groupes européens ont déjà annoncé ces derniers mois la fermeture ou la mise en veille de sites de production sur le continent.

Une politique énergétique européenne en question

Cette nouvelle alerte de Bruxelles intervient alors que les choix stratégiques de l’Union européenne en matière énergétique font l’objet de débats croissants. La dépendance accrue à des importations souvent acheminées par des routes maritimes vulnérables, l’abandon ou la sous-utilisation de capacités de production sur le sol européen, et l’empilement de normes environnementales sans toujours de vision industrielle cohérente, alimentent les critiques.

Plusieurs pays membres, dont la France à travers le maintien de son parc nucléaire, ont défendu la nécessité de souverainetés énergétiques nationales plus affirmées. La crise actuelle pourrait remettre sur la table des débats que les institutions européennes considéraient jusqu’à récemment comme largement clos.

Les déclarations de Chypre confirment en tout cas que la trajectoire prévue pour le retour à une inflation maîtrisée a été substantiellement révisée. Le temps de l’énergie abondante et bon marché en Europe, déjà compromis depuis le début de la décennie, paraît durablement révolu. Reste à savoir si les responsables politiques européens sauront en tirer les conséquences industrielles, économiques et géopolitiques qui s’imposent — ou si le Vieux Continent acceptera passivement son décrochage face à des concurrents mieux armés sur le plan énergétique.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Énergie : Bruxelles concède que la facture restera élevée pour les Européens jusqu’en 2027 au moins”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Nous richissimes en énergie électrique…DEHORD DE L’EUROPE…ras les bol de cette escroquerie yankee et es sales boches profiteurs.

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