Le Paris Saint-Germain a donc soulevé une deuxième Ligue des champions consécutive, ce samedi 30 mai à Budapest, en venant à bout d’Arsenal aux tirs au but (1-1, puis 5-4). Sur le plan sportif, l’exploit est réel : premier club français à conserver son titre continental. Sur le plan symbolique, il y a quelque chose de plus dérangeant, et qui n’a rien à voir avec le talent de Dembélé. C’est le spectacle qu’a offert une partie de la Bretagne ce soir-là. Un spectacle de soumission.
Depuis quand supporte-t-on Paris en Bretagne ?
Posons la question franchement, parce que personne n’ose la poser. Depuis quand, dans les bars de Rennes, de Brest, de Lorient ou de Quimper, affiche-t-on aux murs l’injonction de communier derrière le Paris Saint-Germain ? Depuis quand un patron de troquet breton estime-t-il naturel d’inviter sa clientèle à vibrer pour un club de la capitale fraçaise, comme s’il s’agissait d’une évidence, d’un devoir civique ?
La Bretagne a des clubs. Elle en a même une belle collection, et de toutes les divisions : Rennes, Nantes, Brest, Guingamp, Lorient, Concarneau, Saint-Brieuc, sans compter tous les clubs amateurs. Des clubs avec une histoire, un public, des racines, parfois des galères, mais une identité – même si certains dirigeants aiment aussi actuellement transformer ces clubs en marques sans âme. Et voilà qu’on demanderait au peuple breton de ranger tout cela au placard pour applaudir Paris ? Je me souviens de tribunes, à Rennes, à Nantes notamment, qui expulsaient, de manière parfois virile, fût un temps, n’importe quelle personne qui se présenterait en tribune avec un maillot du PSG ou de l’OM. Parce que ça n’a pas sa place, tout simplement.
Il y a dans cette mécanique quelque chose de proprement colonial – qui témoigne aussi d’un certain remplacement de la population bretonne d’origine, physique comme mental : le centre qui rayonne, la périphérie qui s’aligne, le sujet qui apprend à aimer ce qu’on lui désigne. On croyait la Bretagne plus fière que cela.
Vous aimez un club qatari, vraiment ?
Et quel Paris, au juste ? Le PSG version 2026 n’est pas le club des années 1980 et 1990, avec ses tribunes bouillantes, ses rivalités, sa culture populaire rugueuse et parfois excessive, mais authentiquement parisienne. Le PSG d’aujourd’hui est une marque, propriété d’un fonds souverain qatari, un objet de soft power au service d’un État du Golfe qui achète du prestige comme on achète un immeuble et qui vend des maillots hors de prix à vos gamins intoxiqués.
Le plus cocasse, c’est que parmi les Bretons qui braillaient leur joie samedi soir, combien auraient toisé avec mépris le PSG d’origine et ses supporters historiques ? Combien crachaient hier sur le « foot business » avant de découvrir, ce week-end, qu’ils étaient parisiens dans l’âme ? On a là le degré zéro de la fidélité sportive : on ne supporte plus une équipe, on supporte un vainqueur. On ne s’attache plus à des couleurs, on se branche sur un palmarès. C’est le supportérisme du consommateur, qui change de maillot comme de forfait téléphonique.
Bonjour à tous et surtout à nos lecteurs de Bretagne et d’ailleurs qui n’ont pas été intoxiqués par la propagande qui a quasiment transformé cette finale de Ligue des champions en acte de patriotisme obligatoire . En Bretagne on a @SB29 @staderennais @FCLorient @EAGuingamp… pic.twitter.com/PPaemFNJX4
— Breizh-Info (@Breizh_Info) May 31, 2026
La fin du football populaire, en majesté
Car c’est bien cela que le sacre du PSG vient célébrer : la liquidation définitive du football populaire. Le message envoyé est limpide. Avec assez d’argent, on achète tout — les meilleurs joueurs, les meilleurs entraîneurs, et même, c’est nouveau, l’affection de régions qui n’ont strictement aucun lien avec vous. On achète jusqu’à la ferveur de Bretons qui n’ont jamais mis les pieds au Parc des Princes.
Imagine-t-on des Écossais hurler de bonheur pour Arsenal ? Des Mancuniens fêter un titre londonien dans leurs pubs ? L’idée même prête à rire. Chez les peuples qui tiennent à leur identité, on soutient les siens, ou à la rigueur on respecte l’adversaire, mais on ne se prosterne pas. Le pire de l’affaire, c’est qu’on a même vu reprocher un « manque de patriotisme » à ceux qui ne hurlaient pas avec la meute — y compris au député RN Julien Odoul, supporter assumé d’Arsenal de longue date. Comme si applaudir un club détenu par Doha relevait désormais de l’amour de la patrie. Le renversement est total : le mondialisme déguisé en cocorico, l’allégeance à un fonds étranger maquillée en élan national. Et cette ambiance d’adhésion obligatoire ne s’arrêtait pas aux gradins de football : jusque dans les travées de Roland-Garros, on a senti planer la même injonction diffuse à communier.
Et pendant ce temps, Paris brûle
Reste l’image, celle qui clôt cette soirée de « gloire nationale » : les rues de la capitale livrées au chaos. Les débordements, les violences, les scènes de saccage devenues le rituel immuable de chaque titre parisien. Voilà le visage réel de cette fête qu’on voudrait imposer à tout l’hexagone comme un moment d’unité.
🇫🇷 PARÍS HA CAIDO
Tras la obtención de la Champions League por parte del PSG, París se ha convertido en zona de guerra.
Acá vemos las consecuencias de la cobardía de los líderes europeos. pic.twitter.com/yogDbgWXKJ
— Dani Lerer (@danilerer) May 30, 2026
On nous explique que le sport rassemble. Ce qu’on a vu samedi soir à Paris, c’est une ville incapable de fêter quoi que ce soit sans sombrer dans la sauvagerie, et un État spectateur, débordé, impuissant à garantir la sécurité de ses propres administrés un soir de liesse. Que ceux qui rêvent de transformer la Bretagne en banlieue affective de la capitale française méditent l’image. Nous avons nos clubs, nos villes, nos couleurs et notre dignité. Le maillot parisien, qu’il soit financé par le Qatar ou par n’importe qui d’autre, n’a rien à faire sur nos murs. Supporter le PSG en Bretagne, ce n’est pas un goût : c’est un renoncement !
Kentoc’h mervel eget bezañ saotret
YV
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12 réponses à “La Ligue des Champions et la honte bretonne : depuis quand supporte-t-on le PSG et le Qatar à Rennes, Nantes, Guingamp, Brest ou Lorient ?”
D’accord pour dénoncer les violences (ou plutôt les pillages) qui accompagnent désormais toute célébration sportive, notamment pour le football. Pour le reste, cet article frise le pathétique : bien sûr que l’argent peut tout, dans le sport et en particulier dans le foot. Mais les « grands » clubs espagnols, anglais, allemands; italiens ne vivent pas des abonnements et ne fonctionnent pas avec les cagnottes des supporters. La logique du Monopoly s’exercent pleinement dans ce monde-là aussi. Quant à la promotion de la bretonnitude et le rejet du PSG, c’est ridicule : les clubs français sont tellement en manque de résultats internationaux (comme le tennis d’ailleurs) qu’il est remarquable, à tous les sens du terme, qu’un club, même financé de l’extérieur (ils le sont quasiment tous, à bien y regarder, à l’étranger comme en France OM, OL, on a même vu des Chinois s’intéresser … au FC Sochaux !), brise cette sorte de malédiction. Quand les clubs de L1 gagneront la coupe d’Europe aussi souvent que les clubs anglais ou espagnols, on se polarisera peut-être poins sur le PSG. Et puis, qu’est-ce qui empêche des investisseurs de miser sur des clubs bretons ? Et pour reprendre le cas du tennis, faudrait-il être uniquement supporters de joueurs bretons en non français, sous prétexte qu’ils seraient originaires d’autres régions ?
PS : j’aimerais que ce commentaire, que j’ai pris la peine de rédiger, ne soit pas « modéré » (en clair censuré), comme sur un vulgaire forum internet.
Le Qatar football club n’a rien à voir avec la Bretagne…à ignorer !
C’est le foot qui est pourri, de la moelle jusqu’au bout des membres, de l’école de foot du plus petit club de banlieue jusqu’à l’équipe pro qui trône sur le toit de l’Europe. Tu commences à le reconnaître, Camarade, mais tu ne veux pas encore le dire vraiment. Rien à voir avec une identité bretonne qu’il faudrait systématiquement opposer à une éventuelle préférence nationale. D’ailleurs, dans cet antagonisme minable et inintéressant, la défense de la position d’un député RN, sous ta plume, ne manque pas de sel…
Bon. Mes commentaires ne passent décidément pas. Je sens que je vais me désabonner.
Nous n’avons pas le budget pour avoir un modérateur 24h/24.
cdlmt
Syndrome du colonisé. Nenni la France, mais le qatar Saint-Germain-des-Prés, à qui nous devrions envoyer la facture des frais de cette manifestation « sportive »: casse, forces de « l’ordre », pompiers, services municipaux,… Mais c’est Erwan qui paye! Comme des Basques qui soutiennent l’Argentine, des Alsaciens qui soutiennent l’Allemagne (oups! les heures les plus sombres…), Breton, je soutiendrai l’Ecosse mais pas la france ( france,france, c’est à voir)
C’est rassurant de savoir que Julien Odoul lui est légitime à supporter un club de la perfide Albion.
Billet bas de plafond, bas du front.
Comme le souligne JphC Le Foot de clocher comme le rugby de nos jeunes années est dépassé par le côté professionnel des clubs de top niveau. Si on veut des victoires, il faut des sponsors et acheter des vedettes…… on gère un grand club comme une entreprise. Le Qatar à coup de millions a réussi à former une équipe qui n’a rien de parisien, voyez les pubs de Fly Emirates ou Qatar Airways. Dans le milieu Pro le fanion ou la cocarde du club ne représente que le côté vintage de l’équipe. Nous aussi ,au rugby, on a la nostalgie des clubs d’avant, mais l’argent est le nouveau dieu de nos sociétés qui peut tout acheter !
Rennes (35), Nantes (44), Guingamp (22), Brest (29) et Lorient (56) : si tous les départements français faisaient comme en Bretagne historique, le championnat devrait compter 95 équipes. Le premier problème n’est-il pas là ? Plutôt que ce sport qui traîne derrière lui toutes sortes de racailles, ne faudrait-il pas plutôt pousser les autres sports collectifs : rugby (comme à Vannes), hand (comme à Nantes), hockey ? basket ? et je ne parle pas du football gaélique !
Je n’ai même pas regardé le match tellement ça ne m’intéresse pas. Le PSG n’est pas mon club, Paris n’est pas ma ville, la France etc..
Bevet Breizh !
J-Ph Cul poilu la Ligue Celtique ne te retient pas…KAS DA REOR KUIT ha BUAN MAEZ n’eus plas ebet ammañ e omp Breizh, hag evit ar franchichen mat int da vezañ lakaet barzh ar zailh kaoc’h ha d’an aod…
La Bretagne n’a rien à voir avec ia france ni avec ses casseurs .Bevet Breiz dieub