Tabac : plus d’une cigarette sur deux vendue en France échappe désormais au réseau légal

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Un rapport publié début juin 2026 révèle qu’en 2025, pour la première fois, plus de la moitié des cigarettes consommées en France ne proviennent pas du réseau officiel des buralistes. Le marché illicite explose, la contrefaçon quadruple la moyenne européenne, et les finances publiques accusent un manque à gagner colossal — sans que le gouvernement n’ait encore prévu de réponse spécifique.

Un basculement inédit

Les chiffres du rapport KPMG 2026 sont sans précédent. En 2025, 53,6 % des cigarettes consommées en France — soit 26,54 milliards d’unités — ont été achetées en dehors du réseau légal des buralistes français. C’est la première fois depuis que ces données sont suivies que la majorité des cigarettes fumées en France provient de circuits non officiels. En un an, cette proportion a progressé de cinq points.

Ce marché parallèle recouvre deux réalités distinctes. La première est légale : des achats effectués à l’étranger dans la limite des seuils autorisés, principalement dans les pays frontaliers où les prix sont sensiblement inférieurs. La seconde est illicite : contrebande et contrefaçon, en progression accélérée.

La France, premier marché illicite d’Europe

C’est sur le terrain de l’illicite que la situation est la plus préoccupante. En 2025, près de 21 milliards de cigarettes illégales ont été consommées sur le territoire français, en hausse de 9 % sur un an. La France représente à elle seule près de 40 % des volumes illicites consommés dans les 38 pays européens analysés par le rapport — trois fois plus que le Royaume-Uni, dix fois plus que la Belgique.

La contrefaçon est le moteur principal de cette progression : en hausse de 24 % en volume sur un an, elle représente désormais une cigarette sur cinq consommée en France, soit environ 10 milliards d’unités. C’est quatre fois la moyenne de l’Union européenne. Ensemble, contrebande et contrefaçon atteignent 41,5 % de la consommation totale de cigarettes en France — contre 11,9 % en 2006. En moins de vingt ans, la part de l’illicite a été multipliée par trois et demi.

Les hausses de taxes, carburant du trafic

Cette explosion du marché noir n’est pas fortuite. Elle s’explique en grande partie par les hausses successives de la fiscalité sur le tabac, qui ont creusé un écart de prix considérable entre les cigarettes légales et celles issues des circuits illicites — rendant ces dernières économiquement attractives pour une frange croissante de consommateurs.

À cela s’ajoute la structuration de réseaux de distribution de plus en plus agiles, l’implantation d’usines clandestines de production directement sur le sol français, et l’essor des ventes via les réseaux sociaux — qui permettent un contact direct, rapide et non contrôlé entre vendeurs et acheteurs, y compris auprès de publics mineurs. Certains commerces de proximité ouverts tard le soir jouent également un rôle dans cette normalisation de l’accès aux cigarettes illicites.

Parallèlement, les ventes dans le réseau légal des buralistes reculent de près de 9 % par rapport à 2024 selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Une baisse qui ne traduit donc plus simplement une diminution de la consommation, mais bien un transfert massif et durable vers des circuits parallèles.

10,4 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État

Les conséquences pour les finances publiques sont considérables. Le manque à gagner fiscal lié au marché parallèle est estimé à 10,4 milliards d’euros par an — dont 4,9 milliards liés à la seule contrefaçon. Pour donner un ordre de grandeur, c’est davantage que le budget annuel alloué aux transports ou à la culture.

Malgré cette hémorragie fiscale, le projet de loi « RIPOST » récemment présenté par le ministre de l’Intérieur, qui cible notamment le trafic de protoxyde d’azote, de médicaments et de stupéfiants, ne prévoit à ce stade aucune mesure spécifique contre le commerce illicite de cigarettes.

Le constat que dresse ce rapport est celui d’un État qui continue de miser sur la fiscalité comme principal levier antitabac, sans mesurer — ou sans vouloir mesurer — les effets pervers de cette stratégie sur le développement du marché noir. Chaque hausse de taxe creuse mécaniquement l’écart de prix avec l’illicite, alimentant les réseaux qu’elle prétend affaiblir.

Les spécialistes du secteur plaident pour une réponse combinant renforcement des contrôles sur les circuits de distribution, sanctions alignées sur celles prévues pour les trafics de stupéfiants, lutte active contre les ventes numériques illicites et meilleure protection des consommateurs. Sans inflexion significative de la politique publique, ce marché structuré et massif continuera de prospérer — au détriment des buralistes, des finances de l’État et des consommateurs eux-mêmes.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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3 réponses à “Tabac : plus d’une cigarette sur deux vendue en France échappe désormais au réseau légal”

  1. Franck dit :

    On voit bien que nos dirigeants sont complètement hors sol, ils vivent sur une autre planète. Ce n’est pas en augmentant les prix que l’on peut résoudre les problèmes de sante. Non seulement ils n’ont pas notablement rallenti la consommation, mais en plus ils ont causé une perte de recettes sur les taxes, et au niveau de la santé ils ont encouragé la consommation de produits de mauvaise qualité. Bande de bouffons

  2. Jean-louis Garnier dit :

    Aucune leçon n’a été tiré de la prohibition américaine de l’entre deux guerres! L’interdiction d’une activité (sa restriction par le prix n’en est qu’une forme) rend la population complice des groupes illégaux qui s’enrichissent formidablement par la poursuite de la vente du produit ou service

  3. Yoaren dit :

    @Franck : et pourtant, en Australie, ils ont réussi à bien diminuer les taux de cancer du poumons en surtaxant les cigarettes. Bon, il faut admettre que là bas le paquet coûte désormais 50€. Gros choix politique ! Mais cela paye, sanitairement parlant (par contre là aussi il y a du marché noir)…

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