À l’occasion du 82e anniversaire du débarquement allié en Normandie, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a profité de la cérémonie pour comparer l’immigration en Europe à une invasion — provoquant une vive réaction de plusieurs responsables britanniques. Une sortie qui illustre la vision d’une partie de l’Amérique mais aussi des peuples Européens sur ce qu’ils considèrent comme une menace civilisationnelle sur le Vieux Continent.
« Quand les capitales européennes agiront-elles ? »
Devant les 9 387 croix blanches du cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer, Pete Hegseth a prononcé un discours en deux temps. Le premier, attendu, portait sur le devoir de mémoire et l’exigence que les alliés européens contribuent davantage à leur propre défense. Le second, nettement moins diplomatique, a transformé les plages normandes en tribune politique.
Évoquant les côtes espagnoles, italiennes, grecques et bulgares, Hegseth a décrit des plages « envahies » par des « idéologies dangereuses » venues de la mer, et demandé publiquement quand les gouvernements européens allaient « faire quelque chose contre cette invasion ». Une rhétorique qui reprend mot pour mot le cadre narratif de l’administration Trump, pour qui la migration de masse représente une menace existentielle pour la civilisation européenne.
JD Vance avait quelques jours plus tôt utilisé la même terminologie à propos de la Grande-Bretagne, évoquant un « déclin civilisationnel » causé par une « invasion » migratoire, dans le contexte du meurtre d’un étudiant blanc par un homme d’origine sikhe.
Des alliés agacés
La réaction britannique n’a pas tardé. Aveugle manifestement, un ancien ministre des forces armées a jugé que Hegseth — et Trump — minimisaient la véritable menace pesant sur la sécurité européenne, à savoir la Russie. Il a rappelé que l’administration américaine avait mis fin à tout soutien militaire à l’Ukraine et multiplié les gestes d’ouverture envers Moscou, avant d’accuser Washington de chercher à « attiser le soutien aux droites radicales à travers l’Europe ».
Un député travailliste et ancien officier a qualifié les propos du secrétaire à la Défense d' »incroyablement déprimants », ajoutant que le lieu choisi — les plages du débarquement — rendait le message « particulièrement pervers ».
À noter : Hegseth a boycotté la cérémonie internationale officielle de l’après-midi, à laquelle participaient notamment le ministre britannique de la Défense et des vétérans américains.
C’est le Premier ministre français Sébastien Lecornu qui a présidé la cérémonie internationale en l’absence du représentant américain. Saluant la « résilience » britannique et rendant hommage aux « 3 000 hommes à peine âgés de 20 ans » tombés le 6 juin 1944, il a glissé, sans nommer Washington, que l’Europe devait désormais relever « le défi de notre génération » : construire son autonomie stratégique et sa capacité à se défendre face à des menaces « qui se rapprochent, s’intensifient et se multiplient ».
Là encore, le refus et le déni du réel, par des responsables européens sur le sol européen, est sidérant.
Source : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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