Référendum Citoyen : l’application d’Alexandre Jardin veut imposer la démocratie directe, hors du cadre de l’État

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73 000 téléchargements en une semaine, et un rythme désormais proche de 10 000 par jour. Lancée le 10 juin par l’écrivain Alexandre Jardin et développée par son fils Robinson, spécialiste de cybersécurité, l’application Référendum Citoyen connaît un démarrage remarqué. Son ambition : permettre à chaque Français de voter, depuis son téléphone et en dehors de tout cadre institutionnel, sur les grands sujets qui agitent le pays.

Une « démocratie dans la poche »

Le principe est simple. L’utilisateur scanne son passeport — les cartes d’identité doivent suivre —, ce qui certifie sa nationalité, sa majorité et l’unicité de son vote, lequel est ensuite inscrit sur un registre public en ligne présenté comme infalsifiable. Robinson Jardin, qui se définit avant tout comme un spécialiste de la cybersécurité, assure qu’une telle technologie rend la fraude impossible et garantit l’anonymat : selon l’association, ni l’application, ni ses créateurs, ni l’État ne peuvent relier un vote à une personne.

Dans un premier temps, quatre questions sont soumises aux utilisateurs, accompagnées d’un argumentaire pesant le pour et le contre. Deux portent sur le pouvoir d’achat — la suppression des Certificats d’économie d’énergie et celle des aides publiques à l’éolien et au solaire —, une troisième sur le système de santé, la dernière sur les zones à faibles émissions (ZFE), rétablies par le Conseil constitutionnel après leur suppression par le Parlement. La consultation doit se renouveler tous les quatre mois.

Une critique frontale de la démocratie représentative

Derrière l’outil, c’est une charge contre le fonctionnement institutionnel français qu’assume Alexandre Jardin. Le fondateur du mouvement des Gueux — déjà actif dans la contestation des ZFE — estime que la démocratie représentative ne représente plus les Français. Il dénonce un système où, le soir des élections, le peuple serait écarté tandis que les élus obtiendraient un blanc-seing jusqu’au scrutin suivant, une mécanique qu’il juge dépassée et responsable de la désertion des urnes.

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Sondages et consultations sont balayés comme des indications vite oubliées. Quant au référendum d’initiative partagée, introduit en 2008, l’écrivain estime qu’il a été assorti de conditions telles qu’il n’a jamais vocation à être utilisé. Son application se veut donc une « intrusion sans effraction » dans le champ politique, destinée à rendre visible et incontestable la position des Français. Si les votes sont massifs, plaide-t-il, le pouvoir ne pourra pas feindre de les ignorer.

La justice, prochain terrain de bataille

Le porteur du projet veut désormais étendre la démarche à un sujet brûlant : la justice. Dans une tribune, Alexandre Jardin plaide pour un référendum sur la responsabilité des magistrats, sur fond de défiance massive envers l’institution judiciaire — une enquête Elabe-BFMTV du 10 juin créditait 65 % des Français d’une absence de confiance, dégradation que l’écrivain relie notamment à l’affaire Lyhanna, qualifiée de crise systémique jusque par le procureur général près la Cour de cassation.

La question, formulée par l’ancien magistrat Georges Fenech, porterait sur la possibilité de juger les fautes lourdes des magistrats devant une cour de personnalités qualifiées extérieures à la magistrature, élues au suffrage universel pour cinq ans. L’objectif affiché n’est pas d’imposer une réponse, mais d’ouvrir un débat national sur le contrôle des juges, aujourd’hui jugés par leurs pairs.

Reste que l’initiative soulève des questions. Sa portée : dépourvus de toute valeur juridique, ces votes ne s’imposent à personne, et tout repose sur le pari d’une participation suffisamment massive pour peser politiquement. Sa pérennité, enfin, car rien ne garantit que l’engouement des premiers jours résiste à l’usure du temps une fois passé l’effet de nouveauté. Le recours obligatoire au passeport pourrait par ailleurs freiner une partie des utilisateurs (comble pour ceux qui veulent pourtant plus de démocratie). Enfin, les autorités « républicaines », n’aiment pas quand la population s’exprime sans lui demander son avis. 

L’expérience n’en demeure pas moins révélatrice d’une aspiration de fond à la démocratie directe, et d’une défiance persistante envers le système représentatif. Reste à savoir si les Français s’empareront durablement de l’outil — et si la classe politique, elle, acceptera d’y prêter l’oreille.

Crédit photo  : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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