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Dans la restauration, la vraie, pas ceux qui réchauffent du sous-vide industriel, il y a plusieurs classes. Les petits restos de quartier – souvent honnêtes et très classiques, les gastronomiques – c’est très cher et très bon – et la « bistronomie », autrement dit des restos qui font de la bonne cuisine, plus cher qu’un bar-brasserie et un peu moins qu’un gastronomique. Généralement, pas de formule, le vin est cher et au verre, mais c’est souvent bon. On a réussi à trouver un resto qui est à la fois très bon et très abordable.
Il se trouve au début de la rue des Dames qui conduit de la très belle chapelle Saint-Yves (XIVe) à la Cathédrale. Une petite rue bien à l’abri qui a échappé au grand incendie de 1720. Elle s’appelait depuis le XIIIe rue Saint-Denis à cause d’un prieuré voisin, et est devenue rue des Dames après 1491, lorsque Anne de Bretagne et ses dames de compagnie logent à l’hôtel de la Garde-Robe, rue Saint-Yves, tout près.
Bref, à midi, le 2 rue des Dames propose une formule à 17 € avec un choix entre deux entrées, deux plats, deux desserts. Ce midi, ce fut donc un tartare avec une crème d’avocats – le vrai comble du juge – hérissé de pousses de betteraves et saupoudré généreusement de fleur de sel, un merlu bien nacré pêché la nuit même au Guilvinec, et une panna cotta absolument savoureuse. Pour 2.50 € de plus on a un verre de vin rouge ou blanc – ou un pichet de 50 cl à 8 €, assez rare pour être signalé. Le plat seul est à 9€.
La salle est petite (30 couverts), très historique, avec vieux plafond et cheminée en pierre, et bien décorée avec des affiches et des cartes diverses, chinée dans les brocantes. Les politiques de la 5e répulique – enfin plutôt leurs affiches électorales – sont remisées au WC. Le service est assuré par Julien Moreau, ancien chroniqueur judiciaire pour divers titres, notamment le Parisien, le Télégramme et le Courrier de la Mayenne ; tous deux ont ouvert leur restaurant en février 2016. Son frère Gabriel – formé à l’école des métiers de Saint-Méen le Grand, à l’école des métiers de Ker Lann et aux fourneaux de l’Amiral et du Baron Rouge à Rennes – officie seul en cuisine de 8h à 23h, faisant tous ses plats à la minute, inventant ses recettes au fur et au mesure de ses approvisionnements aux Lices et de la saison.
C’est lorsqu’il a gagné la chouette d’or au Festival gourmand en 2015, alors qu’il était au Baron Rouge, que son frère a eu l’idée de mettre sa carrière journalistique et sa vie parisienne entre parenthèses pour se reconvertir dans la restauration. Le local ? Trouvé sur Le Bon Coin. La carte ? Très courte mais elle change tous les mois ? La cuisine : des produits locaux, du goût et de l’inattendu. « On n’est pas là pour gonfler la note alors qu’on fait du frais et du local », nous explique Julien Moreau. Même un cambriolage survenu deux mois après l’ouverture – avec un butin minime mais une porte pulvérisée – ne les a pas arrêtés. Le concept marche, la salle est pleine, et les clients sont ravis. Et il est plus que conseillé de réserver.
Y aller : 2 rue des Dames, 35000 Rennes
02.99.03.61.06
Ouvert de 12h à 13h30 et de 19h30 à 21h45 du mardi au samedi.
Crédit illustration : Breizh-info.com et DR
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