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C’est pratique de réchauffer l’idée de « l’Europe sociale » lorsqu’on ne sait plus quoi dire ; c’est ce que fait habituellement la gauche à la veille des élections européennes : Lydie Massard, candidate UDB, n’échappe donc pas à la règle.
À la veille de toutes les élections européennes, les partis « de gauche » tiennent le même discours. Dans leur programme il est en effet fait mention de « l’Europe sociale » qu’ils appellent de leurs vœux – une ritournelle. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Lydie Massard, candidate UDB (Union démocratique bretonne) sur la liste Europe Écologie Les Verts, rappelle qu’ « il est nécessaire que nous réinventions les bases d’une nouvelle Europe. Une Europe qui ne se résume pas à un grand marché commun, mais qui soit aussi solidaire, sociale et écologique » (Le Peuple breton, avril 2019).
Tout cela est bel et bon, mais Mme Massard oublie plusieurs choses. D’abord les fondements idéologique de l’Union européenne sont libéraux (principe de la concurrence libre et non faussée ; libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux). Ensuite l’objectif principal de la Banque centrale européenne est de « maintenir la stabilité des prix », le « soutien aux politiques générales dans l’Union » n’apparaissant que secondaire. Enfin, prétendre renégocier les traités, comme avait essayé de le faire croire François Hollande avant d’être élu président de la République, relève de la simple escroquerie intellectuelle ; en effet, pour modifier le traité de Lisbonne, par exemple, il faut l’accord des 27 États membres de l’Union européenne. Ce que l’Allemagne n’acceptera jamais. Par conséquent, s’il n’y a pas unanimité, on ne peut pas songer à la moindre remise en question : Une seule solution : sortir… Exercice auquel les Britanniques s’essaient…

Quand le capitaine Haddock évoque l’Europe sociale… Source : le blog de Niurka R.
Refaire les traités ?
Mais rien n’interdit de continuer à blablater sur l’« Europe sociale » en sachant l’affaire irréalisable. C’est ce que François Denord et Antoine Schwartz ont fait dans leur ouvrage L’Europe sociale n’aura pas lieu (Raisons d’agir, 2009). « La manière de bâtir une véritable « Europe sociale » ne fait pas mystère. Il faut revenir sur les « acquis libéraux » en brisant au marteau-pilon les trois piliers de l’ordre économique européen (le monétarisme, la libre concurrence et le libre-échange) pour le reconstruire sur des bases résolument différentes. » Si elle est élue député européen, Lydie Massard aura donc du pain sur la planche !
En attendant de s’installer à Strasbourg, Mme Massard gagnerait à lire l’article de Frédéric Lordon publié dans Le Monde diplomatique (mars 2019), intitulé « Sortir de l’impasse européenne ». Critiquant la « gauche inconséquente », Lordon souligne qu’« en l’état actuel des choses, une telle révision fera l’objet d’au moins un refus catégorique certain, celui de l’Allemagne. C’est que l’Allemagne, précisément, a conditionné sa participation à l’euro à la sanctuarisation de son orthodoxie dans les traités. Serait-elle mise en minorité à ce sujet, elle préférerait l’intégrité de ses principes à l’appartenance à l’Union. » Lordon invite donc la « gauche démocratique européenne » (sic) à réfléchir à la question : si on refait les traités, l’Allemagne s’en va et l’euro se brise.
Tout le monde à gauche veut « refaire les traités ». Lordon est catégorique : « Disons le leur tout de suite : on ne refera rien ».
Bernard Morvan
Illustrations : DR
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Une réponse à “Lydie Massard (UDB) va s’occuper de l’« Europe sociale »”
[…] Source : http://www.breizh-info.com/2019/04/11/116318/lydie-massard-udb-va-soccuper-de-l-europe-soc… Auteur : Date de parution : 2019-04-11 03:45:00 […]