Réunie en urgence, l’Assemblée d’Irlande du Nord (Stormont) appelle à la fin des violences [MAJ]

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MAJ du 8 avril à 16h Le secrétaire d’État à l’Irlande du Nord, Brandon Lewis, a appelé les parties en présence en Irlande du Nord à « travailler ensemble » afin d’apaiser les tensions. Dans une déclaration qui vient d’être publiée, M. Lewis a indiqué qu’il prévoyait de rencontrer et de dialoguer avec les dirigeants communautaires, religieux et politiques. Il s’est fait l’écho de l’appel au calme lancé par l’exécutif.

« La population d’Irlande du Nord mérite mieux que la poursuite de la violence et des troubles dont nous avons été témoins ces derniers jours. Je sais, grâce à mes contacts permanents avec les chefs de parti, que cette opinion est partagée par tous. La seule façon de résoudre les différends est le dialogue et, à cet égard, nous devons tous montrer l’exemple », a-t-il écrit dans la déclaration.

« Ceux qui sont impliqués dans cette destruction et ce désordre ne représentent pas l’Irlande du Nord. J’ai vu de mes propres yeux le véritable esprit de l’Irlande du Nord – la créativité, l’optimisme et la détermination à ne jamais revenir aux conflits et aux divisions du passé. Nous ne pouvons pas permettre que cet esprit soit écrasé par une petite minorité déterminée à recourir à la violence. La force de l’accord de Belfast (Good Friday) réside dans le fait qu’il a fourni un cadre permettant à toutes les communautés d’Irlande du Nord, grâce au respect mutuel et à la tolérance, de vivre et de travailler ensemble. Je suis conscient des préoccupations persistantes de certains membres de la communauté unioniste et loyaliste au cours des derniers mois, et j’ai été à l’écoute de ces préoccupations. Cependant, je reste clair sur le fait que la bonne façon d’exprimer ses préoccupations ou ses frustrations est le dialogue, l’engagement et le processus démocratique, et non la violence ou le désordre. Aujourd’hui, je rencontrerai des leaders communautaires, religieux et politiques. Suite à l’engagement pris plus tôt dans la journée, je salue la déclaration de l’exécutif et je me joins à lui pour lancer un appel au calme. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour continuer à faciliter les discussions constructives sur la voie à suivre dans les jours à venir. Je reste en contact étroit avec le Premier ministre pour le tenir informé.»

L’Assemblée d’Irlande du Nord a adopté ce jeudi 8 avril à l’unanimité par un vote oral la motion appelant à la fin immédiate des violences récentes et au soutien de l’État de droit. Les députés ont été rappelés de leurs vacances de Pâques à la suite de la semaine de violence qui a culminé avec des troubles dans l’Ouest de Belfast, hier soir, au niveau d’un « Peace Wall », ces mûrs de la paix qui séparent les communautés.

Selon la police, environ 600 personnes étaient impliquées et des bombes agricoles, des bouteilles, des pierreset des feux d’artifice ont été lancés. Un bus a été détourné, vidé de ses occupants, et incendié, tandis que le photographe du Belfast Telegraph Kevin Scott a été attaqué. Deux autres véhicules ont été stoppés La police anti-émeute est intervenue. Huit officiers ont été blessés et deux hommes âgés de 18 et 28 ans ont été arrêtés.

L’implication des paramilitaires loyalistes est probable selon la police, bien que rien à l’heure actuelle ne le démontre.  La ministre de la Justice, Naomi Long, a qualifié d’inquiétant le fait que des enfants de 12 ans seulement aient été impliqués dans des affrontements avec la police en Irlande du Nord, et a déclaré qu’elle était horrifiée de voir des images d’adultes « se tenant à côté, encourageant et poussant des jeunes gens à faire des ravages dans leur propre communauté ».

La chef du DUP et Premier ministre, Arlene Foster, a déclaré que les scènes observées en Irlande du Nord étaient « totalement inacceptables ». Elle a déclaré : « Aujourd’hui, ce n’est pas le moment de répéter les arguments de ces dernières semaines. Nous devrions tous savoir que lorsque la politique est perçue comme un échec, ceux qui remplissent le vide provoquent le désespoir. »

La vice Premier ministre Michelle O’Neill a déclaré : « Je pense qu’il nous incombe à tous, en tant que membres de l’Assemblée, en tant que dirigeants politiques, de nous réunir et d’exprimer publiquement notre profonde inquiétude face à la violence récente et aux désordres de rue actuels »

En attendant, cette réunion imprévue du Parlement n’a pas entrainé la moindre mesure politique visant à apaiser les colères unionistes, les tensions sont donc loin d’être apaisées.

Dans le quartier de Shankill, des habitants témoignent de cette colère qui monte côté unioniste :


Crédit photo : DR
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