Gábor Stier (journaliste hongrois) : « J’ai vu Poutine et je l’ai trouvé en très bonne forme »

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Gábor Stier est un journaliste hongrois, et l’un des meilleurs experts de la Russie et du monde post-soviétique de son pays. Rédacteur en chef de #moszkvater, invité du Club Valdaï depuis 2009, il est devenu au fil des années l’un des correspondants majeurs pour de nombreux organes de la presse hongroise, indépendamment de leurs orientations partisanes internes à la politique hongroise (ce qui est assez rare pour être souligné), qu’ils soient donc favorables ou hostiles au gouvernement Orbán. Il a récemment vu et posé une question au Président russe Vladimir Poutine lors de la réunion du Club Valdaï qui s’est tenue fin octobre 2022.

Nos confrères du Magyar Jelen l’ont récemment interrogé. Nous retranscrivons pour les lecteurs de Breizh-Info les passages les plus intéressants de cet entretien :

  • Au sujet de l’évacuation de Kherson par l’armée russe :« Nous devons nous poser la question, est-ce une défaite du point de vue russe ou non ? Il est important de noter ici : jusqu’à présent, toutes les avancées ukrainiennes ont eu lieu sans affrontement direct avec les forces russes. L’armée russe n’a donc pas été vaincue, mais s’est retirée. Au sens militaire, la Russie n’a donc pas subi de défaite. En termes politiques, cependant, elle a subi un très sévère revers de prestige, tant sur le plan intérieur que sur la scène mondiale.

Cependant, du point de vue de l’avenir, il est très important de rappeler que la Russie ne mène pas la grande guerre avec l’Ukraine, mais avec les États-Unis. L’Ukraine n’est qu’un terrain de parade pour cela. Dans la lecture russe, il s’agit d’un champ de bataille secondaire, qui doit être connu pour se rapprocher un peu plus de l’objectif principal. Et cet objectif principal n’est autre que le repositionnement de la Russie dans le nouvel ordre mondial naissant.

Si l’on ne regarde que les événements de Kherson, on doit clairement parler d’un succès ukrainien. Mais il ne s’agit pas d’une énorme victoire militaire, c’est important de le souligner. Ce n’est pas un hasard s’il n’y a pas non plus une telle célébration du côté ukrainien, puisqu’ils n’ont pas vaincu les forces russes. Les Russes ont maintenu leurs positions tout au long, mais ont vu leur propre faiblesse logistique, ce qui les a mis en danger d’être encerclés plus tard. »

  • Au sujet du protocole COVID autour de Poutine : « J’ai dû effectuer un test PCR tous les matins pendant une semaine pour pouvoir être dans la même pièce que Poutine le dernier jour. Le modérateur qui était assis à côté de lui a été mis en quarantaine pendant 10 jours. »
  • Au sujet des spéculations autour de la santé de Poutine : « D’un point de vue médical je ne peux pas me prononcer, et évidemment je ne sais pas ce qui se passe « derrière le rideau ». Cependant, sur la base de ce que j’ai vu, je dois dire que tant mentalement que physiquement, Poutine semblait en bonne santé et particulièrement en forme. Il a enduré la séance de 3,5 heures mieux qu’une partie importante de l’auditoire. Je n’ai vu aucun problème mental, aucun changement, rien. Il n’avait pas du tout l’air malade. Il était dans une forme exceptionnelle pour ses 70 ans. J’ai donc l’impression que ce qui est écrit sur lui dans les médias occidentaux est une forte exagération. Si seulement la moitié était vraie, cela se verrait. Maintenant, c’est soit que la médecine russe est tellement en avance sur la médecine mondiale, soit – et c’est plus probable – cela fait aussi partie de la guerre de l’information. »

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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4 réponses à “Gábor Stier (journaliste hongrois) : « J’ai vu Poutine et je l’ai trouvé en très bonne forme »”

  1. Pschitt dit :

    « il est très important de rappeler que la Russie ne mène pas la grande guerre avec l’Ukraine, mais avec les États-Unis » : voilà qui est intéressant, venant d’un admirateur de Poutine. Ainsi, faute de pouvoir s’en prendre au grand, on tape le petit. Et malgré cela on doit se « retirer » en vitesse de Kherson pour pouvoir dire qu’on n’a pas été vaincu (le fameux « repli sur des positions préparées à l’avance » allégué depuis des siècles par les états-majors débordés). Avec une bonne raison : les Russes « ont vu leur propre faiblesse logistique », autrement dit, ils n’y avaient pas pensé avant. Et on voudrait faire la guerre aux USA ??? Décidément, il devient de plus en plus difficile de relayer la propagande poutinienne. L’homme est peut-être en bonne santé, mais la santé mentale de ses partisans est sérieusement menacée.

    • ubersender dit :

      Pschitt, rechaussez vos lunette à l’endroit car vous avez visiblement tout lu à l’envers. Par ailleurs, que nous importe, ici en France, que tel ou tel camp l’emporte ? Notre pays est-il concerné par ce conflit ? La Russie menace-t-elle nos intérêts stratégiques ? Seriez-vous prêt à allez combattre la Russie en Ukraine sans motif particulier ou y envoyer vos enfants ou petits-enfants y mourir ? Etês-vous heureux de payer l’énergie deux fois son prix ordinaire en attendant de le payer quatre fois, pour « sanctionner la Russie » ? Non, bien sûr, mille fois non et vous auriez raison. Alors on joue les donneurs de leçons et les distributeurs de bonnes et mauvaises notes sans avoir le moindre retour concret et objectif du terrain pour voir exactement ce qu’il s’y passe. En revanche, une chose est certaine : des milliers de pauvres types – russes et ukrainiens – tombent chaque jour au combat et notre seule préoccupation devrait être de faire tout ce qui est possible pour arrêter ce massacre, comme vient de le rappeler un chef d’État africain à notre Napoléon de scène de théâtre.

      • Pschitt dit :

        Chaussez vos lunettes à l’endroit vous-même : les passages que je cite entre guillemets sont du copier/coller de l’article. Oui, je sais, on a un peu de peine à croire qu’un journaliste sérieux se laisse aller à dire ce genre de bêtises… mais un lecteur sérieux comme vous doit bien admettre qu’elles sont écrites.

      • THepault dit :

        Merci pour votre commentaire, tout est dit et il faut ajouter que si les accords de Minsk avait été respectés il n’y aurait pas eu de guerre . La France et l’Allemagne
        étaient chargés de les faire respecter et
        n’ont pas fait le job .
        Il faut que la France soit neutre et cesse d’alimenter cette guerre et joue son rôle de médiateur et cesse de suivre les Américains qui ont perpétré des confits dans le monde .Et puis il faudra reprendre des relations avec les Russes qui est un peuple ami , tout comme les Ukrainiens.

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