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La justification économique à la régularisation des clandestins est décidément en vogue dans plusieurs pays européens. Après les cas français et italiens récemment évoqués, c’est désormais au tour de la Grèce d’envisager de légaliser la situation de 30 000 travailleurs migrants afin de remédier à une pénurie de main-d’œuvre qui toucherait certains secteurs d’activité.
L’annonce a été faite la semaine dernière par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, membre du parti de centre-droit Nouvelle Démocratie (ND). L’homme souhaite en effet que le Parlement adopte mercredi 20 décembre un projet de loi visant à légaliser ces 30 000 travailleurs immigrés. Une perspective qui a créé des remous au sein même de sa formation politique, l’aile droite de cette dernière grinçant des dents, notamment l’ancien Premier ministre Antonis Samaras.
Au pouvoir depuis 2019, la Nouvelle Démocratie détient la majorité absolue au sein de l’hémicycle après avoir remporté les dernières élections législatives grecques au mois de mai 2023 avec 40,55 % des voix, devant le parti de gauche Syriza, d’Alexis Tsipras (17,84 %).
Ces régularisations seraient conditionnées par le fait que les extra-européens aient vécu et travaillé en Grèce durant au moins les trois dernières années.
Plus de 70 000 emplois agricoles à pourvoir
Cette volonté de légaliser un tel nombre de migrants viendrait ainsi répondre aux demandes du secteur agricole grec. D’après le média Euractiv, la production nationale de légumes, de fruits, d’huile d’olive et de lait est remise en question, car les champs, les serres et les fermes d’élevage ont encore besoin d’au moins 70 000 travailleurs selon les estimations.
En présentant son projet de loi, le gouvernement grec a indiqué qu’une fois entré en vigueur, celui-ci donnerait aux migrants la possibilité de « sortir de l’anonymat » et d’obtenir un emploi légal compte tenu d’un fort besoin de main-d’œuvre pour tous les emplois de l’économie grecque ne nécessitant pas (ou peu) de qualifications. Notamment dans les secteurs de la construction et du tourisme.
« Cette disposition répond à la demande des entités productives de l’économie grecque d’admettre une main-d’œuvre supplémentaire », a expliqué Athènes.

Kyriakos Mitsotakis. source : www.europarl.europa.eu
La raison économique plus forte que tout ?
Mais, du côté des membres du parti de centre-droit grec opposés à ces régularisations, on fait entendre un tout autre son de cloche. Ainsi, Antonis Samaras anticipe pour sa part que la future loi, « dans la pratique », « légalise tous les migrants illégaux qui se trouvent en Grèce depuis trois ans […] ». Et de faire remarquer qu’en conséquence, « la Grèce attirera, par essence, des migrants illégaux ». Qui n’auront donc qu’à se faire discrets pendant trois ans avant d’être finalement régularisés.
Cependant, différents observateurs notent que l’influence de l’ancien Premier ministre au sein de la formation politique apparaît comme minime comparée à celle de Kyriakos Mitsotakis.
Enfin, le cas grec rappelle le cas italien dans ses paradoxes : après son accession au pouvoir en 2019, le nouvel exécutif avait alors durci le ton sur les questions migratoires, avec un certain succès populaire. Plus récemment, on se souviendra également de l’annonce faite par la Grèce, en janvier 2023, de l’extension du mur de clôture à la frontière nord-est du pays avec la Turquie afin de lutter contre l’entrée de clandestins sur le territoire.
Dans le même temps, le média Voice of America rappelait au mois d’octobre dernier que le gouvernement grec avait régularisé la situation d’environ 680 000 migrants depuis 2021. À la fin de ce même mois d’octobre 2023, la même source indiquait qu’il restait environ 60 000 migrants clandestins à résider sur le sol grec.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Immigration économique. La Grèce veut régulariser plus de 30 000 clandestins face à la « pénurie de main-d’œuvre »”
et bien qu’est ce qui vous prend LA GRECE ???? alors que L’europe commence a se réveiller ???
réfléchissez par vous m^me AIMER VOTRE PAYS
AMITIES