Make Europe Great Again (MEGA). Quand la révolution trumpiste se propage au sein du Parlement européen.

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Les idées mises en avant par Donald Trump outre-Atlantique inspirent des acteurs politiques présents au sein du Parlement européen à Bruxelles.

La deuxième édition de la conférence MEGA (Make Europe Great Again) s’est tenue fin janvier 2025 durant deux jours à Bruxelles. Portant le nom, adapté au vieux continent, de la MAGA (Make America Great Again) de Donald Trump, elle a pour vocation de développer des pistes de réflexion afin de rendre sa grandeur à l’Europe. Dans ce cadre, le trumpisme constitue une source d’idées, mais paradoxalement aussi de choix politiques qui représentent une menace, notamment économique, pour les pays européens.

Organisée sous la bannière du groupe/parti des Conservateurs et réformistes européens (ECR) au sein duquel siègent, entre autre, la formation politique Frères d’Italie du Premier ministre italien Giorgia Meloni et le parti polonais Droit et justice (PiS) de Jarosław Kaczyński, par le parti nationaliste roumain Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) dont le président George Simion a développé au fil du temps de nombreux contacts avec des cadres du Parti républicain aux États-Unis, l’événement a attiré des représentants de partis politiques du même groupe/parti européen, comme le dirigeant de la délégation de Frères d’Italie au Parlement européen Carlo Fidanza, mais également d’autres partis européens patriotes. Ainsi le Bulgare Stanislav Stoyanov de Vazrazhdane (Renaissance), président du parti européen Europe des nations souveraines (ESN) dans lequel se trouve le député européen français Sarah Knafo du parti Reconquête d’Éric Zemmour, a pris la parole lors d’une des présentations et le député européen de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) Christine Anderson qui appartient aussi à Europe des nations souveraines (ESN) a dirigé un panel de discussion. Le député belge au Parlement flamand Filip Dewinter du parti nationaliste flamand Vlaams Belang a fait de même et le député européen du parti patriotique portugais Chega António Tânger Corrêa est intervenu, malgré le fait que les formations politiques de ces deux élus siègent au sein du groupe/parti européen Patriotes pour l’Europe (PfE) avec le Rassemblement national de Jordan Bardella. Cela indique que, même si trois groupes patriotiques coexistent au sein du Parlement européen, tout rapprochement entre eux n’est pas impossible, même en temps de guerre, alors que le conflit armé en Ukraine constitue le principal facteur de division entre les patriotes des différents pays d’Europe.

Deux des quatre députés européens français siégeant au sein de l’ECR, Marion Maréchal et Nicolas Bay, ont pris la parole. Marion Maréchal, qui représente la version conservatrice-libérale du lepenisme, a montré son attachement aux mesures, qui de Buenos Aires en Argentine, avec le président Javier Milei, à Washington aux États-Unis, avec le président Donald Trump, ont actuellement le vent en poupe, tout en rendant hommage à l’action du Premier ministre italien Giorgia Meloni (Frères d’Italie). À l’instar de son défunt grand-père, elle a martelé l’importance de la question démographique : « Plus d’enfants naissent au Nigeria que dans l’ensemble de l’Union européenne. » Nicolas Bay a dénoncé l’Union Européenne en tant qu’espace ouvert avec le moins de protection possible, tout en affirmant que « Les États-Unis de Trump nous montrent la voie en matière de défense de nos propres intérêts. » et en mettant en avant l’idée que le triomphe électoral trumpiste constitue « un défi posé à l’Europe, puisque les États-Unis vont légitimement défendre prioritairement leurs intérêts » et que la réponse ne peut qu’être européenne.

Le président de l’AUR George Simion a affirmé : « La victoire du MAGA est un exemple pour nous en Europe. Nous aussi, nous devons nous unir sous la bannière de la liberté : liberté d’expression, liberté électorale, liberté de décider de notre destin. »

Le président du Parti des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et ancien Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki (Droit et justice – PiS) a mis en avant le déclin économique et technologique, notamment dans le domaine de la digitalisation, que l’Europe a subi au cours des dernières décennies. Les problèmes actuels sont, selon-lui, la montée en puissance de la Chine et le développement de son influence mondiale au détriment de celle de l’Europe et des États-Unis, l’immigration de masse et le Pacte vert pour l’Europe (European Green Deal).

Il affirme, qu’au sein du monde fragmenté dans lequel nous vivons, certains des mécanismes et des fondements intellectuels qui ont constitué dans le passé des certitudes, surtout dans les domaines culturel et économique, s’évaporent, alors que ceux du futur n’ont pas encore été décryptés.

Après la MEGA 1, organisée à Bucarest fin avril 2024 au sein des bâtiments du Parlement roumain, et cette MEGA 2, réunissant 400 journalistes, responsables politiques et intellectuels d’Europe et du Monde, l’AUR compte mettre en place d’autres événements MEGA dans différents endroits du continent et peut-être même de la planète.

Les futures conférences MEGA devraient permettre de continuer à jeter des ponts entre les patriotes liés aux trois partis et groupes politiques de cette tendance idéologique du Parlement européen et peut-être, pourquoi pas, d’initier des rapprochements entre ceux-ci et des partis siégeant au sein du Parti Populaire européen (PPE), voire avec des formations de gauche patriotique.

Lionel Baland

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “Make Europe Great Again (MEGA). Quand la révolution trumpiste se propage au sein du Parlement européen.”

  1. Gaï de Ropraz dit :

    Tout ce que l’on peut dire, c’est que c’est tres reconfortant.
    Enfin un vent de jouvance et de bien être politique souffle sur l’Europe.

  2. gautier dit :

    Si seulement l’avancement de Trump pouvait faire prendre conscience que seul on ne peut rien, etsouder les pays patriotes à s’assembler pour virer cette Europe néfaste et destructrice !

  3. JLP dit :

    Un bain de jouvence, sans doute ? J’imagine bien Marion Maréchal et Sarah Knafo dans le même jacuzzi, y’a des risques de coups bas… Ce « megathon » en tout cas manquait de figures intellectuelles d’envergure

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