Sinn Féin : le spectre de l’IRA refait surface dans le débat interne

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Depuis des années, la stratégie officielle de Sinn Féin semblait claire : tourner la page de son héritage lié à l’Armée républicaine irlandaise (IRA) provisoire pour devenir un parti de gouvernement, crédible et élargi bien au-delà de son socle militant. Mais selon des révélations du Belfast Telegraph, un haut responsable du parti, récemment nommé secrétaire général, aurait affirmé en privé que Sinn Féin devrait au contraire « assumer et embrasser ses liens avec l’IRA » pour relancer le débat politique.

Le rôle de Sam Baker, nouveau secrétaire général

Sam Baker, originaire de Belfast et nommé cette année à un poste central dans l’organisation du parti, aurait déclaré à ses collègues que ceux qui veulent « échapper à l’héritage du passé se trompent ». Selon un témoin des discussions, il aurait même ajouté que relancer le débat sur les liens avec l’IRA serait bénéfique : cela permettrait, selon lui, de « mobiliser le cœur militant » et d’« éduquer » une partie de l’électorat sur la lecture que Sinn Féin donne du conflit nord-irlandais.

Une ligne qui tranche avec la communication officielle de la présidente Mary Lou McDonald et de la vice-présidente Michelle O’Neill, qui ont multiplié les gestes d’ouverture : participation à la cérémonie du couronnement de Charles III, dépôt de gerbe au cénotaphe le 11 novembre, ou encore usage assumé de l’expression « Irlande du Nord » – autant de symboles destinés à montrer un Sinn Féin pacifié et « prêt à gouverner ».

Depuis le départ de Gerry Adams et Martin McGuinness, le parti avait mis en avant des figures nouvelles, issues de professions civiles et sans passé militaire. Gerry Kelly avait ainsi été remplacé à Belfast-Nord par l’avocat John Finucane, devenu député. De même, Martina Anderson, ex-membre de l’IRA, avait cédé sa place à un jeune enseignant, Padraig Delargy.

Cette stratégie visait à élargir la base électorale, notamment dans le sud de l’Irlande, en effaçant les images violentes du passé. Les propos attribués à Baker apparaissent donc comme une rupture, voire une provocation, au sein d’un parti connu pour sa discipline interne.

La question de la présidentielle irlandaise

Le débat s’inscrit aussi dans la préparation de l’élection présidentielle irlandaise. Baker aurait suggéré que le candidat de Sinn Féin devrait impérativement venir du nord de l’île – évoquant notamment Conor Murphy, Michelle Gildernew ou Martina Anderson. L’objectif, selon lui, serait de « raviver la question du partage de l’île » et de replacer l’héritage républicain au centre du débat.

Mais cette orientation inquiète certains cadres : elle risque d’accentuer le clivage entre une base militante attachée à la mémoire de l’IRA et des électeurs du sud qui hésitent encore à donner leur confiance à un parti marqué par son passé paramilitaire.

La controverse illustre un dilemme plus large. Faut-il, comme Fianna Fáil ou Fine Gael jadis, se « gentrifier » pour devenir un parti de gouvernement classique, quitte à diluer son identité militante ? Ou au contraire capitaliser sur sa singularité historique, au risque de maintenir vivace le spectre de la violence républicaine ?

Pour l’heure, Sinn Féin peine à trancher. Les hésitations autour d’un candidat à la présidentielle, les querelles internes sur la ligne stratégique et les rumeurs de divisions entre le nord et le sud montrent un parti traversé par des tensions profondes.

Interrogée à plusieurs reprises, la direction de Sinn Féin n’a pas répondu aux révélations concernant Sam Baker. Ni ce dernier ni le service de presse du parti n’ont souhaité confirmer ou démentir ces propos. Un silence qui en dit long : loin d’être refermée, la question des liens entre Sinn Féin et l’IRA continue de hanter l’un des partis les plus influents d’Irlande.

CrCrédit photo : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthogaphe, syntaxe) par ChatGPT. Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.. 

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